Les partantes du Tour de France Femmes au crible

Avec la moitié des équipes partantes membres du MPCC, le Tour de France Femmes, course majeure de la saison, est l’occasion de consolider l’engagement du cyclisme féminin contre le dopage.

Après deux mois de montée en puissance, la saison des grandes courses par étapes (Tour d’Espagne, Tour de Burgos, Tour de Grande-Bretagne, Tour de Suisse, Tour d’Italie) approche de son terme avec la tenue du 4e Tour de France Femmes, parti samedi depuis la Bretagne. Objectif principal de la saison pour de nombreuses coureuses, la course rassemblait au départ 154 compétitrices représentant 22 équipes et 26 nations différentes.

Toujours inscrit dans une phase de développement auprès du grand public, le cyclisme féminin tente d’écrire progressivement ses plus belles pages à l’image du duel épique qui a opposé en 2024 Demi Vollering et Katarzyna Niewiadoma, sur les pentes de l’Alpe-d’Huez. En plus du spectacle proposé, les acteurs et actrices de terrain doivent également s’engager pour que notre sport reste juste et propre.

Sur ce Tour, 24 coureuses, soit un peu plus de 15% des partantes, sont membres à titre individuel du MPCC. La moitié des formations participantes (11/22) est également membre de notre mouvement. Si le MPCC est satisfait de voir que toutes les formations de la nouvelle division féminine Pro Team ont adhéré, nous espérons que les autres équipes, World Teams et Continentales, prennent conscience de la nécessité d’être actrices de la lutte antidopage. Malgré le fait qu’assez peu d’affaires, au cours des dernières années, ont éclaté dans la sphère féminine professionnelle, cette dernière ne doit pas se croire prémunie contre ce fléau.

En effet, et contrairement à leurs homologues masculins du Tour de France, aucune coureuse n’a été sanctionnée, par le passé, pour un contrôle antidopage positif et suspendue au moins six mois. Néanmoins, le MPCC a toujours voulu garder la lumière allumée face au dopage. Il est donc nécessaire qu’un maximum de parties prenantes s’engage formellement pour que notre sport reste sur la voie de la crédibilité.


Tour de France : un record de coureurs membres

Au départ du 112e Tour de France donné il y a une semaine, le MPCC a rassemblé un nombre record de coureurs membres à titre individuel. Notre mouvement espère que d’autres acteurs de notre sport suivront pour renforcer le combat contre le dopage.

Point d’orgue de la saison, le Tour de France s’est élancé il y a une dizaine de jours avec le plus important contingent de coureurs membres du MPCC depuis trois ans. Lors du Grand Départ donné depuis Lille, 57 coureurs, sur les 184 que comptait le peloton de la Grande Boucle, ont démarré la course en tant que membre de notre mouvement. Par exemple, l’intégralité de la formation Groupama-FDJ a ses éléments engagés à titre individuel au MPCC et six équipes du Tour de France ont, a minima, la moitié de leur équipe de départ engagée contre le dopage, ce dont nous nous félicitons.

Au total, ces 57 coureurs représentaient 14 nationalités et 19 des 23 équipes partantes. Ces chiffres témoignent de la diversité du peloton et de l’engagement des coureurs, sensibles universellement à la lutte contre le dopage. Ils rappellent également l’esprit du MPCC, dont l’adhésion s’effectue sur la base du volontariat. Le combat contre la triche n’est pas seulement franco-français mais touche tous les amoureux et les professionnels de notre sport, pour que celui-ci reste exemplaire en compétition.


Malgré tout, deux coureurs suspendus par le passé pour une violation des règles antidopage et ayant purgé une suspension de six mois minimum ont pris le départ de ce Tour de France. Ces coureurs ne font cependant pas partie de formations membres du MPCC, qui respectent l’une de nos règles cardinales : « ne pas engager des coureurs impliqués dans des affaires de dopage et qui ont été sanctionnés plus de six mois, dans les deux années suivant leur suspension ». Seule la moitié des équipes participantes - les 7 équipes World Tour membres du mouvement et les 5 Pro Teams invitées – ont aussi choisi de partager notre engagement pour un cyclisme plus crédible, signe du chemin qui reste encore à parcourir.

En compagnie des coureurs et des équipes, nous souhaitons également souligner la responsabilité et le poids que peuvent endosser les organisateurs de courses, tel Amaury Sport Organisation (ASO). Ainsi, ASO prend sa part en ne délivrant ses invitations au Tour de France qu’à la condition d’être membre du MPCC. C’est un pas que d’autres organisateurs pourraient suivre à l’avenir et qui illustreraient l’union des différentes parties prenantes du cyclisme face au dopage. Car le combat face à ce fléau sera remporté en restant acteur de la lutte.


Tour d'Italie féminin : être actrices de la lutte antidopage

Grâce aux actions de l’Union Cycliste Internationale (UCI) et de nombreux organisateurs de course, le cyclisme féminin professionnel connait une croissance exponentielle depuis une décennie et un développement important, pour que toutes les pratiquantes du vélo puissent exprimer leurs talents sur la route et d’un bout à l’autre d’une saison, à l’instar de leurs collègues masculins.

Le MPCC se félicite de cet état de fait mais notre mouvement espère également que les groupements cyclistes féminins prennent un engagement fort vis-à-vis du dopage. Depuis le début de l’année et une réforme de la structure du cyclisme professionnel international, le MPCC est satisfait de compter en son sein toutes les formations de la division Pro Team (7 au total) et 4 des 15 World Teams féminines.

Garder la lumière allumée

Alors que la saison des courses par étapes bat son plein depuis deux mois et le lancement du Tour d’Espagne, le Tour d’Italie féminin ponctue cette montée en puissance vers le grand objectif de nombreuses coureuses : le Tour de France Femmes qui se tiendra du 26 juillet au 3 août. Parti dimanche depuis Bergame, le Giro rassemblait au départ 15 membres à titre individuel dont la sprinteuse Lorena Wiebes et les spécialistes des courses par étapes Juliette Labous et Evita Muzic.

Seules 6 des 22 formations partantes sont également membres de notre mouvement. C’est trop peu. Nous encourageons donc toutes les autres coureuses et les équipes non-membres à être actrices de la lutte antidopage en nous rejoignant et ainsi consolider un combat de tous les instants, pour la crédibilité de leur sport.

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Chiffres de la Crédibilité : La transparence en jeu

A l’issue du deuxième trimestre, le MPCC a relevé un nombre de cas de dopage dans le cyclisme relativement faible, le 13e parmi les sports inventoriés (9 cas en 2025). Au-delà de la situation sanitaire de notre discipline, certains événements récents interrogent cependant notre mouvement sur la question de la transparence.

La tension n’est toujours pas retombée entre l’Agence mondiale antidopage (AMA) et son homologue américaine (USADA), indisposée à verser sa quote-part pour le budget de fonctionnement 2025 de l’AMA. Depuis deux ans, l’USADA, et son directeur général Travis Tygart, est en guerre ouverte avec le président fraîchement réélu du régulateur mondial de l’antidopage, Witold Banka. Sont mis en cause le supposé « manque de transparence » de l’agence, sa gouvernance jugée non démocratique et sa gestion de l’affaire des nageurs chinois* qui a éclaté au printemps 2024, donc à quelques semaines des Jeux olympiques de Paris. Les échanges par voies de presse entre les deux dirigeants nuisent ainsi à l’image du sport et au monde de l’antidopage.

La tenue récente des « Enhanced Games » (du 21 au 24 mai), ces jeux en marge du mouvement olympique autorisant des produits améliorant les performances, et une nouvelle offensive contre l’AMA menée par des sénateurs américains rappellent que l’union autour de la lutte antidopage reste difficile, si des considérations politiques menacent le combat pour un sport juste et propre. Ce dernier ne peut être assuré que si tous les acteurs impliqués jouent la carte de la transparence, une notion maintes fois répétée par l’USADA lorsque celle-ci évoque ses griefs à l’attention de l’AMA.

L’agence peine, en effet, à apporter des réponses rapides et efficaces sur l’interdiction de certaines méthodes de médicalisation aux frontières du dopage, telles que l’inhalation de monoxyde de carbone (interdite par l’UCI depuis le 1er février), et ce pour tous les sports. D’autres interdictions de substances comme le Tapentadol, opioïde plus puissant que le Tramadol et utilisé par certaines équipes, n’ont toujours pas été prononcées. Enfin, les dernières grandes investigations journalistiques nous amènent également à être vigilants sur l’administration de produits en microdose, où là encore d’importants progrès doivent être réalisés sur leur détection.

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LA TRANSPARENCE EST UN MAÎTRE-MOT DE L’ANTIDOPAGE

C’est surtout grâce à la transparence, celle des athlètes honnêtes et des instances de contrôle (agences nationales, laboratoires, fédérations, etc.) que le dopage pourra reculer. C’est également grâce à elle que le MPCC peut établir régulièrement un état des lieux de la lutte antidopage à travers les Chiffres de la Crédibilité. Ainsi, certaines agences et fédérations internationales ne rendent pas publics les noms des athlètes incriminés dans des affaires de dopage, le plus souvent pour des raisons d’ordre juridique, notamment sur la protection des données personnelles.

Cette limite a trouvé une nouvelle illustration après la publication d’un article par le journaliste spécialisé du monde de l’antidopage Hajo Seppelt, établissant qu’une centaine d’athlètes pris en défaut par l’agence allemande antidopage (NADO Germany) n’ont jamais vu leurs noms rendus publics depuis 2020, en grande partie en raison de la protection de leur anonymat. La NADO Germany tente ainsi de se prémunir de nombreux recours juridiques qui mettraient en péril ses finances, ce qui ne l’a pourtant pas empêché de communiquer sur les cas des athlètes Sofia et Sara Benfarès, en 2024, et beaucoup plus récemment sur le canoéiste Martin Hiller, champion du monde de sa spécialité. L’AMA souligne d’ailleurs dans le Code mondial, un règlement imposé à tous ses signataires dont l’Allemagne, que la divulgation publique du nom de l’athlète est possible, si ce dernier en est informé.

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L’ATHLETISME EN PREMIERE LIGNE

Il en va autrement d’une instance comme l’AIU (Athletics Integrity Unit), l’autorité en charge de la lutte contre le dopage dans l’athlétisme, qui fournit un travail sans relâche pour son sport. En revanche, et à titre d’exemple, la Fédération internationale de force athlétique (IPF) ne communique plus de cas depuis plus de six mois. Preuve que les objectifs d’harmonisation des règles et de transparence restent encore en chantier.

Ainsi l’AIU, les agences nationales antidopage et la presse ont dévoilé, au premier semestre, 74 cas en athlétisme, qui reste de loin le sport le plus touché. Ont notamment été incriminés au deuxième trimestre la vice-championne du monde à la longueur et au triple saut Maryna Bekh-Romanchuk et le Kenyan Benard Kibet Koech, détenteur du record du monde du 10 miles. Le MMA, dont nous avions déjà souligné le nombre croissant de cas au cours de nos précédents bilans, est désormais le troisième sport le plus cité avec 28 cas révélés au cours du premier semestre 2025. L’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) avait déjà identifié cette tendance sur ce sport il y a un an, lors de la publication de son rapport d’activité annuel.

La France est également le 3e pays le plus cité pour des cas de dopage et de fraude sportive avec des affaires concentrées sur quatre disciplines : l’athlétisme, le rugby, le tennis, pour des cas de corruption et/ou matches truqués, et les sports équestres. L’Hexagone reste cependant loin de la Russie et de l’Inde, dont la multiplication des cas, notamment en athlétisme, pose question.

RETOUR AU CALME EN CYCLISME ?

Et malgré les soupçons de triche grandissants depuis quelques années, seuls 9 cas de dopage en cyclisme ont été révélés après les six premiers mois de l’année. Depuis un an et l’affaire Andrea Piccolo, aucun coureur du World Tour n’a été cité. A l’échelon des Pro Teams, il faut même remonter à l’année 2022 pour voir un coureur incriminé. En revanche, deux coureurs évoluant au niveau Continental ont été contrôlés positifs au cours du deuxième trimestre.

Le cyclisme professionnel a payé, par le passé, un lourd tribut et a également dû jouer la carte de la transparence pour traverser les différentes tempêtes qu’il a subies. Aujourd’hui, le MPCC encourage toutes les parties prenantes de notre sport à être actrices de la lutte antidopage, qu’ils soient coureurs(ses), managers, organisateurs de courses, clubs amateurs ou encore supporters. Car c’est par l’union que la triche sera vaincue.

*Le 20 avril 2024, le quotidien américain The New York Times et la chaine de télévision allemande ARD ont publié une enquête selon laquelle 23 nageurs chinois ont été contrôlés positifs à la trimétazidine lors d’un meeting national (31 décembre 2020 – 3 janvier 2021), à quelques mois des Jeux olympiques de Tokyo (2021). La CHINADA, l’agence chinoise antidopage, n’avait suspendu aucun athlète, justifiant ses décisions par le fait que les nageurs avaient été victimes d’une contamination alimentaire.

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Tour d’Italie : Une position à consolider

Par les chiffres, le MPCC rend compte de l’engagement des acteurs du cyclisme contre le dopage, en publiant notamment l’identité des coureurs membres à titre individuel au départ des trois grands tours. Cette démarche vise à encourager ceux qui sont guidés par un esprit de responsabilité à venir nous rejoindre.

Vendredi, le 108e Tour d’Italie masculin s’est élancé d’Albanie pour trois semaines de course intenses et probablement très ouvertes en l’absence des deux grandes têtes d’affiche sur ce type d’épreuve : Tadej Pogaçar, tenant du titre, et Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour de France. Au départ, le MPCC dénombre 43 membres de notre mouvement, à titre individuel, représentant 15 équipes, sur les 23 partantes, et 12 nationalités.

D’autre part, RCS Sport, société organisatrice du Giro, a fait le choix d’inviter la seule ProTeam qui n’est pas encore membre du MPCC à ce jour. Nous encourageons donc cette dernière à venir nous rejoindre car son adhésion serait symboliquement un signal fort de l’engagement des groupes sportifs face au dopage. Enfin, deux coureurs prendront le départ du Giro tout en ayant purgé une suspension supérieure à six mois, par le passé, pour un contrôle antidopage positif. Ils courent pour des formations non-membres du MPCC. Nous souhaitons donc que les équipes membres du MPCC, et également non-membres, encouragent les autres coureurs à rejoindre nos rangs afin de renforcer notre engagement pour un sport soucieux de leur santé, tant physique que mentale, et de leur intégrité.

Le cyclisme et le MPCC ont besoin des coureurs et de leurs équipes

Investi depuis près de deux décennies dans la lutte antidopage, le MPCC ne s’est jamais satisfait des discours de façade dans ce combat. A l’époque où il a été fondé, notre mouvement intervenait dans un environnement très difficile, balloté par des affaires de dopage au plus haut niveau. Dès sa naissance, le MPCC a pris des décisions fortes pour rétablir la crédibilité, notamment par les 10 règles fondamentales adoptées par toutes les formations souhaitant devenir membres de notre association (pas d’engagement de coureur suspendu deux ans après la fin de la sanction, retrait immédiat d’un coureur contrôlé positif, etc.), mais aussi par une attitude extrêmement prudente face à certaines méthodes d’amélioration de la performance, à la limite de la légalité.

Les décisions récentes du MPCC et de ses équipes membres d'alerter sur l’utilisation des cétones, dans l’attente de la publication d’une étude d’impact de l’UCI sur le sujet, et de refuser l’usage détourné du monoxyde de carbone illustrent la philosophie de notre mouvement : « être acteur de la lutte antidopage ».  Notre mouvement a donc besoin des coureurs et de leurs équipes pour défendre un cyclisme crédible.

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Tour d'Espagne féminin : aux coureuses et équipes féminines de s'engager !

Inscrit au calendrier World Tour féminin depuis 2018, le Tour d’Espagne féminin donne ce dimanche le coup d’envoi de la saison des grandes courses par étapes chez les dames, saison qui connaîtra son point d’orgue à la fin du mois de juillet avec le Tour de France Femmes. Impliqué pour un cyclisme crédible chez les hommes, le MPCC insiste également pour que le cyclisme féminin soit sensibilisé et impliqué dans la lutte contre le dopage. Notre mouvement se réjouit de la visibilité et de la popularité toujours plus grandissantes des coureuses et espère que celles-ci s’engagent également pour leur crédibilité, dans un circuit de plus en plus compétitif.

L’élection à la fin de l’année 2024 d’Emily Brammeier (équipe féminine World Tour Picnic-POSTNL) en tant que vice-présidente du MPCC dédiée au cyclisme féminin, va en ce sens. Emily Brammeier est l’interlocutrice de toutes celles, coureuses comme directrices sportives, et ceux, notamment dans les équipes d’encadrement, qui souhaitent nous rejoindre pour être acteurs de la lutte antidopage.


Ouverte sur la base du volontariat tant aux coureuses, à titre individuel, qu’aux équipes, l’adhésion au MPCC est un baromètre de cet engagement face au fléau du dopage. Avant le départ du premier grand tour féminin de l’année, notre mouvement compte ainsi 18 membres à titre individuel et 10 formations sur les 21 participantes.

Certaines membres du MPCC comme Juliette Labous, spécialiste des courses par étapes, ou encore Liane Lippert, vainqueur d’étape du Tour de France femmes, figurent parmi les 147 partantes de ce 11e Tour féminin d’Espagne. Nous encourageons ainsi les autres coureuses d’équipes membres ou non-membres du MPCC à venir nous rejoindre pour garder la « lumière allumée ».


CHIFFRES DE LA CREDIBILITE : GARDER LE CAP FACE AU DOPAGE

A l’issue du premier trimestre, le MPCC a relevé seulement 4 cas de dopage dans le cyclisme professionnel, la plupart décelés à l’échelon Continental. Face aux nouvelles techniques de dopage, notre mouvement espère également que toutes les parties prenantes de notre sport restent actives dans la lutte contre ce fléau.

Après une année 2024 mouvementée pour le microcosme de l’antidopage, depuis les contrôles positifs des leaders du tennis mondial Jannik Sinner et Iga Swiatek aux tensions politiques entre l’Agence mondiale antidopage (AMA) et son homologue américain (USADA), les trois premiers mois de cette année ont attesté d’un calme relatif. L’AMA est en plein processus électoral pour sa présidence – le Polonais Witold Banka est favori à sa propre succession – et doit, dans le même temps, faire face au refus de l’administration américaine de verser sa quote-part (3,6 millions de dollars) au budget de l’instance, qui était de 52 millions de dollars en 2024. Même si l’instance de contrôle de l’antidopage affirme que son action ne serait pas mise en danger, cette tension témoigne de la difficulté à maintenir l’unité dans un combat central pour la crédibilité du sport.

Pour sa part, le Comité international olympique (CIO) a élu pour la première fois une femme, de surcroît africaine, à sa tête : l’ancienne championne olympique de natation Kirsty Coventry. Par son passé d’athlète de très haut niveau, la Zimbabwéenne s’était déjà engagée en faveur des sportifs et dans la lutte contre le dopage en intégrant la Commission des athlètes du CIO avant d’en devenir sa présidente entre 2018 et 2023. La plus jeune présidente de l’histoire de l’institution a souvent tenu un discours de responsabilité, notamment envers les jeunes athlètes. « C’est important d’avoir ces conversations avec eux et de leur dire « tu es très bon et tu n’as pas besoin de ce truc en plus », avait-elle déclaré quelques mois après avoir conquis la présidence de la Commission des athlètes.

SE DONNER LES MOYENS D’ÊTRE ACTEURS DE LA LUTTE

L’élection de Kirsty Coventry à la tête du CIO peut donc susciter l’espoir d’un changement dans le monde du sport : à la fois pour l’écoute des sportives, dans un milieu encore très masculin, pour la jeunesse, dans le but d’un exercice sain du sport et ce quel que soit le niveau, mais aussi pour le continent africain, où le sport est un puissant vecteur d’ascension sociale et de promotion des pays par leurs champions.

Financer les contrôles, le combat contre la triche, c’est être acteur de la lutte antidopage. Prendre position sur la santé physique et mentale des athlètes, surtout les plus jeunes, c’est aussi être acteur de la lutte antidopage. Le MPCC n’a jamais cessé de l’être depuis sa fondation en 2007 et a maintenu un état de vigilance permanent en communiquant fréquemment avec les instances qui régissent le cyclisme professionnel (UCI, ITA, AMA entre autres), en entreprenant des actions (tests de cortisolémie sur les courses), en tenant un discours sans concession face au dopage.

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SEULEMENT 4 CAS EN CYCLISME

Les Chiffres de la Crédibilité sont ainsi un condensé de cette veille contre la triche, non seulement pour le cyclisme mais pour le sport en général. Au premier trimestre, nous avons recensé plus de 180 cas de dopage et de fraude sportive (constats de carence, corruption de sportifs ou d’arbitres, etc.) dans la presse, auprès d’agences nationales antidopage et de fédérations internationales. Près du quart de ces affaires concerne l’athlétisme (43 cas) et le premier trimestre 2025 a confirmé la part de plus en plus importante du MMA (13 cas). Pour notre sport, seuls 4 cas ont été relevés chez les professionnels, dont 3 en lien avec l’établissement d’un passeport biologique étendu aux Continentales par la Fédération portugaise.

Garder la lumière allumée

En l’espace de six mois, l’Adop – l’agence antidopage portugaise – a déjà confondu six coureurs mais la plupart du temps bien après la période incriminée, exposant ainsi les limites de la lutte. C’est une preuve que celle-ci ne doit pas cesser et, au contraire, être consolidée. A ce titre, le MPCC s’est réjoui de la réactivité de l’UCI quant à l’interdiction de l’inhalation de monoxyde de carbone et espère désormais que l’AMA prenne le relais pour étendre à tous les sports cette décision, d’autant plus que la pratique présente un risque majeur pour la santé. Notre mouvement espère également que l’ITA, responsable de la plupart des contrôles dans notre sport et doté d’un pouvoir d’investigation, se penche sur ces nouvelles méthodes de dopage et s’assure du respect par les équipes de la règle UCI de non-utilisation du monoxyde de carbone.

Conscients de ces réalités, les acteurs de terrain que sont les équipes, les coureurs, leurs agents, les membres d’encadrement, les organisateurs de courses doivent renforcer leur engagement dans la lutte contre le dopage et pour la sécurité des coureurs, par des actions de prévention, par une attitude et un discours responsables. Que ceux qui sont membres incitent leurs collègues à faire le choix de nous rejoindre pour travailler à une plus grande crédibilité de notre sport.

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CHIFFRES DE LA CREDIBILITE : LA LUTTE CONTINUE

A l’issue de l’année 2024, le MPCC a constaté un nombre de cas de dopage et de fraude sportive dans le cyclisme inférieur à celui de 2023. Au-delà de ces chiffres propres à notre sport, notre mouvement s’interroge sur l’état de la lutte antidopage dans d’autres disciplines et sur les différentes affaires qui ont mis à mal la crédibilité de certaines instances dédiées à ce combat.

Engagé depuis 17 ans pour un cyclisme crédible dans sa définition la plus large possible, le MPCC n’a jamais cessé de délivrer un discours de responsabilité envers les acteurs du cyclisme, qu’ils soient coureurs, agents de coureurs, managers d’équipes, encadrants, organisateurs de courses. Si l’état sanitaire du peloton s’est indéniablement amélioré depuis une quinzaine d’années, notre mouvement a toujours choisi la prudence et rappelé qu’il fallait être acteur de la lutte antidopage pour que notre sport puisse continuer à vivre. Ce combat reste d’actualité alors que la professionnalisation toujours plus poussée des équipes se matérialise dans des méthodes d’entraînement toujours plus scientifiques, poussant les coureurs à leurs limites. Certains d’entre eux ont d’ailleurs déclaré qu’ils pratiquent un sport bien différent de celui de leur début de carrière.

C’est un signe positif d’un cyclisme toujours en quête de maturité, ouvert au progrès mais qui n’a pas pour autant renié son esprit de pratique à dimension humaine, proche de ses supporters, accessible au plus grand nombre et convivial. Pourtant, les performances extraordinaires de certaines têtes d’affiche ont ravivé le spectre de la triche auprès de certains suiveurs. Vigilant quant aux pratiques dopantes, le MPCC n’a pas tardé à tirer la sonnette d’alarme, à la mi-2024, lorsque des usages médicamenteux détournés (utilisation du Tapentadol, réputé plus puissant que le Tramadol, interdit par l’AMA) ou des méthodes d’amélioration de la performance aux limites du dopage (inhalation de monoxyde de carbone) se sont fait jour. Ces pratiques montrent que pour certains « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » et qu’ils ne veulent pas être « acteurs de la lutte anti-dopage ». Cela attise malheureusement la suspicion sur nos athlètes et notre sport.

Être acteur de la lutte antidopage

DES ECLAIRCISSEMENTS NECESSAIRES SUR CERTAINES PRATIQUES

Face à ces menaces pour la crédibilité du cyclisme, nous souhaitons que de nouvelles lignes rouges soient clairement tracées. Le MPCC et ses membres restent dans l’attente des résultats d’une étude d’impact sur les corps cétoniques et rappelle qu’il déconseille, comme l’UCI, son utilisation depuis 2019, en attendant les résultats de cette étude. Ils espèrent également que l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) prenne rapidement position, notamment sur l’inhalation du monoxyde de carbone. Le MPCC a formellement demandé à l’AMA, le 19 novembre 2024, l’interdiction rapide de ces pratiques. Sans réponse à ce jour. Le monoxyde de carbone comporte un risque potentiellement mortel en cas de prise non contrôlée et son inhalation se trouve, dans le même temps, en zone grise sur les méthodes interdites. En effet, le monoxyde de carbone empêche le sang de transporter l’oxygène, favorisant ainsi l’hypoxie recherchée dans les stages en altitude. Son traitement pourrait entrer dans la catégorie « Manipulation de sang ou de composants sanguins » établie par l’AMA. La prudence reste donc de mise, non seulement pour la probité des compétitions mais aussi la santé des coureurs, acteurs en premier lieu du cyclisme.

Dans ce contexte, nous avons finalement dénombré 22 cas de dopage et/ou fraude sportive chez les professionnels sur route, piste, VTT et BMX ainsi qu’en paracyclisme au niveau international. Le bilan 2024 est ainsi inférieur aux 28 cas recensés en 2023. Pour près des deux tiers, les sportifs incriminés couraient à l’échelle Continental au moment de leur contrôle positif ou de leur infraction à un règlement sportif. Deux de ces coureurs évoluaient à l’échelon World Tour et dans des équipes membres de notre mouvement, au moment de la révélation de ces cas. Ces formations ont strictement appliqué notre règle n°1 : mettre immédiatement à pied un coureur lors de l’annonce de son contrôle positif.

LE TENNIS EN EAUX TROUBLES

Cependant, le MPCC regrette que d’autres équipes, non-membres, n’aient pas eu une attitude plus stricte vis-à-vis de certains coureurs suspendus, qui ont rapidement pu retrouver le chemin de la compétition après avoir purgé leur peine pour dopage. Là encore, ce n’est pas être « acteur de la lutte anti-dopage ». L’actualité de ces derniers mois nous renforce donc dans notre positionnement sur l’antidopage, pour le cyclisme mais plus largement pour le sport en général. Le cyclisme n’est que le neuvième sport le plus touché, loin derrière l’athlétisme (172 cas recensés) et les sports de force (92 cas en haltérophilie, 66 en force athlétique). La tendance à la hausse s’est confirmée pour le MMA (27 cas), dont les chiffres peuvent être expliqués par la légalisation en France de cette discipline depuis le 1er janvier 2020 et donc la multiplication des tournois, susceptibles d’être contrôlés par l’AFLD. Les cas de dopage sont plus importants, à la fois dans l’Hexagone et aux Etats-Unis, qui restent le centre névralgique de ce sport.

Cet état des lieux du dopage en 2024 ne pouvait être conclu sans les secousses qui ont touché l’élite du tennis, masculin et féminin, puisque deux de ses stars ont été citées dans des affaires : Jannik Sinner, n°1 mondial contrôlé positif au clostébol en mars puis blanchi par l’ITIA, l’Agence internationale pour l’intégrité du tennis, et Iga Swiatek, considérée comme la meilleure joueuse de terre battue au monde et elle aussi n°1 mondiale au cours de l’année passée. La Polonaise a été suspendue un mois pour une contamination à la trimétazidine. Pour le cas Sinner, l’AMA a d’ores et déjà choisi de faire appel de la décision (procédure d’arbitrage les 16 et 17 avril auprès du Tribunal arbitral du sport).

L’AMA CHAHUTEE

L’instance garante de la lutte contre le dopage au niveau mondial, dont la crédibilité est attaquée depuis plusieurs années par son homologue américain (USADA), fait également face à plusieurs challenges : rassurer sur son efficacité après le scandale des nageurs chinois, mis sous le tapis pendant trois ans puis révélé par la presse au printemps dernier, faire face au refus du Bureau national de contrôle des drogues (ONDCP) de verser la contribution américaine au budget 2025 ou encore veiller à ce que le Code mondial soit respecté par un maximum de pays, ces derniers devant adapter leurs législations sous peine de mettre en péril la participation de leurs athlètes à des événements internationaux.

Ces défis montrent que la lutte contre le dopage peut parfois être une gageure, tant elle nécessite des moyens financiers importants et une unité de tous les acteurs du sport (associations sportives, athlètes, fédérations, organisateurs d’événements). Le discours et l’attitude doivent être sans complaisance envers les tricheurs car il en va de la crédibilité du sport dans son ensemble. Ce sont pour toutes ces raisons que le MPCC insiste pour que chacun devienne « acteur de la lutte antidopage ». Car c’est par ce chemin que le match sera gagné.

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Nos voeux pour 2025

Le Président du MPCC Roger Legeay et l’ensemble des membres du mouvement vous souhaitent leurs meilleurs vœux pour l'année 2025. Nous espérons être encore plus nombreux à être acteurs de la lutte antidopage, engagés dans ce combat de tous les instants et investis pour la crédibilité du cyclisme.

Bonne année à toutes et à tous !


Invitations World Tour féminin & adhésions au MPCC : Des disparités selon les organisateurs

A l’instar du World Tour masculin, le MPCC livre pour la première fois un récapitulatif des invitations aux courses du circuit World Tour féminin. L’analyse de ces chiffres se veut distinctive de celle de l’élite masculine car le cyclisme professionnel chez les dames est à un stade de développement différent mais en forte croissance.

Ainsi, 16 équipes féminines sont membres de notre mouvement : 4 World Teams et 12 équipes continentales. Sur ces 12 formations, 7 deviendront des Women’s Pro Teams, la nouvelle division intermédiaire créée entre le Women’s World Tour et le niveau Continental, à compter de la saison prochaine. Toutes les équipes Pro Team féminines seront membres du MPCC, un état de fait dont nous nous réjouissons et qui nous incite à maintenir notre combat contre le dopage tout en agissant pour un cyclisme plus crédible.

Pour l’année 2024, le nombre d’invitations aux courses « World Tour » pour les équipes labellisées « MPCC » ont connu des niveaux disparates, signe que le cyclisme professionnel féminin cherche encore son équilibre. Si les courses tenues par Amaury Sport Organisation, telles que Paris-Roubaix Femmes et Liège-Bastogne-Liège Femmes, et celles organisées par Flanders Classics, comme le Tour des Flandres et Gand-Wevelgem, ont atteint 90% voire 100% d’invitations « MPCC », d’autres sont encore loin du compte. Nous souhaitons donc que ces organisateurs et équipes non-membres deviennent actrices de la lutte antidopage pour accompagner le développement du cyclisme féminin.


Sur les 227 invitations attribuées lors des 27 courses du calendrier World Tour féminin en 2024, 63% l’ont été pour des groupes sportifs membres de notre mouvement. Si le nombre d’équipes MPCC peut sembler bas, ces mêmes équipes évoluent, en revanche, à un très haut niveau. Dans le même temps, nous lançons un appel aux équipes du World Tour féminin, qui partagent nos valeurs mais qui ne sont pas encore membres à nous rejoindre. Avec la promotion d’Emily Brammeier*, lors de notre dernier conseil d’administration, au poste de vice-présidente, le MPCC confirme son engagement à suivre le cyclisme féminin dans son évolution, toujours sous le signe de la responsabilité et de l’équité du sport.

* Emily Brammeier est directrice de la communication du Team DSM Firmenich-PostNL et membre à titre individuel du MPCC

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