Après une année 2025 particulièrement animée sur le front de la lutte antidopage, 2026 a démarré dans un calme relatif. Près de 170 cas de dopage et de fraude sportive ont été révélés dans une trentaine de disciplines au cours du premier trimestre. Seulement cinq l’ont été dans notre sport. Malgré ces chiffres, le combat contre la triche reste d’actualité.

Depuis plusieurs saisons, le nombre d’affaires de dopage impliquant des équipes du World Tour sont en déclin constant : 4 en 2019, 4 en 2023, 1 seul en 2025 selon les dernières mentions parues dans les Chiffres de la Crédibilité. Ainsi au premier trimestre, seuls 5 cyclistes professionnels ont été contrôlés positif ou suspendus pour un manquement aux règles antidopage.

– 1 coureur d’un Pro Team contrôlé positif hors compétition
– 2 coureurs évoluant à l’échelon Continental et confondus par leur passeport biologique
– 1 coureuse évoluant à l’échelon Continental
– 1 athlète sanctionnée pour manquement aux règles de localisation

Ces chiffres sont dans la droite lignée de la tendance constatée depuis plusieurs années, à savoir entre 20 et 30 cas de dopage et/ou fraude sportive par an. Si la majorité des cas relevés dans les Chiffres de la Crédibilité impliquent des coureurs de niveau Continental, le cas du coureur Pro Team rappelle malgré tout que les athlètes du plus haut niveau ne sont pas à l’abri de la triche. A l’issue du premier trimestre 2026, le cyclisme est également le neuvième sport le plus cité dans des affaires de dopage et de fraude sportive, loin derrière l’athlétisme (33), le tennis (13) et la force athlétique (12).

Mais derrière ces chiffres, se cachent plusieurs réalités. Certes, le passeport biologique imposé à toutes les équipes professionnelles depuis près de 20 ans a prouvé son efficacité, permettant récemment de déceler le dernier cas de dopage en date dans l’élite (en attente d’une décision définitive pour le coureur incriminé). Les budgets croissants ont permis le recrutement d’un personnel technique de plus en plus qualifié pour le suivi de la performance des athlètes, l’amélioration des méthodes d’entrainement, de l’étude de la biomécanique des coureurs par du personnel spécialisé à une nutrition adaptée voire individualisée pour chaque coureur, ou encore la réduction du nombre de jours de course par coureur ont permis de mieux encadrer et de mieux entretenir la santé des athlètes, à court et moyen terme. Et même si nous avons constaté certains progrès, il est essentiel que nous continuions à faire évoluer et à améliorer nos systèmes antidopage afin qu’ils soient plus solides et plus avancés que ceux qui sont prêts à tricher.

VIGILANCE SUR LES ZONES GRISES

Ces progrès techniques, pour ne pas dire scientifiques, témoignent de la professionnalisation toujours plus importante de notre sport, de la fin d’un cyclisme dit « à la papa », replié sur lui-même et sur des méthodes d’entraînement héritées de décennies de travail empirique. Si le cyclisme a choisi la voie du progrès, il ne doit pas le faire à n’importe quel prix. Car d’autres réalités ont été mises à jour depuis une dizaine d’années et ont été les raisons d’un discours intransigeant et sans concession du MPCC sur les pratiques dopantes : la surmédicalisation de certaines équipes (notamment l’usage d’antidouleurs tels que le Tramadol, interdit en compétition), l’usage de substances améliorant la performance ou la récupération et dont les effets sur la santé sont loin d’avoir été validés scientifiquement, comme les cétones, l’emploi de méthodes d’optimisation de la performance considérées comme des « zones grises » (inhalation de monoxyde de carbone en stage d’altitude, masque à hypoxie), à la limite du dopage. Il est également essentiel que les principaux acteurs du monde sportif définissent clairement les limites de cette « zone grise », afin de protéger la santé des athlètes qui ne souhaitent pas la mettre en danger en prenant des médicaments, initialement destinés à soigner des personnes malades, dans le but d’améliorer leurs performances.

ENGAGEMENT DES COUREURS

Les efforts fournis par les acteurs du cyclisme après les différents scandales qui ont émaillé l’histoire du cyclisme ont été immenses. Managers d’équipes, coureurs, organisateurs de course, instances dirigeantes et sponsors, en particulier, ont été actifs pour bannir le dopage et tenter de mettre fin à une forme de « culture », qui est restée trop longtemps impunie. Les résultats sont là mais la prudence doit rester de mise face aux changements rapides qui sont à l’œuvre depuis quelques années. La crédibilité des coureurs et de leurs managers d’équipe doit être au cœur de nos préoccupations car c’est elle qui a permis de restaurer l’image du cyclisme, son développement et son expansion, notamment vers son pendant féminin.

Avec près de 400 coureurs(ses) professionnels(les) engagés à titre individuel, le MPCC dispose d’une large base d’adhésion à ses valeurs. Mais ses membres peuvent faire davantage en diffusant ces valeurs à un maximum d’acteurs, qu’ils soient des coéquipiers ou camarades de course non-membres, en prenant la parole publiquement sur les sujets de santé physique et mentale. Face à une évolution rapide du cyclisme professionnel, les nouvelles générations de coureurs et coureuses ont également un rôle à jouer car elles représentent l’avenir. Elles sont donc fortement encouragées à adhérer à notre mouvement pour rester en première ligne d’un cyclisme crédible.

Engagez-vous auprès du MPCC, rejoignez-nous
Soyez acteurs de la lutte contre le dopage  !

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