Tour d'Espagne : Le progrès oui, mais pas à n'importe quel prix

Le Tour d’Espagne, qui s’est élancé samedi depuis la principauté de Monaco, tire le rideau sur quatre mois d’une période intense et riche en courses par étapes, très exigeantes à la fois physiquement et mentalement pour leurs participants. Elles sont un passage pratiquement obligatoire pour tout coureur souhaitant structurer une carrière riche et la plus longue possible. Elles le sont également pour les personnels accompagnants – managers, directeurs sportifs, staff technique, personnel administratif – fortement mis à contribution dans le fonctionnement de leurs équipes respectives.

Dans un cyclisme traversé par des mutations depuis plusieurs décennies – spécialisation de l’entrainement et recherche de gains marginaux, élargissement des compétences dans les équipes, lutte contre le dopage – notre sport évolue à grande vitesse alors qu’il pouvait être considéré, il y a encore quelques années, comme artisanal voire archaïque. Cette époque est révolue. Comme celle qui a mené aux scandales entamant la crédibilité du cyclisme et à la création du MPCC.

Notre sport a évolué mais il doit rester sur ses gardes face à une course au progrès et à la performance non contrôlée. Notre mouvement s’est plusieurs fois illustré en adoptant des résolutions proactives face au dopage alors que la lutte se structurait au niveau mondial. Nous avons également joué notre rôle de lanceur d’alerte lorsque certaines pratiques douteuses ont commencé à se généraliser dans le peloton. Nous le faisons encore.

Néanmoins, ce travail ne peut avoir de poids sans que les acteurs du cyclisme s’engagent et fassent porter leur voix pour un cyclisme responsable et vigilant face à toute forme de dérive dans une recherche de performance à tout prix, l’exploitation de « zones grises » de la lutte antidopage pouvant mettre en danger la santé des coureurs mais aussi le travail fait par les acteurs de la lutte antidopage depuis tant d’années.

Sur les routes du Tour d’Espagne, 42 coureurs expriment leur voix pour un cyclisme plus juste en étant adhérent à titre individuel au MPCC. Un quart d’entre eux ont moins de 25 ans, signe que les jeunes générations sont concernées par un cyclisme crédible. Ces 42 coureurs représentent 16 des 23 équipes participant à la course, confirmant que leur engagement est le reflet de leurs propres convictions.  Enfin, la majorité des formations au départ de la Vuelta (12 sur 23) sont également membres de notre mouvement.


Face aux défis que le cyclisme moderne affronte ; coureurs, managers d’équipes, membres du personnel, organisateurs de courses peuvent envoyer un signal fort en s’engageant au MPCC. Pour que notre sport reste sur la ligne qu’il s’est fixé depuis des années : être intransigeant avec la triche et renforcer sa crédibilité.

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Chiffres de la Crédibilité : la transparence en question

Après les deux premiers trimestres, le MPCC a recensé 11 cas de violation des règles antidopage chez les cyclistes professionnels. Ce travail d’inventaire pour la crédibilité du sport s’inscrit également dans une logique plus globale où la transparence des informations doit être considérée comme incontournable dans la lutte contre le dopage.

La lutte contre le dopage est indissociable du sport, renforçant sa crédibilité auprès de tous ceux qui sont inspirés par sa pratique, des amateurs aux professionnels en passant par les spectateurs, faisant partie intégrante de son identité. Le sport transmet des valeurs nobles telles que la combativité, le courage, la pugnacité mais aussi la fraternité et le partage, réunissant les sportifs autour de valeurs communes et transcendant leurs différences. Pour préserver le sport de la triche et de comportements à risque, les instances internationales ont agi au fil du temps pour que la crédibilité du sport reste centrale.

Lorsque le MPCC a été fondé en 2007, ses membres fondateurs ont voulu envoyer un signal fort face à la situation délicate dans laquelle était le cyclisme : scandale Festina qui a entamé durablement sa crédibilité en 1998, multiplication des affaires de dopage dont l’Opération Puerto en 2006, sanctions pas assez dissuasives. Notre mouvement s’est inscrit dans une démarche intransigeante face au dopage et pour la santé des coureurs. Il s’est, par la suite, voulu proactif en organisant des tests de cortisolémie parmi ses équipes membres, en étant lanceur d’alerte sur l’usage de certaines substances, dont le Tramadol il y a plus de dix ans, et réservé sur certaines pratiques dites dans les « zones grises », aux frontières du dopage.

MOINS DE CAS, MOINS DE DOPAGE ?

Le travail pour la respectabilité s’accompagne également d’une certaine transparence, nécessaire pour rendre compte des efforts des acteurs du cyclisme face au dopage. Le monde de l’antidopage, mené par l’Agence mondiale antidopage (AMA), a fourni un travail considérable depuis plus de vingt ans et nous-mêmes au MPCC en faisons un tour d’horizon ponctuel grâce aux Chiffres de la Crédibilité. Ces derniers n’ont pas vocation à être les plus exhaustifs possibles mais ils restent un baromètre de la lutte contre le dopage à travers le monde et par les disciplines qui ont choisi de s’engager face à ce fléau.

Après les deux premiers trimestres, les agences nationales et internationales antidopage ainsi que la presse ont fait état de 280 cas de dopage et/ou de fraude sportive par des athlètes de haut niveau, soit une baisse significative de près de 30% par rapport à 2025. Cette baisse interroge puisque certains pays n’ont pas fait le choix d’une transparence totale sur les athlètes sanctionnés, remettant en cause le pacte auquel adhère tous les acteurs du sport : fédérations nationales et internationales, agences antidopage, laboratoires accrédités. Au plan national, l’Inde continue de soulever des interrogations en arrivant en tête de ce palmarès avec 57 cas de dopage et fraude sportive, devant le Kenya (28) et la France (25).

LE CYCLISME DOIT RESTER VIGILANT

Par sports, l’athlétisme reste en tête de peloton avec 61 cas dont celui de Kibiwott Kandie, ex-recordman du monde du semi-marathon, et de Rita Jeptoo, double lauréate du marathon de Boston. La force athlétique (25), la lutte et l’haltérophilie (21) suivent dans ce classement. Quant au cyclisme, il apparait en 7e position avec 11 cas cumulés depuis le début de l’année. Les cas de 7 coureurs et coureuses de niveau Continental ont été rendus publics en 2026, confirmant la tendance décrite depuis plusieurs années dans nos précédents rapports et indiquant que le troisième échelon du cyclisme mondial reste un parent pauvre de la lutte.

De plus, un deuxième coureur de niveau Pro Team a été suspendu provisoirement lors du deuxième trimestre, alors que les cas étaient particulièrement rares à ce niveau de compétition depuis près de 4 ans. Ces chiffres indiquent que nous devons rester vigilants malgré toutes les initiatives prises par les parties prenantes de notre sport pour s’assurer de sa crédibilité. Au MPCC, nous tenons encore à souligner que même si les résultats de la lutte sont satisfaisants, cela ne veut pas dire que d’autres pratiques ou méthodes d’entrainement ne sont pas à la lisière du dopage. Nous encourageons donc un maximum d’acteurs : coureurs, équipes, membres du personnel médical, entre autres, à faire preuve de transparence et de pédagogie lorsque la suspicion est de mise.

Nous avons besoins de ces valeurs et de ces vertus pour consolider le combat contre la triche et nous y arriverons avec le soutien de tous les acteurs du cyclisme : des coureurs aux spectateurs présents sur le bord des routes en passant par les managers d’équipes, les sponsors et les organisateurs de course. Soyons responsables et transparents pour rester crédibles.


Tour de France Femmes : ouvert à tous les acteurs du cyclisme

Pour sa 5e édition, le Tour de France Femmes s’est élancé samedi avec un contingent de 24 coureuses membres à part entière du MPCC. C’est le plus important nombre constaté sur les grands tours féminins depuis deux ans, témoignant de l'engagement croissant des cyclistes envers les valeurs de notre mouvement, mais soulignant aussi qu'il reste encore du chemin à parcourir.

Engagé pour la crédibilité du cyclisme, le MPCC encourage toutes les parties prenantes de notre sport à jouer un rôle actif dans la lutte contre le dopage, quelles que soient les formes qu’il revêt. Notre mouvement sait les progrès effectués depuis des années mais reste particulièrement vigilant face à ce fléau qui dépasse de plus en plus le cadre du dopage traditionnel pour englober l'exploitation des « zones grises », ces pratiques, substances et méthodes d’entraînement jouant avec les limites des règles antidopage actuelles. Si le circuit masculin est au cœur de ce débat, le cyclisme féminin, en développement continu, doit également profiter de la même protection pour ses coureuses.

Le MPCC défend depuis des années un développement durable de notre sport chez les dames, afin que ces athlètes puissent évoluer sainement et sereinement dans un environnement à l'abri de toute pression visant à obtenir des avantages en matière de performance par le biais de pratiques médicales contraires à l'éthique. Le niveau de compétitivité du circuit féminin a cru de manière spectaculaire depuis une dizaine d’années et il est essentiel que des mesures de protection adaptées continuent à se mettre en place, parallèlement au développement de ce sport, afin de prévenir de futurs scandales.

Une part importante - mais encore insuffisante - des 147 coureuses qui ont pris le départ du Tour de France Femmes, samedi depuis la Suisse, ont fait le choix clair de combattre le dopage en rejoignant le MPCC. Les 24 membres individuels engagés dans la course constituent un record depuis deux ans sur les grands tours féminins. Et nombre d’entre eux sont des figures reconnues du peloton qui, grâce à leur engagement, contribuent à renforcer la crédibilité du cyclisme féminin.

Dans le même temps, nous souhaiterions encourager davantage de coureuses à rejoindre notre mouvement, y compris celles dont la contribution est souvent moins visible, comme les coéquipières et les capitaines de route. Chacune d’entre elles a un rôle important à jouer pour promouvoir une culture sportive intègre et crédible.

12 des 21 équipes participantes, soit plus de la moitié du peloton, sont également des formations membres du MPCC. Chaque voix compte pour veiller à ce que l'avenir du cyclisme reste ancré dans les valeurs transmises par notre sport. L’adhésion récente de l’équipe de niveau Continental Team Sistecrédito, constitué de jeunes coureurs et coureuses, constitue un autre exemple positif de l'approche inclusive prônée par la MPCC. Notre mouvement reste ouvert à tous les acteurs qui partagent notre engagement en faveur de la crédibilité et de l'avenir du cyclisme.

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Tour de France : Rester responsables

Pour sa 113e édition, le Tour de France aura au départ 45 membres à titre individuel du MPCC, soit près d’un quart de ses participants engagés contre le dopage. En revanche, notre mouvement souhaiterait nourrir le débat sur les secondes chances laissées de plus en plus rapidement à certains coureurs suspendus par le passé.

Moment le plus attendu de la saison, le Tour de France est la grande fête de notre sport et sa principale vitrine. Pendant trois semaines, les meilleurs athlètes de la planète cycliste s’affronteront pendant trois semaines d’une course qui s’annonce spectaculaire et intense. L’attrait sportif et patrimonial du Tour ne doit cependant pas détourner l’attention de ce que le MPCC défend avec fermeté depuis sa fondation, la lutte contre le dopage.

Encourageant toutes les parties prenantes du cyclisme à être « actrices » face à ce fléau, le MPCC rassemble les coureurs, premiers acteurs de notre sport, les équipes, les sponsors, les membres d’encadrement, les organisateurs de course, les fédérations, les supporters, qui animent les routes et encouragent nos champions à se dépasser. Pour les plus jeunes d’entre eux sommeille indéniablement un fier représentant du vélo, partageant les valeurs du MPCC.

Ainsi, 45 coureurs, représentant 15 nationalités, prendront le départ de cette 113e édition de la Grande Boucle en tant que membres à part entière de notre mouvement. L’occasion de rappeler que l’engagement au sein du MPCC s’est toujours fait sur la base du volontariat, exprimant la volonté de l’athlète, de l’équipe ou du membre de l’encadrement à partager et diffuser les valeurs fortes de notre mouvement. Nous espérons qu’encore plus de coureurs feront ce choix à l’avenir, reconnaissant ainsi les responsabilités que nous partageons tous pour protéger notre sport.

Le MPCC considère également que chacun a le droit de pouvoir reconstruire une carrière après avoir été suspendu. Néanmoins, cette seconde chance devrait s’accompagner d’un plus fort sens des responsabilités, de plus de transparence et d’une période plus longue pour rétablir la confiance avec les acteurs du cyclisme. Ces principes sont exprimés dans l’une de nos dix règles cardinales : ne pas engager un coureur suspendu plus de six mois pour dopage et moins de deux ans après la fin de sa suspension.

Nous relevons donc que quatre coureurs participeront à ce Tour de France alors qu’ils ont, par le passé, purgé des suspensions supérieures à six mois. Aucun de ces coureurs n’est membre à titre individuel du MPCC, ni engagé par une équipe membre du MPCC. Pour deux d’entre eux, leur suspension a même été purgée au cours des trois dernières années, signe que certains acteurs de notre sport continuent d’avoir des approches différentes quant aux notions de réhabilitation et de responsabilité.

Du côté des équipes justement, 12 des 23 formations qui se sont élancées samedi depuis Barcelone sont membres du MPCC : 7 World Teams et 5 Pro Teams, dont les 3 invitées par ASO, organisateur du Tour et également membre de notre mouvement. Nous encourageons donc tous les acteurs du cyclisme qui n’ont pas encore faire le choix clair du combat contre le dopage et les pratiques éthiquement condamnables, cela inclus l’exploitation des "zones grises", à nous rejoindre. En travaillant ensemble, nous continuerons à renforcer la crédibilité et assurer un futur sain et juste pour le cyclisme.

 


Chiffres de la Crédibilité : continuer le combat

Après une année 2025 particulièrement animée sur le front de la lutte antidopage, 2026 a démarré dans un calme relatif. Près de 170 cas de dopage et de fraude sportive ont été révélés dans une trentaine de disciplines au cours du premier trimestre. Seulement cinq l’ont été dans notre sport. Malgré ces chiffres, le combat contre la triche reste d’actualité.

Depuis plusieurs saisons, le nombre d’affaires de dopage impliquant des équipes du World Tour sont en déclin constant : 4 en 2019, 4 en 2023, 1 seul en 2025 selon les dernières mentions parues dans les Chiffres de la Crédibilité. Ainsi au premier trimestre, seuls 5 cyclistes professionnels ont été contrôlés positif ou suspendus pour un manquement aux règles antidopage.

- 1 coureur d’un Pro Team contrôlé positif hors compétition
- 2 coureurs évoluant à l’échelon Continental et confondus par leur passeport biologique
- 1 coureuse évoluant à l’échelon Continental
- 1 athlète sanctionnée pour manquement aux règles de localisation

Ces chiffres sont dans la droite lignée de la tendance constatée depuis plusieurs années, à savoir entre 20 et 30 cas de dopage et/ou fraude sportive par an. Si la majorité des cas relevés dans les Chiffres de la Crédibilité impliquent des coureurs de niveau Continental, le cas du coureur Pro Team rappelle malgré tout que les athlètes du plus haut niveau ne sont pas à l’abri de la triche. A l’issue du premier trimestre 2026, le cyclisme est également le neuvième sport le plus cité dans des affaires de dopage et de fraude sportive, loin derrière l’athlétisme (33), le tennis (13) et la force athlétique (12).

Mais derrière ces chiffres, se cachent plusieurs réalités. Certes, le passeport biologique imposé à toutes les équipes professionnelles depuis près de 20 ans a prouvé son efficacité, permettant récemment de déceler le dernier cas de dopage en date dans l’élite (en attente d’une décision définitive pour le coureur incriminé). Les budgets croissants ont permis le recrutement d’un personnel technique de plus en plus qualifié pour le suivi de la performance des athlètes, l’amélioration des méthodes d’entrainement, de l’étude de la biomécanique des coureurs par du personnel spécialisé à une nutrition adaptée voire individualisée pour chaque coureur, ou encore la réduction du nombre de jours de course par coureur ont permis de mieux encadrer et de mieux entretenir la santé des athlètes, à court et moyen terme. Et même si nous avons constaté certains progrès, il est essentiel que nous continuions à faire évoluer et à améliorer nos systèmes antidopage afin qu'ils soient plus solides et plus avancés que ceux qui sont prêts à tricher.

VIGILANCE SUR LES ZONES GRISES

Ces progrès techniques, pour ne pas dire scientifiques, témoignent de la professionnalisation toujours plus importante de notre sport, de la fin d’un cyclisme dit « à la papa », replié sur lui-même et sur des méthodes d’entraînement héritées de décennies de travail empirique. Si le cyclisme a choisi la voie du progrès, il ne doit pas le faire à n’importe quel prix. Car d’autres réalités ont été mises à jour depuis une dizaine d'années et ont été les raisons d’un discours intransigeant et sans concession du MPCC sur les pratiques dopantes : la surmédicalisation de certaines équipes (notamment l’usage d’antidouleurs tels que le Tramadol, interdit en compétition), l’usage de substances améliorant la performance ou la récupération et dont les effets sur la santé sont loin d’avoir été validés scientifiquement, comme les cétones, l’emploi de méthodes d’optimisation de la performance considérées comme des « zones grises » (inhalation de monoxyde de carbone en stage d’altitude, masque à hypoxie), à la limite du dopage. Il est également essentiel que les principaux acteurs du monde sportif définissent clairement les limites de cette « zone grise », afin de protéger la santé des athlètes qui ne souhaitent pas la mettre en danger en prenant des médicaments, initialement destinés à soigner des personnes malades, dans le but d'améliorer leurs performances.

ENGAGEMENT DES COUREURS

Les efforts fournis par les acteurs du cyclisme après les différents scandales qui ont émaillé l’histoire du cyclisme ont été immenses. Managers d’équipes, coureurs, organisateurs de course, instances dirigeantes et sponsors, en particulier, ont été actifs pour bannir le dopage et tenter de mettre fin à une forme de « culture », qui est restée trop longtemps impunie. Les résultats sont là mais la prudence doit rester de mise face aux changements rapides qui sont à l’œuvre depuis quelques années. La crédibilité des coureurs et de leurs managers d’équipe doit être au cœur de nos préoccupations car c’est elle qui a permis de restaurer l’image du cyclisme, son développement et son expansion, notamment vers son pendant féminin.

Avec près de 400 coureurs(ses) professionnels(les) engagés à titre individuel, le MPCC dispose d’une large base d’adhésion à ses valeurs. Mais ses membres peuvent faire davantage en diffusant ces valeurs à un maximum d’acteurs, qu’ils soient des coéquipiers ou camarades de course non-membres, en prenant la parole publiquement sur les sujets de santé physique et mentale. Face à une évolution rapide du cyclisme professionnel, les nouvelles générations de coureurs et coureuses ont également un rôle à jouer car elles représentent l’avenir. Elles sont donc fortement encouragées à adhérer à notre mouvement pour rester en première ligne d’un cyclisme crédible.

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Tour d'Italie : place à la jeunesse !

Premier grand tour de la saison, le Tour d’Italie retrouve ses limites géographiques naturelles après les trois premiers jours passés en Bulgarie. Avec 20% du peloton du Giro membre à titre individuel du MPCC, notre mouvement lance un appel aux jeunes coureurs pour s’engager contre le dopage et certaines pratiques à risque.

En 2007, le MPCC a été créé pour que les acteurs du cyclisme prennent conscience des ravages causés par le dopage : sur la santé des coureurs, la viabilité des équipes professionnelles, dont la fragilité reste d’actualité en 2026, et, au-delà, sur la crédibilité toute entière du cyclisme. Notre mouvement s’est donné comme ligne directrice d’être ouvert à tous, en permettant l’adhésion à nos valeurs sur la base du volontariat.

Depuis 2018, de nombreux coureurs, membres d’encadrements, de sponsors, et d’organisateurs de course nous ont rejoints, validant notre discours selon lequel l’union ferait la force pour combattre la triche et donner au cyclisme des bases plus solides. Au départ de ce 109e Tour d’Italie, premier des trois grands tours de la saison, 38 des 184 coureurs partants se sont élancés en tant que membres individuels du MPCC. Ces athlètes sont répartis au sein de 20 des 23 équipes partantes, signe du caractère individuel et non contraint par l’employeur d’une adhésion, reflet de l’engagement du coureur pour la crédibilité du cyclisme.


Néanmoins, après un record établi en 2024 avec 53 coureurs, le nombre de membres du MPCC au départ d’un Tour d’Italie est en baisse significative puisqu’ils n’étaient plus que 43 en 2025. Dans le même temps, 7 des 18 formations du World Tour ainsi que 4 des 5 Pro Teams invitées sont labelisées MPCC.  Notre mouvement espère donc que les autres coureurs, guidés par un esprit de responsabilité, prennent leur part, notamment les plus jeunes. La moyenne d’âge des partants MPCC est de 28,1 ans (identique à l’âge moyen de tous les participants) et nous encourageons également les plus jeunes d’entre eux, qui représentent près d’un quart du peloton du Giro, à s’engager.

Ils sont à la fois les premiers témoins des mutations en cours dans notre sport. Les protéger des pratiques à risque, c’est préserver leur avenir et celui du cyclisme. Qu’ils soient donc acteurs de la lutte !


Tour d'Espagne féminin : des progrès à faire

Après la campagne des classiques, la saison des courses par étapes a débuté dimanche avec le coup d’envoi du 12e Tour d’Espagne féminin, depuis les côtes de la Galice. 126 coureuses représentant 18 équipes et 30 nationalités différentes se sont élancées à l’assaut de 7 étapes et 819,5 kilomètres de course.

Signe de la popularité et du respect grandissants envers le cyclisme féminin, la célèbre montée de l’Angliru, et ses pentes raides, sera au programme. Si au sommet de la pyramide, tout semble aller pour le mieux, la route est encore longue pour consolider les acquis des précédentes années pour les femmes athlètes : exposition télévisée accélérée depuis cinq à dix ans, salaire minimum pour les coureuses des deux divisions professionnelles, congé maternité rémunéré.

Les équipes féminines se battent, comme chez les hommes, pour assurer leur continuité année après année mais cette croissance rapide doit être accompagnée de fondations solides, notamment dans les niveaux inférieurs. Un discours que porte depuis plusieurs années le MPCC. Ainsi, 8 des 18 équipes partantes de la Vuelta sont engagées à nos côtés, tout comme 14 coureuses partantes sur les 126 qui ont pris le départ de la course.

C’est encore trop peu pour porter la voix d’un cyclisme féminin conscient des défis qui se présentent à lui : son organisation, sa structuration, et un discours toujours aussi intransigeant face au dopage. Pour toutes ces raisons, nous encourageons les équipes et les coureuses non-membres de notre mouvement à nous rejoindre pour relever les nombreux challenges à venir.


Chiffres de la Crédibilité : mieux combattre le dopage

A l’issue de l’année 2025, le MPCC a constaté un nombre de cas de dopage dans le cyclisme professionnel en légère décrue. Ce bilan montre que notre sport est loin du peloton de tête des disciplines les plus touchées mais qu’il doit rester particulièrement vigilant. Le cyclisme doit à la fois réfléchir au développement marquant de certaines pratiques médicales dites en « zone grise », dans l’élite, et enrayer un dopage plus traditionnel dans les échelons inférieurs, notamment au niveau Continental.

Dressant un état des lieux de la lutte antidopage à travers le monde et dans la plupart des sports, les Chiffres de la Crédibilité proposent une photographie instantanée, dans laquelle le cyclisme ferait figure de bon élève après avoir été considéré pendant de longues années comme un maillon faible. Sur l’ensemble de l’année 2025, 20 cas de dopage ont été recensés chez les cyclistes professionnels. Ce chiffre indique que le nombre d’affaires révélées reste sur une pente descendante depuis 2022, année au cours de laquelle 29 cas ont été rendus publics.

Le cyclisme n’a été que le 10e sport le plus cité dans des affaires de dopage et de fraude sportive au cours de l’année passée, loin derrière l’athlétisme (163 cas), l’haltérophilie (63) et le tennis (46, dont 27 de fraude sportive). L’athlétisme reste à la première place de ce triste palmarès tout en allouant des moyens conséquents à la traque de la triche. En revanche, la présence du MMA à la 4e place, déjà évoquée au cours de nos précédentes publications, sera à surveiller lors des prochaines années. La prudence est également de mise pour notre sport puisque pour la première fois depuis deux ans un coureur du World Tour a été suspendu. Celui-ci, non-membre de notre mouvement et courant pour une équipe elle aussi non-inscrite au MPCC, a été confondu par son passeport biologique, l’une des clés de voûte de la lutte antidopage.

Si l’on constate qu’assez peu de coureurs de World Tour ont été contrôlés positif ces dernières années, cela ne veut pas dire que l’élite de notre sport est propre à 100%. Le MPCC a toujours cherché à questionner l’efficacité de la lutte antidopage même lorsque celle-ci faisait des progrès. Notre position se trouve même confortée lorsque bon nombre d’équipes flirtent avec les « zones grises » de la médicalisation toujours plus importante de notre sport. Il y a une douzaine d’années, le Tramadol, que nous avons combattu, était alors considéré comme une « zone grise » car elle atténuait la douleur des coureurs. Cette substance a finalement été bannie, pour le bien de notre sport et pour la santé des coureurs.

Très tôt d’ailleurs, notre mouvement s’est positionné sur l’usage de certaines substances dans le peloton, comme les cétones, et montré très critique envers certaines pratiques tels que l’usage massif de médicaments antidouleurs, mettant potentiellement en danger la santé mentale des coureurs. Les actions du MPCC se sont traduites par des résultats avec l’ajout du Tramadol à la liste des produits interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA); et par l’interdiction de l’inhalation répétée de monoxyde de carbone il y a plus d’un an. L’UCI a d’abord interdit cette pratique en février 2025 avant que l’AMA ne réagisse en étendant cette règle à tous les sports, à partir de 2026.

LE NIVEAU AMATEUR, PARENT PAUVRE DE LA LUTTE ?

Ce cas illustre parfaitement la question de la proactivité face au dopage, avec d’une part la mise en place, dix ans après l’affaire Festina, de ce passeport biologique imposé aux cyclistes professionnels, et celle des moyens alloués, puisque ce suivi est largement financé par les coureurs, les organisateurs et les équipes professionnelles.

Parmi les 20 cas recensés dans le cyclisme professionnel, 9 l’ont été au niveau Continental, l’équivalent de la troisième division mondiale. Le MPCC invite donc les acteurs du cyclisme à questionner l’efficacité de la prévention à un plus bas niveau, plusieurs dizaines de cas ayant été recensés au niveau amateur en 2025. A titre d’exemple, 25 coureurs et coureuses étaient suspendus par l’agence antidopage colombienne à la mi-décembre 2025, dont plus de la moitié évolue dans des structures amateures et/ou semi-professionnelles.

Assurer un cyclisme propre au niveau professionnel, c’est également s’assurer que dans ses racines il le reste tout autant. Notre sport ne peut se permettre d’être négligeant par rapport au fléau du dopage dans les structures qui sont à la base de notre pratique compétitive, notamment par rapport à ses plus jeunes pratiquants, recrutés de plus en plus tôt et de mieux en mieux préparés aux exigences du professionnalisme, notamment sur le plan de la technique et de la nutrition. Du bas au haut de la pyramide, toutes les parties prenantes du cyclisme doivent être actrices de la lutte antidopage. Et le MPCC en fait partie.

ÉLARGIR LE DÉBAT D’UN CYCLISME CRÉDIBLE

Ces pratiques sont non seulement contraires à un sport juste mais peuvent être dangereuses pour la santé physique et mentale des coureurs, premiers acteurs des courses. Le MPCC ne prend pas seulement position dans la lutte contre le dopage, qui est un combat permanent, mais souhaite également élargir la question d’un « cyclisme crédible » : santé des coureurs, accompagnement du cyclisme féminin dans son développement rapide, sécurité sur les courses, etc.

Ces thématiques supplémentaires posent également la question des moyens pour garder un cyclisme responsable, entre les budgets alloués à l’ITA, principale agence en charge des contrôles antidopage sur les courses professionnelles ; la promotion des actions de sécurité auprès des coureurs, des équipes et des organisateurs de courses ; la participation financière des acteurs du cyclisme. Toutes ces réalités renforcent le MPCC dans ses positions et ses actions. Nous encourageons donc ceux qui ne sont pas encore membres de notre mouvement ; coureurs, équipes, personnels d’équipes, organisateurs de courses, fédérations nationales ; à venir nous rejoindre.

 


Invitations World Tour féminin & adhésions au MPCC : une forme de statu quo

A la fin de la saison 2025, 61% des invitations aux courses du calendrier World Tour féminin ont été accordées à des équipes membres du MPCC. Ce chiffre, en légère baisse par rapport à 2024, cache de nombreuses disparités, signe d’un cyclisme féminin encore en développement.

Il y a un an, le MPCC dressait un état des lieux des invitations octroyées par les organisateurs des courses du World Tour féminin. En 2024, près des deux tiers de ces invitations ont été données à des membres de notre mouvement. Mais à l’issue de la saison 2025, ce chiffre est en légère baisse, à 61%, alors que l’organisation du cyclisme féminin a évolué avec la création d’un niveau Pro Team, situé entre l’élite qu’est le World Tour et le traditionnel niveau Continental.

Sept formations évoluaient dans cette nouvelle division et étaient toutes membres du MPCC, ce qui garantissait en théorie une part importante d’équipes MPCC parmi les invités. Pourtant, de fortes disparités ont existé entre les courses, certaines ne proposant qu’une seule ou deux équipes labelisées « MPCC ». Ceci peut être expliqué par le fait que le processus d’invitation limite aux deux meilleures Pro Teams de la saison précédente la participation aux courses du calendrier World Tour féminin. De plus, nous ne comptions en 2025 que trois formations membres du MPCC de niveau Continental, laissant libre champ aux organisateurs d’inviter des équipes non-membres. A titre d’exemple, les deux courses chinoises du World Tour (Tour de Chongming et Tour de Guangxi) ne proposaient que 5 équipes de l’élite sur 15 possibles, et ont invité à leur propre discrétion 12 autres formations dont seulement 2 du niveau Pro Team.

Ces différences sont le signe d’un circuit World Tour féminin encore en phase de développement et à la recherche d’un équilibre. Même si sa fondation s’est constituée autour d’équipes masculines, le MPCC n’a eu de cesse d’encourager les acteurs et actrices du cyclisme féminin à s’engager pour un cyclisme crédible, tout en gardant un discours ambitieux dans le développement d’un circuit cohérent et pérenne. Si au plus haut niveau, nous pouvons nous satisfaire de compter pas moins de 12 équipes dans les échelons World Team et Pro Team, il nous reste beaucoup à faire pour convaincre les formations du niveau Continental.

Notre mouvement encourage donc les équipes et leurs coureuses, qui ne sont pas encore membres du MPCC et qui partagent nos valeurs, à venir nous rejoindre pour la défense d’un cyclisme féminin intransigeant face au fléau du dopage et proactif dans son développement.

 

 


Invitations World Tour & adhésions au MPCC : tous au MPCC !

Après le bilan féminin des invitations aux plus grandes courses, le MPCC fait également le bilan des wild-cards accordées lors des courses du World Tour masculin.

Au fil des années, le MPCC s’est fixé comme objectif de présenter toutes ses équipes membres évoluant au niveau Pro Team parmi les invitées aux courses du calendrier World Tour masculin. Un taux de 100% aurait plusieurs significations : il indiquerait que ces équipes, aux portes de l’élite du cyclisme, s’engagent dans une démarche de long terme contre le dopage et que les organisateurs des plus grandes courses de notre sport sont sensibles aux formations de notre mouvement et aux valeurs qu’elles défendent.

A l’issue de la saison, un total de 205 invitations a ainsi été accordé par les 35 courses constituant le calendrier World Tour. Sur ces 205 sésames, 193 l’ont été pour des Pro Teams membres du MPCC, soit un pourcentage d’invitation de 94%, en légère augmentation par rapport à 2024 (92%). Ce chiffre s’explique principalement par le fait que toutes les Pro Teams de la saison 2025, à l’exception d’une seule équipe, ont choisi d’être actrices de la lutte antidopage et d’un cyclisme crédible.

D’autre part, des organisateurs tels qu’Amaury Sport Organisation (organisateur du Tour de France, de Paris-Nice, de Paris-Roubaix, de la Flèche Wallonne, de Liège-Bastogne-Liège et du Critérium du Dauphiné) et Flanders Classics (organisateur du Tour des Flandres, de Gand-Wevelgem et de l’Amstel Gold Race entre autres) ont prouvé depuis plusieurs saisons leur résolution à n’inviter que des équipes membres et nous les en remercions. Elles s’inscrivent ainsi dans une démarche d’exemplarité sur le sujet du dopage. Cependant, quelques courses, dont certaines tenues par RCS Sport (organisateur du Tour d’Italie), ne tiennent pas encore cette ligne de conduite.

Le MPCC espère donc qu’en 2026 l’intégralité des organisateurs des courses World Tour feront le choix d’inviter exclusivement des équipes engagées dans notre mouvement. Nous espérons également que la seule Pro Team non-membre en 2025 et les deux formations qui ont obtenu leur licence Pro Team pour la saison à venir nous rejoignent pour consolider les actions du MPCC.


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