CHIFFRES DE LA CREDIBILITE : LA LUTTE CONTINUE
A l’issue de l’année 2024, le MPCC a constaté un nombre de cas de dopage et de fraude sportive dans le cyclisme inférieur à celui de 2023. Au-delà de ces chiffres propres à notre sport, notre mouvement s’interroge sur l’état de la lutte antidopage dans d’autres disciplines et sur les différentes affaires qui ont mis à mal la crédibilité de certaines instances dédiées à ce combat.
Engagé depuis 17 ans pour un cyclisme crédible dans sa définition la plus large possible, le MPCC n’a jamais cessé de délivrer un discours de responsabilité envers les acteurs du cyclisme, qu’ils soient coureurs, agents de coureurs, managers d’équipes, encadrants, organisateurs de courses. Si l’état sanitaire du peloton s’est indéniablement amélioré depuis une quinzaine d’années, notre mouvement a toujours choisi la prudence et rappelé qu’il fallait être acteur de la lutte antidopage pour que notre sport puisse continuer à vivre. Ce combat reste d’actualité alors que la professionnalisation toujours plus poussée des équipes se matérialise dans des méthodes d’entraînement toujours plus scientifiques, poussant les coureurs à leurs limites. Certains d’entre eux ont d’ailleurs déclaré qu’ils pratiquent un sport bien différent de celui de leur début de carrière.
C’est un signe positif d’un cyclisme toujours en quête de maturité, ouvert au progrès mais qui n’a pas pour autant renié son esprit de pratique à dimension humaine, proche de ses supporters, accessible au plus grand nombre et convivial. Pourtant, les performances extraordinaires de certaines têtes d’affiche ont ravivé le spectre de la triche auprès de certains suiveurs. Vigilant quant aux pratiques dopantes, le MPCC n’a pas tardé à tirer la sonnette d’alarme, à la mi-2024, lorsque des usages médicamenteux détournés (utilisation du Tapentadol, réputé plus puissant que le Tramadol, interdit par l’AMA) ou des méthodes d’amélioration de la performance aux limites du dopage (inhalation de monoxyde de carbone) se sont fait jour. Ces pratiques montrent que pour certains « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » et qu’ils ne veulent pas être « acteurs de la lutte anti-dopage ». Cela attise malheureusement la suspicion sur nos athlètes et notre sport.
Être acteur de la lutte antidopage
DES ECLAIRCISSEMENTS NECESSAIRES SUR CERTAINES PRATIQUES
Face à ces menaces pour la crédibilité du cyclisme, nous souhaitons que de nouvelles lignes rouges soient clairement tracées. Le MPCC et ses membres restent dans l’attente des résultats d’une étude d’impact sur les corps cétoniques et rappelle qu’il déconseille, comme l’UCI, son utilisation depuis 2019, en attendant les résultats de cette étude. Ils espèrent également que l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) prenne rapidement position, notamment sur l’inhalation du monoxyde de carbone. Le MPCC a formellement demandé à l’AMA, le 19 novembre 2024, l’interdiction rapide de ces pratiques. Sans réponse à ce jour. Le monoxyde de carbone comporte un risque potentiellement mortel en cas de prise non contrôlée et son inhalation se trouve, dans le même temps, en zone grise sur les méthodes interdites. En effet, le monoxyde de carbone empêche le sang de transporter l’oxygène, favorisant ainsi l’hypoxie recherchée dans les stages en altitude. Son traitement pourrait entrer dans la catégorie « Manipulation de sang ou de composants sanguins » établie par l’AMA. La prudence reste donc de mise, non seulement pour la probité des compétitions mais aussi la santé des coureurs, acteurs en premier lieu du cyclisme.
Dans ce contexte, nous avons finalement dénombré 22 cas de dopage et/ou fraude sportive chez les professionnels sur route, piste, VTT et BMX ainsi qu’en paracyclisme au niveau international. Le bilan 2024 est ainsi inférieur aux 28 cas recensés en 2023. Pour près des deux tiers, les sportifs incriminés couraient à l’échelle Continental au moment de leur contrôle positif ou de leur infraction à un règlement sportif. Deux de ces coureurs évoluaient à l’échelon World Tour et dans des équipes membres de notre mouvement, au moment de la révélation de ces cas. Ces formations ont strictement appliqué notre règle n°1 : mettre immédiatement à pied un coureur lors de l’annonce de son contrôle positif.

LE TENNIS EN EAUX TROUBLES
Cependant, le MPCC regrette que d’autres équipes, non-membres, n’aient pas eu une attitude plus stricte vis-à-vis de certains coureurs suspendus, qui ont rapidement pu retrouver le chemin de la compétition après avoir purgé leur peine pour dopage. Là encore, ce n’est pas être « acteur de la lutte anti-dopage ». L’actualité de ces derniers mois nous renforce donc dans notre positionnement sur l’antidopage, pour le cyclisme mais plus largement pour le sport en général. Le cyclisme n’est que le neuvième sport le plus touché, loin derrière l’athlétisme (172 cas recensés) et les sports de force (92 cas en haltérophilie, 66 en force athlétique). La tendance à la hausse s’est confirmée pour le MMA (27 cas), dont les chiffres peuvent être expliqués par la légalisation en France de cette discipline depuis le 1er janvier 2020 et donc la multiplication des tournois, susceptibles d’être contrôlés par l’AFLD. Les cas de dopage sont plus importants, à la fois dans l’Hexagone et aux Etats-Unis, qui restent le centre névralgique de ce sport.

Cet état des lieux du dopage en 2024 ne pouvait être conclu sans les secousses qui ont touché l’élite du tennis, masculin et féminin, puisque deux de ses stars ont été citées dans des affaires : Jannik Sinner, n°1 mondial contrôlé positif au clostébol en mars puis blanchi par l’ITIA, l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis, et Iga Swiatek, considérée comme la meilleure joueuse de terre battue au monde et elle aussi n°1 mondiale au cours de l’année passée. La Polonaise a été suspendue un mois pour une contamination à la trimétazidine. Pour le cas Sinner, l’AMA a d’ores et déjà choisi de faire appel de la décision (procédure d’arbitrage les 16 et 17 avril auprès du Tribunal arbitral du sport).
L’AMA CHAHUTEE
L’instance garante de la lutte contre le dopage au niveau mondial, dont la crédibilité est attaquée depuis plusieurs années par son homologue américain (USADA), fait également face à plusieurs challenges : rassurer sur son efficacité après le scandale des nageurs chinois, mis sous le tapis pendant trois ans puis révélé par la presse au printemps dernier, faire face au refus du Bureau national de contrôle des drogues (ONDCP) de verser la contribution américaine au budget 2025 ou encore veiller à ce que le Code mondial soit respecté par un maximum de pays, ces derniers devant adapter leurs législations sous peine de mettre en péril la participation de leurs athlètes à des événements internationaux.
Ces défis montrent que la lutte contre le dopage peut parfois être une gageure, tant elle nécessite des moyens financiers importants et une unité de tous les acteurs du sport (associations sportives, athlètes, fédérations, organisateurs d’événements). Le discours et l’attitude doivent être sans complaisance envers les tricheurs car il en va de la crédibilité du sport dans son ensemble. Ce sont pour toutes ces raisons que le MPCC insiste pour que chacun devienne « acteur de la lutte antidopage ». Car c’est par ce chemin que le match sera gagné.
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Nos voeux pour 2025
Le Président du MPCC Roger Legeay et l’ensemble des membres du mouvement vous souhaitent leurs meilleurs vœux pour l'année 2025. Nous espérons être encore plus nombreux à être acteurs de la lutte antidopage, engagés dans ce combat de tous les instants et investis pour la crédibilité du cyclisme.
Bonne année à toutes et à tous !

Invitations World Tour féminin & adhésions au MPCC : Des disparités selon les organisateurs
A l’instar du World Tour masculin, le MPCC livre pour la première fois un récapitulatif des invitations aux courses du circuit World Tour féminin. L’analyse de ces chiffres se veut distinctive de celle de l’élite masculine car le cyclisme professionnel chez les dames est à un stade de développement différent mais en forte croissance.
Ainsi, 16 équipes féminines sont membres de notre mouvement : 4 World Teams et 12 équipes continentales. Sur ces 12 formations, 7 deviendront des Women’s Pro Teams, la nouvelle division intermédiaire créée entre le Women’s World Tour et le niveau Continental, à compter de la saison prochaine. Toutes les équipes Pro Team féminines seront membres du MPCC, un état de fait dont nous nous réjouissons et qui nous incite à maintenir notre combat contre le dopage tout en agissant pour un cyclisme plus crédible.
Pour l’année 2024, le nombre d’invitations aux courses « World Tour » pour les équipes labellisées « MPCC » ont connu des niveaux disparates, signe que le cyclisme professionnel féminin cherche encore son équilibre. Si les courses tenues par Amaury Sport Organisation, telles que Paris-Roubaix Femmes et Liège-Bastogne-Liège Femmes, et celles organisées par Flanders Classics, comme le Tour des Flandres et Gand-Wevelgem, ont atteint 90% voire 100% d’invitations « MPCC », d’autres sont encore loin du compte. Nous souhaitons donc que ces organisateurs et équipes non-membres deviennent actrices de la lutte antidopage pour accompagner le développement du cyclisme féminin.

Sur les 227 invitations attribuées lors des 27 courses du calendrier World Tour féminin en 2024, 63% l’ont été pour des groupes sportifs membres de notre mouvement. Si le nombre d’équipes MPCC peut sembler bas, ces mêmes équipes évoluent, en revanche, à un très haut niveau. Dans le même temps, nous lançons un appel aux équipes du World Tour féminin, qui partagent nos valeurs mais qui ne sont pas encore membres à nous rejoindre. Avec la promotion d’Emily Brammeier*, lors de notre dernier conseil d’administration, au poste de vice-présidente, le MPCC confirme son engagement à suivre le cyclisme féminin dans son évolution, toujours sous le signe de la responsabilité et de l’équité du sport.
* Emily Brammeier est directrice de la communication du Team DSM Firmenich-PostNL et membre à titre individuel du MPCC
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Invitations World Tour et adhésions au MPCC : Des progrès chez les Pro Teams
Le MPCC propose à la fin de chaque saison une infographie regroupant les choix d’invitations à des courses du calendrier World Tour. L’objectif pour notre mouvement, et ce depuis notre fondation, est d’atteindre le chiffre de 100%, signe que la plupart des équipes du niveau Pro Team, candidates à des participations à des courses de premier plan, sont également engagées pour un cyclisme le plus crédible possible.
En 2024, 199 invitations ont été attribuées pour les 35 compétitions regroupant l’élite de notre sport : les trois grands tours (Tour de France, Tour d’Italie et Tour d’Espagne), les grandes classiques (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et Tour de Lombardie) mais aussi d’autres courses par étapes d’envergure (Paris-Nice, Tirreno-Adriatico, le Critérium du Dauphiné, le Tour de Suisse entre autres). Sur ce total, 183 sésames ont finalement été décernés à des équipes membres du MPCC, soit 92% des invitations. Ce pourcentage monte même à 95% du fait de la participation d’équipes nationales à certaines courses. Le chiffre est en légère progression par rapport à 2023, du fait de l’adhésion de l’équipe Tudor Pro Cycling Team en juin de la même année.
Dans une plus large perspective, ce sont même cinq équipes de niveau Pro Team qui nous ont rejoints depuis un peu plus de 2 ans : Uno-X Mobility, Q36.5 Pro Cycling Team, Corratec – Vini Fantini, Tudor et, ces dernières semaines, Unibet Tietema Rockets. Le MPCC se réjouit donc de la dynamique en cours et espère à moyen terme que l’objectif des invitations "100% MPCC" sera atteint.
Nous souhaitions rappeler l’exigence imposée par Amaury Sport Organisation, d’inviter uniquement des équipes en accord avec nos valeurs et membres de notre mouvement, et louer les efforts entrepris par RCS Sport, autre grand organisateur de courses. Le MPCC lance désormais un appel aux équipes World Tour qui ne sont pas encore dans nos rangs à nous rejoindre, aux équipes masculines de niveau Continental, encore trop peu présentes dans nos rangs et dont les défis nous concernent au plus haut point, aux équipes féminines, dont nous surveillons le fort développement. Nous espérons un jour que toutes les équipes participantes aux plus grands événements courront sous le sceau du MPCC.
Unibet Tietema Rockets, nouveau membre du MPCC
En attendant 2025, le MPCC est ravi de conclure l’année 2024 en annonçant l’adhésion d’une équipe de niveau Pro Team, la formation Unibet Tietema Rockets (ex-TDT Unibet). L’un des rares groupes sportifs du deuxième échelon mondial à ne pas être encore membre de notre mouvement a finalement choisi de nous rejoindre, portant à 16 le nombre de Pro Teams présents au sein du MPCC. Seule l’équipe Polti-Kometa (Polti-VisitMalta en 2025), que nous encourageons à nous rejoindre, manque pour que notre mouvement compte l’intégralité des équipes Pro Team en son sein.
Pour sa part, Bas Tietema, l’un de ses cofondateurs a déclaré : « Nous sommes très attachés à l'équité et à la transparence dans le cyclisme. En devenant membre du MPCC, nous voulons démontrer notre responsabilité non seulement envers nos coureurs et notre personnel, mais aussi envers le sport et ses fans dans le monde entier. Nous pensons que notre collaboration avec le MPCC nous aidera à montrer l'exemple et à renforcer la confiance dans le cyclisme. En outre, nous affirmons notre engagement à respecter le règlement intérieur du MPCC. »
L'équipe cycliste a débuté sous le nom de TDT-Unibet et s'appellera Unibet Tietema Rockets à partir du 1er janvier. Elle rassemblera en 2025 25 coureurs venant de 9 pays et comptera notamment dans ses rangs le Norvégien Odd Christian Eiking, coureur d’expérience passé par EF-Education EasyPost, FDJ et Wanty-Gobert, qui s’est également imposé sur l’Arctic Race of Norway en 2019.
Le MPCC espère ainsi que d’autres équipes suivront les engagements pris par Unibet Tietema Rockets, qu’elles soient au niveau World Tour, Continental ou sur le circuit féminin. Nous les incitons à devenir actrices de la lutte antidopage, alors que les soupçons sont loin d’être estompés, et à agir pour un cyclisme encore plus crédible sur d’autres problématiques telles que la santé des coureurs et la sécurité sur les courses.

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Le MPCC enjoint l’AMA à sortir de son inertie sur les « zones grises »
Le MPCC se réjouit que l’Union Cycliste Internationale (UCI) ait réagi sur le sujet alarmant de l’usage par inhalation du monoxyde de carbone par certains coureurs, en accord avec leurs équipes respectives. Mais le mouvement déplore la lenteur des procédures de l’Agence Mondiale Antidopage, y compris lorsque la santé des athlètes est en jeu.
Dans un communiqué de presse, publié mardi, l’UCI « demande clairement aux équipes et aux coureurs de ne pas recourir à l'inhalation répétée de monoxyde de carbone », tout en faisant la demande officielle à l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) « de prendre position sur l'utilisation de cette méthode par les athlètes ».
Il y a moins d’un mois, lors de son Assemblée générale, notre mouvement (1) a alerté le public et les instances de notre sport de sa préoccupation concernant cet usage récemment répandu d'un gaz potentiellement létal par inhalation. Le MPCC a d’ailleurs adressé à l’AMA un courrier daté du 18 novembre 2024, jusque-là sans réponse. Sans attendre, nous avons déconseillé « fortement l’usage de cette technique, en attendant son interdiction ». S’agissant de l’Agence Mondiale Antidopage, le MPCC regrette également que son courrier du 12 juin 2024 alertant sur l’usage du Tapentadol (analgésique réputé plus puissant que le Tramadol), dont elle demande l’interdiction, n’ait pas suscité non plus une prise de position claire de la part de l’instance internationale, même si ce médicament a depuis été inscrit dans son « programme de surveillance ».
Nous rappelons à toutes fins utiles deux précédents regrettables :
⁃ Il a fallu plus de 10 ans pour convaincre l’AMA d’inscrire le Tramadol sur la liste des produits interdits, alors que les médecins d’équipes membres du MPCC s’étaient engagés à ne plus le prescrire à leurs coureurs dès 2013.
⁃ Depuis 2019, le MPCC réclame une position claire de l’AMA sur les effets des cétones dans la pratique sportive. Cinq ans plus tard, nous en sommes toujours au même point, puisque l’AMA refuse de se prononcer tant qu’aucune étude scientifique ne sera rendue publique. Cette publication scientifique, requise également par l’UCI, ne devrait pas intervenir avant la fin de l’année prochaine, dans le meilleur des cas.
Le Conseil d’administration du MPCC estime que face à des comportements aussi imprudents tels que l’usage répété d’un gaz toxique ou d’un opioïde puissant, l’AMA devrait s’appuyer sur une procédure d’urgence afin de faire respecter le principe de précaution lorsqu’une pratique ou un médicament présentant un danger potentiel fait son apparition.
Le MPCC alerte également les pratiquants sur le fait qu’une substance ne figurant pas sur la liste des produits interdits ne constitue pas une raison suffisante pour que les coureurs et leurs équipes s’autorisent à l’utiliser.
D’une manière plus générale, le MPCC déplorant le développement de ces pratiques médicamenteuses en « zone grise » encourage toutes les instances dirigeantes à créer un cadre favorable pour limiter à son strict minimum la médicalisation de notre sport.
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(1) Le MPCC représente 23 équipes professionnelles sur 35, chez les hommes (World Teams et Pro Teams), ainsi que 4 équipes sur 15, chez les femmes (World Teams).
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Le MPCC, « ACTEUR DE LA LUTTE ANTI-DOPAGE »
Le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC) s’est réuni ce lundi 28 octobre à Paris, à la veille de la présentation officielle du Tour de France 2025, pour la tenue de sa 18e Assemblée Générale annuelle. Parmi les nombreux sujets de débat abordés, celui des cétones était une nouvelle fois à l’ordre du jour et ce pour la sixième année consécutive !
Le MPCC a vécu une journée importante ce lundi 28 octobre à Paris, d’abord par la tenue de son Conseil d’Administration entre les membres de son Bureau, puis par l’organisation de sa 18e Assemblée Générale annuelle. Dans un contexte où des investigations journalistiques ont souligné une présumée surmédicalisation du peloton cycliste, plusieurs inquiétudes ont été manifestées lors de ces sessions d’échanges. La question des cétones est plus que jamais problématique et un froid constat est malheureusement réalisé : les résultats des études commandées par l’Union Cycliste Internationale (UCI) sur le sujet se font toujours attendre et mettent le cyclisme et les membres du MPCC dans une position d’embarras.
Quel sport voulons-nous être ?
C’est en 2019 que le mot “cétones” a pour la première fois été cité au sein de réunions du MPCC, à la suite d’une étude belge, ses membres s’étant alors préoccupés des risques sur la santé et la potentielle amélioration des performances que l’utilisation de ce composé pouvait engendrer. Ce sujet complexe illustre parfaitement ce qu’est l’ADN de notre mouvement. Nos membres souhaitent protéger leurs coureurs, leurs employés, et font régulièrement le choix fort de décider, sur la base du volontariat, que ce ne sont pas les seules règles des instances qui doivent déterminer ce que nous souhaitons que soit notre sport cycliste. C’est la raison d’être de notre mouvement : sa façon d’agir face aux zones grises.
Garder la lumière allumée !
Pourtant, ce n’est qu’à la fin de l’année 2025 que l’UCI prévoit, semble-t-il, de faire connaitre les résultats des études d’impact des cétones sur la santé et l’amélioration ou non des performances. On ne peut accepter de délais aussi long compte tenu des enjeux de santé publique et de crédibilité de notre sport. Les managers et médecins référents des équipes membres du MPCC voient leurs positions, celles guidées par le principe de prudence, fragilisées par l’interminable attente d’une clarification et d'un positionnement clair.
Soit l’UCI acquiert la certitude que l'on peut accepter l’usage des cétones et doit alors le faire savoir par une communication nette et précise. Soit elle n’en a pas la certitude et doit dire haut et fort qu’elle ne recommande pas leur usage, voire même qu’elle l'interdise.
Les membres du MPCC aimeraient solder ce sujet car il entretient notamment une suspicion depuis des années.
Toujours plus d’engagement de la part des membres du MPCC
Le sujet du monoxyde de carbone a également été évoqué. Certains médias ont rapporté un probable mésusage de ce gaz potentiellement létal. L'objectif de son utilisation serait de créer une hypoxie artificielle par son l'inhalation à des doses (non connues), mimant ainsi les effets d'un effort en altitude. Le code mondial anti-dopage précise notamment en section M1.2 "L’amélioration artificielle de la consommation, du transport ou de la libération de l’oxygène. Incluant sans s’y limiter : les produits chimiques perfluorés ; l’éfaproxiral (RSR13); voxelotor et les produits d’hémoglobine modifiée, par ex. les substituts de sang à base d’hémoglobine et les produits à base d’hémoglobines réticulées, mais excluant la supplémentation en oxygène par inhalation".
Au vu de son risque sanitaire (potentiellement mortel), de l’aspect technique complexe et artificiel (détournements de moyens techniques et thérapeutiques en vue de créer de façon artificielle des modifications physiologiques), et du code mondial anti-dopage en vigueur, le MPCC ne peut que déconseiller fortement l’usage de cette technique… en attendant son interdiction.

Roger Legeay, Président du MPCC, a appelé les membres du mouvement à être encore davantage “acteurs de la lutte antidopage” - notre nouveau slogan depuis 2024.
À ce jour, sont membres du MPCC :
15 Pro Teams
385 coureurs
270 anciens coureurs
306 encadrants
8 sponsors
Le MPCC appelle à pouvoir s’appuyer sur toujours plus de membres engagés pour la crédibilité du cyclisme. Il appelle aussi les organisateurs, au premier rang desquels Amaury Sport Organisation, qui a toujours montré l’exemple, à encourager aussi les équipes féminines tout autant que les équipes masculines à rejoindre le mouvement.
Le MPCC se félicite de la précieuse implication de ses membres lors de cette Assemblée Générale, et l’investissement de son Bureau au rythme des Conseils d’Administration qui font la vie du mouvement tout au long de l’année. Ce Bureau, dont la constitution a été votée lors de l’Assemblée Générale, accueille un nouveau membre appartenant à la famille des médecins référents d’équipe : le Dr Jean-Reynald Millot (St Michel-Mavic-Auber 93).
Composition du nouveau Conseil d’administration :
- BRAMMEIER Emily DSM FIRMENICH-POST NL Women’s World Tour Team
- BRANDT Christophe BINGOAL WB Pro-Team
- HINAULT Sébastien ARKEA-B&B Hotels World Tour Team
- LEGEAY Roger
- MADIOT Marc GROUPAMA-FDJ World Tour Team
- Dr MILLOT Jean-Reynald St MICHEL-MAVIC-AUBER 93 Pro Continental Team
- SENMARTIN Philippe TOTAL ENERGIES Pro-Team
- SPEKENBRINK Iwan DSM FIRMENICH-POST NL World Tour Team
- TRAJBER Franck COFIDIS World Tour Team
ITA, invitée de l’Assemblée Générale pour la troisième année consécutive
Le MPCC remercie Olivier Banuls, chef de l'unité cyclisme à l'International Testing Agency, et ses proches collaborateurs, d’être intervenus pour la troisième année consécutive lors de cette Assemblée Générale, pour présenter aux membres présents les différents travaux et résultats de l’International Testing Agency (ITA). “Le cyclisme a le programme antidopage le plus vaste de tous les sports que nous contrôlons”, a rappelé Olivier Banuls.
En effet, en conséquence de la hausse des moyens financiers alloués à la lutte antidopage dans le cyclisme, notamment provoquée par la contribution de ses acteurs et en premier lieu des équipes, le nombre de contrôles hors compétition a augmenté de 29% entre 2022 et 2023. Le MPCC s’en réjouit, encourage ces nécessaires évolutions et espère toujours plus de résultats à l’avenir, dans la lutte contre toute forme de triche dans le cyclisme.
À ce titre, en 2025, ce sont plus de trente coureurs actuellement sous l’effet d’une suspension pour dopage qui seront à nouveau autorisés à concourir en compétition. Le MPCC sera vigilant au devenir de ces athlètes, ayant rappelé à ses membres leur engagement, sur la base du volontariat, à ne pas réengager un coureur au terme d’une suspension pour dopage de plus de 6 mois.
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Chiffres de la Crédibilité : quelle action pour les Continentales ?
Au cours d’une année placée sous le signe de l’olympisme, le troisième rapport 2024 des Chiffres de la Crédibilité passe en revue les efforts mis en place pour combattre le dopage, à l’échelle mondiale. La question des moyens de la lutte invite également le MPCC à s’interroger, pour le cyclisme, sur l’état des lieux du niveau Continental.
Les souvenirs des Jeux de la XXXIIe Olympiade (olympiques et paralympiques) restent certainement vivaces dans le monde entier, et ce un mois après leur clôture. Des images fortes des cérémonies aux exploits individuels et collectifs en passant par l’abnégation des athlètes paralympiques, symbole d’un message d’espoir en cette période trouble, les JO de Paris 2024 ont rappelé que le sport diffuse de belles et grandes valeurs, universellement reconnues et partagées.
Nombre de ces valeurs sont promues par le MPCC, mouvement engagé et principal acteur de la lutte antidopage dans le cyclisme, pour l’équité des compétitions et la santé physique et mentale des coureurs. Il rappelle que le sport de haut niveau ne peut se dispenser de déployer des moyens conséquents pour combattre le dopage. A l’occasion des derniers Jeux olympiques, environ 6000 échantillons ont ainsi été prélevés sur 4150 athlètes, soit environ 40% du total des participants. De ces contrôles ne sont ressortis que six cas de résultat anormal, ayant rapidement abouti à des suspensions provisoires. Si ce nombre peut sembler dérisoire, les enquêteurs et personnels des laboratoires d’analyse doivent encore traiter des milliers de dossiers et il est probable que d’autres cas soient révélés dans les prochains mois.
En plus du travail des chaperons et des agents de contrôle, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a établi pendant les JO deux bureaux provisoires dans la capitale française. L’un d’entre eux était dédié à traiter rapidement les cas de dopage avérés. Une preuve supplémentaire qu’avec une volonté politique forte, des moyens importants et de l’intransigeance, la triche peut rester contenue. Néanmoins, l’année 2024 a été traversée par diverses affaires : celle des nageurs chinois, dont les contrôles positifs de 2021 auraient été camouflés par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la réaction politique des Etats-Unis qui ont lancé une enquête fédérale sur cette affaire ou encore la suspension de certains agences nationales, les pays visés peinant à mettre en conformité leur législation avec le Code mondial.
LE CAS DU TENNISMAN JANNIK SINNER INTERROGE
Ces dernières semaines ont surtout été marquées par l’annonce du contrôle positif de l’une des stars du tennis, Jannik Sinner, n°1 mondial et vainqueur de deux tournois du Grand Chelem. L’Italien, positif au clostébol (stéroïde anabolisant), a plaidé la contamination par un spray et finalement convaincu l’ITIA, l’instance régissant l’intégrité dans le tennis au niveau mondial, et un tribunal indépendant de sa bonne foi. Si l’affaire a fait beaucoup de remous sur tous les courts de la planète, l’AMA n’a pas tardé à répondre en déposant un recours auprès du TAS le 26 septembre dernier.
Enfin, le climat tendu sur le front de l’antidopage ne pouvait être illustré sans ce changement important, en cours, sur le front politique. Le MPCC s’était déjà fait l’écho de la situation toute particulière du Kenya, volontariste dans la lutte après avoir évité de peu une exclusion de plusieurs compétitions internationales. Le pays s’était doté en 2016 d’une agence nationale, l’ADAK, et depuis 2013 d’un arsenal législatif strict. Alors qu’elle pouvait compter sur un budget substantiel d’environ 5 millions de dollars en 2022, son avenir est désormais en sursis selon son président. L’agence n’aurait reçu que 150 000 dollars pour l’exercice 2024-2025 et se voit donc dans la quasi-impossibilité de remplir sa mission : rémunérer son personnel, se rendre sur site pour effectuer des prélèvements et envoyer les échantillons, dont le coût d’expédition est jugé exorbitant, vers des laboratoires accrédités. Au moment de la rédaction de ces lignes, le chef du bureau africain de l’AMA venait de rencontrer le secrétaire d’Etat aux Sports pour évoquer ce sujet hautement sensible et important pour l’avenir du sport kenyan.
LE PASSEPORT BIOLOGIQUE A L’OEUVRE
Par ces Chiffres de la Crédibilité, le MPCC souhaite donc principalement mettre en perspective la position du cyclisme, jugé un temps parent pauvre de la lutte antidopage, par rapport aux autres sports. Il n’est que le dixième le plus touché après les neuf premiers mois de l’année, selon les cas révélés par la presse et les agences nationales antidopage, loin derrière l’athlétisme (140 cas recensés à travers le monde), le rugby (23) ou encore le MMA (20), dont la tendance à la hausse est à signaler. Au 30 septembre, 15 cas de dopage venant de différentes disciplines (route, BMX, piste, para-cyclisme) ont été rendus publics. Ce chiffre reste dans la tendance récente d’une vingtaine de cas annuels relevés et conforme au constat fait lors de notre premier rapport sur les suspensions en cours chez les professionnels.

PROTEGER LES EQUIPES CONTINENTALES
L’actualité est également venue percuter nos publications puisque deux coureurs portugais évoluant au niveau Continental ont été pris en défaut par leur passeport biologique, une résultante d’un virage plus répressif entrepris par la Fédération portugaise et l’Adop (Autorité antidopage du Portugal) pour étendre ce suivi à tous les coureurs nationaux évoluant au troisième échelon mondial, soit environ 80 coureurs représentant 9 équipes en 2024. Cette affaire rappelle l’importance d’être proactif dans le combat contre la triche, passant par toujours plus de moyens financiers donnés aux agences nationales et aux laboratoires antidopage, par un esprit collaboratif entre les différents acteurs du sport qu’ils soient institutionnels ou politiques, par une responsabilisation des premiers protagonistes : les athlètes eux-mêmes.
Le MPCC renouvelle donc son appel à toutes les formations du World Tour, féminin et masculin, qui ne sont pas encore membres à venir nous rejoindre pour être actrices de la lutte contre le dopage, la crédibilité de notre sport devant être consolidée par une plus grande participation des parties prenantes. Nous encourageons encore plus les équipes de niveau Continental à s’engager, malgré leur exposition médiatique moindre et les défis qui se posent à elles à travers les différents calendriers continentaux. Un nombre bien plus conséquent d’équipes membres du troisième niveau mondial aiderait à faire émerger certaines problématiques et à éloigner coureurs et managers de la tentation du dopage. C’est en restant acteur que le combat sera gagné.
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Photographie instantanée sur les sanctions antidopage
En complément de son relevé trimestriel, les Chiffres de la Crédibilité, le MPCC va désormais établir un tableau à date des cyclistes professionnel(le)s sanctionné(e)s. Au-delà de la photographie instantanée de l’état des lieux, l’objectif sur la durée sera d’identifier les évolutions dans la répression antidopage.
Depuis dix ans, le MPCC dresse à travers les Chiffres de la Crédibilité un état sanitaire du sport de haut niveau, de façon à replacer le cyclisme dans un contexte plus général. Ces relevés nous alertent sur les cas révélés débouchant sur des suspensions provisoires dans l’attente de procédures disciplinaires parfois longues. Ils mettent en exergue les effets de la lutte antidopage à travers le monde et les moyens mis en oeuvre par chaque sport pour y parvenir : de la mise en place d’un code mondial antidopage à l’établissement de barèmes dissuasifs de sanctions en passant par les conformations réglementaires de chaque agence nationale antidopage. Engagé et acteur de la lutte antidopage dans notre sport, le Mouvement pour un cyclisme crédible va s’atteler désormais à établir annuellement une photographie des sportives et sportifs sanctionnés dans notre sport, à l’issue des procédures afin de mieux comprendre l’évolution dans le temps des résultats de la lutte antidopage.
Au 1er septembre 2024, 75 licencié(e)s professionnel(le)s sont suspendu(e)s pour une violation des règles antidopage alors qu’ils, ou elles, évoluaient dans l’un des trois niveaux professionnels et semi-professionnels (World Tour, Pro Series, Continental) ou en ayant participé à des courses de l’un des calendriers continentaux de l’UCI au moment de leur contrôle. Ces suspensions sont présentes dans pratiquement toutes les disciplines cyclistes : route, piste, cyclo-cross, BMX et VTT. Neuf cas concernent des suspensions à vie de toute compétition sportive.
Ce chiffre de 75 coureurs et coureuses recoupe ainsi la tendance récente du nombre de cas de dopage relevés dans les Chiffres de la Crédibilité puisque 15 à 20 cas sont révélés chaque année. La durée de suspension moyenne, hors bannissement à vie, parmi les athlètes encore suspendus à ce jour est de 54 mois, soit 4 ans et demi. Ce niveau de sanction équivaut peu ou prou au barème prévu de 4 ans pour un contrôle positif à un produit interdit par l’Agence mondial antidopage (AMA).

En plus des participants aux courses, sept dirigeants d’équipe et membres de personnel médical purgent de très lourdes suspensions, voire sont bannis à vie de toute activité liée au cyclisme.
Des territoires plus touchés que d’autres par le dopage
Sur ces 75 coureurs suspendus, la Colombie (16), le Portugal (15) et l’Italie (8) sont les trois nations les plus représentées et pour différentes raisons. La Colombie semble le cas le plus complexe car nombre de coureurs contrôlés positifs étaient des coureurs semi-professionnels participant à des courses du calendrier continental américain, courses soumises soit à des contrôles des agences nationales ou à ceux de l’UCI.
La présence du Portugal dans cette hiérarchie est également la conséquence des effets de l’opération « Prova Limpa » menée par la police judiciaire locale dès 2021, sur la base d’une dénonciation anonyme. L’Agence nationale antidopage (ADoP) a très rapidement sanctionné pas moins de 11 coureurs après la perquisition des chambres de l’équipe Continental W52-FC Porto lors d’une course de niveau national, en avril 2022. La plus lourde suspension prononcée était de 10 ans. Pour sa part, le volet judiciaire a abouti à la comparution de 26 accusés et les ramifications de cette affaire ne semblent pas encore totalement éclaircies, certains témoins ayant apporté de nouveaux éléments devant la cour, il y a encore quelques semaines. Mais ce scandale a permis un pas en avant : la signature d’un protocole d’accord entre la Fédération portugaise (FPC) et l’Autorité nationale antidopage pour l’élargissement dans le pays, à la troisième division, du passeport biologique obligatoire pour les coureurs professionnels des deux premières divisions.
Enfin, la position de l’Italie mérite une attention toute particulière. Marquée par la présence de trois athlètes suspendus à vie mais courant essentiellement à une époque et dans un climat qui avait mené à la création du MPCC, elle possède cinq autres coureurs qui évoluaient tous au niveau Continental au moment de leur contrôle positif. C’est surtout l’état de ses circuits amateurs qui interroge puisque, selon la Fédération italienne (FCI), ce sont plus de 700 personnes (athlètes amateurs et professionnels, responsables de clubs) qui purgent des suspensions : du granfondo aux épreuves UCI professionnelles en passant par des courses sur route locales.

Des engagements à prendre pour l’échelon Continental
Comme le MPCC le redoutait, près de 50% des suspensions ont été prononcées pour des coureurs et coureuses qui évoluaient à l’échelon Continental au moment de leur contrôle. Il est important de rappeler que les cyclistes évoluant dans cette troisième division mondiale ne sont pas soumis à l’établissement d’un passeport biologique, l’une des clés de voûte de la lutte antidopage, dont la méthode indirecte permet notamment de mieux cibler les contrôles.
Sur ce point, notre mouvement rappelle l’engagement des équipes de niveau Pro Series, quasiment toutes membres du MPCC et soumises aux règles de ce suivi longitudinal. Même si des réticences demeurent à l’échelon inférieur, nous tenons aussi à remercier les 31 équipes continentales (féminines et masculines) qui nous ont rejoints, s’engageant ainsi à être actrices de la lutte antidopage. Nous encourageons également les autres formations, guidées par un esprit de responsabilité et de probité envers le cyclisme professionnel, dans son ensemble, mais aussi leurs coureurs, leur personnel, qu’il soit administratif ou sportif, à aussi apporter leur écot.
Dans un climat de suspicion latent, notre mouvement n’a cessé de mettre en garde sur les problèmes de dopage, et ce en dépit du long chemin effectué depuis plusieurs années, sur le plan scientifique, juridique et institutionnel.

Surreprésentation de l’EPO
Nous ne pouvions conclure ce panorama sans évoquer les différents produits qui ont amené à la suspension de tous ces coureurs. Malgré le séisme provoqué par l’affaire Festina en 1998, symbolisant le recours massif à l’EPO, le MPCC ne peut que regretter de voir cette hormone synthétisée être la première substance incriminée, dans un quart des sanctions prononcées. Sa version évoluée, l’EPO-Cera, a notamment été détectée dans 5 cas de suspension, provenant du continent sud-américain.

13% des coureurs suspendus ont eu recours à des stéroïdes, d’autres à des corticoïdes, dont l’interdiction a été l’un des chevaux de bataille du MPCC. Précisons toutefois que dans bien des cas, la substance détectée n’a pas été rendue publique.
Cette photographie instantanée apporte donc un regard nouveau et des perspectives différentes sur la réalité de la lutte antidopage dans le cyclisme. Elle montre à quel point cet engagement de tous les instants pour un sport propre n’est pas aisé, encore moins gagné. Elle conforte le MPCC dans ses actions auprès des instances dirigeantes, des équipes, des sponsors, des organisateurs de courses, et dans son discours, ouvert à la discussion avec toutes les parties prenantes mais déterminé à préserver un cyclisme crédible. Par cette publication, le MPCC insiste pour que « la lumière reste allumée ».

Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !
Tour d'Espagne : Le MPCC reste acteur de la lutte antidopage
La concentration de courses majeures depuis le début du mois de juin, et le Critérium du Dauphiné, est proche d’atteindre son point d’orgue, que sont les Championnats du monde, qui seront tenus à Zürich (Suisse) du 21 au 29 septembre prochain. Au cours de cette saison riche en événements et en émotions, les coureurs passent par le Tour d’Espagne, troisième et dernier grand tour de la saison.
47 participants sont membres du MPCC à titre individuel et s’élanceront samedi depuis Lisbonne (Portugal) pour trois semaines et 3304 kilomètres. Ils représentent 16 des 22 équipes partantes et 14 pays différents, un signe de l’internationalisation toujours plus grandissante du peloton professionnel. Comme c’est le cas depuis environ deux ans sur les épreuves par étapes de trois semaines, douze équipes sont membres du MPCC : nos huit formations du World Tour et les quatre équipes invitées, de niveau Pro Series (Equipo Kern Pharma, Euskaltel-Euskadi, Israel-Premier Tech et Lotto Dstny).

Près de l’ensemble des équipes de la deuxième division mondiale se sont engagées pour être actrices de la lutte antidopage et nous les en remercions chaleureusement. Le MPCC se veut également impliqué sur d’autres problématiques telles que la santé physique et mentale des coureurs ou encore leur sécurité sur les courses. Nous encourageons donc, une fois de plus, les équipes non-membres appartenant au World Tour à venir nous rejoindre, elles et leurs coureurs, dans ce combat de tous les instants pour un cyclisme plus crédible.

Pour leur part, nos coureurs et coureuses membres individuels doivent également encourager leurs partenaires d’entraînement à s’engager. Quant aux personnels encadrants, dont nous comptons plus de 300 membres à ce jour, ils peuvent également apporter leur pierre à l’édifice. Le MPCC se veut ainsi ouvert à toutes les parties prenantes du cyclisme professionnel (coureurs, agents de coureurs, managers, staff technique, sponsors, organisateurs de courses) pour que « la lumière reste allumée ».









