Focus sur les partants du Tour d'Italie 2024

Premier grand tour de la saison, le Tour d’Italie ne présente au départ qu’une moitié de ses équipes, adhérente au MPCC. Le nombre de membres à titre individuel reste, pour sa part, relativement stable.

La 107e édition du Tour d’Italie s’est élancée samedi depuis le Piémont avec seulement onze équipes membres du MPCC, sur les vingt-deux partantes. Trois des quatre Pro Teams invitées sont membres de notre association : Israel-Premier Tech, Tudor Pro Cycling Team et VF Group-Bardiani CSF-Faizanè. La formation italienne, qui prend part à son quinzième Giro consécutif, nous a rejoint il y a sept ans. De son côté, Tudor Pro Cycling Team est l’une des dernières équipes à s’être engagée pour un cyclisme crédible, il y a près d’un an.

Sur le plan individuel, le peloton du Giro dénombre 53 coureurs membres à titre individuel du MPCC, venant de 18 formations différentes. Ces chiffres confirment une certaine stabilité dans le contingent présent au départ des grands tours depuis environ deux ans (entre 50 et 55 coureurs). En revanche, le nombre de formations représentées indique qu’il est possible de s’engager auprès du MPCC, indépendamment de son employeur.

Nous souhaitons donc que les coureurs membres encouragent leurs coéquipiers mais aussi leurs employeurs à rejoindre notre association, tout en soulignant que l’adhésion à nos valeurs se fait sur la base du volontariat.

Le MPCC tient également à noter qu’un seul des 176 participants au Tour d’Italie a été suspendu par le passé. Deux autres coureurs ont été disqualifiés d’une course mais n’ont pas fait l’objet d’une suspension supérieure à six mois pour une violation des règles antidopage.

Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !


Chiffres de la Crédibilité : Un début d'année contrasté

A l’issue du premier trimestre, le MPCC a constaté six cas de dopage ou fraude révélés dans le cyclisme et reste vigilant quant à la situation globale de la lutte contre la triche, tous sports confondus.

Année olympique oblige, les sportifs de haut niveau sont placés sous le feu des projecteurs. Par leurs fédérations nationales et comités olympiques, qu’ils représentent, les partenaires, qui les soutiennent depuis plusieurs années pour certains d’entre eux, et les supporters, impatients de les voir à l’œuvre pour plusieurs semaines de fête, de compétition intense mais aussi de représentation des valeurs de l’olympisme : l’amitié, le respect et l’excellence.  Dans ce contexte, la vigilance doit être redoublée pour que la probité des performances reste respectée.

Depuis plusieurs mois, l’Agence mondiale antidopage (AMA), l’Athletics Integrity Unit (AIU) et l’International Testing Agency (ITA) ont multiplié les initiatives pour maintenir une certaine exigence dans la lutte antidopage. A titre d’exemple, plusieurs agences nationales ont été déclarées non-conformes au Code mondial antidopage (Tunisie, Venezuela, Nigeria entre autres) et le laboratoire en charge d'une partie des contrôles en Afrique du Sud a été suspendu provisoirement. Mais ce travail de veille constant ne suffit pas toujours.

Au début de l’année, un scandale retentissant a mis un coup sérieux à la lutte contre la triche, celui visant l’agence nationale espagnole (CELAD). Les révélations faites par la presse ont évoqué des AUT rétroactives, un traitement médical par intraveineuse (méthode interdite par l’AMA depuis 2005) ou encore des vices de procédure permettant à certains sportifs de ne pas être sanctionnés. Cette affaire confirme ainsi que la lutte antidopage est un combat de tous les instants pour la crédibilité du sport.

Recrudescence de cas en Inde

Au 31 mars, l’athlétisme et les sports de force figuraient toujours en haut du « palmarès » des Chiffres de la Crédibilité avec 39 cas de dopage et/ou fraude révélés au premier trimestre pour les spécialistes du tartan, 40 pour l’haltérophilie et 27 pour la force athlétique. Les chiffres de l’haltérophilie sont à relativiser puisque 16 cas ont été rendus publics suite à des analyses de données du LIMS (Système de gestion de l’information du laboratoire) de Moscou.

Sur le plan national, l’explosion du nombre d’affaires de dopage en Inde est particulièrement préoccupante (49) et peut partiellement être expliquée par une vague de contrôles effectués lors des Jeux Nationaux qui se sont déroulés en octobre et novembre dernier. La France (10 cas) a, quant à elle, été secouée par la révélation du contrôle positif de l’une de ses chefs de file en escrime, Ysaora Thibus, et la suspension de la multiple championne de France au javelot, Alexie Alaïs.

Deux ex-coureurs World Tour positifs

Pour sa part, le cyclisme a connu un premier trimestre contrasté avec six cas de dopage et/ou fraude sportive. Deux cas de fraude, assez atypiques, concernent la formation féminine Continental Cynisca Cycling. Le 9 juillet 2023, l’un de ses directeurs sportifs (désormais suspendu jusqu’à fin 2025) a intimé à quatre de ses coureuses de mentir sur la présence de la cinquième participante de l’équipe à l’Argenta Classic (1.1). Une mécanicienne a été envoyée, en lieu et place, pour permettre à son équipe de prendre le départ. Ces fausses informations transmises aux commissaires de course ont ainsi été sanctionnées.

Le MPCC s’interroge surtout sur les deux cas d’Antwan Tolhoek, contrôlé positif à des stéroïdes anabolisants en novembre (annonce le 7 février dernier) alors qu’il s’apprêtait à quitter la formation World Tour Lidl-Trek, et de Franck Bonnamour, dont le passeport biologique présentait des anomalies selon l’UCI (cas requalifié en « usage de méthodes et/ou substances interdites »). Ce dernier appartenait, au moment de l’annonce de sa suspension provisoire, à l’une des équipes fondatrices de notre mouvement, Décathlon-AG2R La Mondiale. Même si la période incriminée (2016-2022) ne couvre pas celle pendant laquelle Franck Bonnamour était lié avec la formation savoyarde, Décathlon-AG2R La Mondiale a appliqué à la lettre nos règles fondamentales en suspendant rapidement le coureur, finalement licencié le 26 mars dernier.

Ces deux cas visant d’anciens coureurs du World Tour rappellent aux managers d’équipes, au personnel encadrant, aux coureurs d’être particulièrement actifs, de ne pas laisser leurs coureurs ou leurs partenaires d’entraînement livrés à eux-mêmes face au fléau du dopage. C’est en partie pour ces raisons que le MPCC encourage toutes les composantes du cyclisme professionnel à être « actrices de la lutte antidopage ». Nos équipes membres montrent le chemin depuis plusieurs saisons en comptant notamment 15 des 17 équipes de la division « ProTeams ». 8 des 18 formations du World Tour ont également souscrit aux valeurs et aux règles du MPCC, ce qui est une base solide mais encore insuffisante pour l’élite du cyclisme mondial. Nous souhaitons également que d’autres formations de l’échelon Continental (féminines et masculines) s’engagent à nos côtés, pour que la flamme d’un cyclisme crédible reste allumée.

 


Doltcini O'Shea s'engage avec le MPCC

Quelques jours après Lifeplus – Wahoo, une nouvelle formation féminine professionnelle a décidé de rejoindre le MPCC en cette année 2024 : Doltcini - O’Shea. L’équipe, de niveau Continental, compte 17 coureuses représentant 8 nationalités et compte notamment dans ses rangs l’expérimentée britannique Hayley Simmonds (victoire d’étape sur le Tour de Thuringe 2017), ses compatriotes et espoirs Niamh Murphy (3e du Tour des Flandres juniors 2022) et Matilda McKibben, l’Irlandaise Kelly Murphy ainsi que la multiple championne d’Israël sur route Omer Shapira, transfuge d’EF Education-Cannondale, autre membre du MPCC.

Son représentant Patrick Hayes déclare : « Nous souhaitons rejoindre le MPCC parce que nous pensons qu'il est important que le cyclisme soit un sport équitable, que la santé des participants soit protégée et qu'aucun médicament améliorant la performance ne soit utilisé, ni aucun traitement médical mal utilisé pour obtenir un avantage. En tant que très petite équipe, peut-être celle de l’UCI avec le plus petit budget, nous pensons qu'il est important que toutes les équipes soient totalement transparentes, qu'il est important de suivre des règles et de ne pas utiliser de substances qui ne sont pas encore interdites ou à des doses inférieures aux limites officielles et que les grandes équipes n'utilisent pas à mauvais escient les ressources médicales à leur disposition. Bien que nous ne soyons qu'une petite équipe, nous pensons qu'il est important que toutes les équipes soutiennent le MPCC, pas seulement les grandes. »

Cette nouvelle adhésion doit encourager les autres équipes féminines de niveau Continental et également celles du World Tour à venir nous rejoindre pour être des acteurs forts et crédibles du cyclisme professionnel.


Chiffres de la Crédibilité : une année difficile pour le sport en général

A l’occasion du bilan 2023 des « Chiffres de la Crédibilité », le MPCC prend note de la trentaine de cas de dopage révélés dans notre sport. Malgré ce chiffre stable par rapport à 2022, notre groupement rappelle qu’il est plus que jamais légitime dans la lutte contre le dopage.

Le livre de l’année 2023 s’est refermé il y a quelques jours avec un constat clair : les cas de dopage révélés dans le sport de haut niveau, qu’ils le soient par des enquêtes de police, de journalistes, par des instances antidopage indépendantes des fédérations internationales ou par des agences nationales antidopage, sont en augmentation. Nous avons recensé l’année dernière 620 cas de dopage dans le sport de haut niveau contre 587 en 2022, soit une augmentation d’environ 6%.

Certains sports sont touchés par cette hausse : l’athlétisme, toujours en haut de l’affiche, avec 151 cas (contre 133 en 2022) révélés par les agences nationales, la presse, ou l’AIU (Athletics Integrity Unit) ; ou encore le MMA (15 contre 12), violemment secoué par des scandales impliquant certaines de ses stars (Usman Nurmagomedov, Conor McGregor) et notamment la fin de la collaboration entre l’USADA, l’agence antidopage américaine, et l’UFC, la plus grande ligue mondiale de MMA, effective depuis le 1er janvier.

Le fléau du dopage commence également à émerger en Inde, l’un des pays les plus cités dans les cas de l’année 2023 et marqué par des scènes surréalistes de fuites d’athlètes, se substituant à des contrôles urinaires lors du championnat régional de l’Etat de Delhi, en septembre dernier.

Enfin, le cas du football (45 cas contre 17) reste à relativiser puisque nous relevons également les affaires de fraude sportive. Le 16 novembre dernier, la Ligue de football professionnel (LFP) a publié une liste de plusieurs dizaines de joueurs condamnés à des matches de suspension (ferme ou avec sursis) et à des amendes pour des paris (interdits par le Code du sport) effectués lors de la saison 2022-2023. Les coupables sont majoritairement de jeunes aspirants (18 à 23 ans) évoluant dans des clubs de Ligue 1, Ligue 2 et National 1.

UN NOMBRE DE CAS STABLE EN CYCLISME

Et dans ce climat délétère pour un sport de haut niveau propre, le cyclisme a déploré 28 cas de dopage, soit un niveau plus ou moins similaire à celui de 2022 (29 cas). Cependant, l’année 2023 a été marquée par quatre affaires qui concernaient des coureurs du World Tour :

2 contrôles positifs rétroactifs

- Miguel Angel Lopez, dont le contrôle remontait à la période préparatoire au Tour d’Italie 2022
- Robert Stannard, notifié d’une « violation des règles antidopage » par l’UCI dans le courant du mois de juin mais pour une période incriminée remontant aux saisons 2018 et 2019

Et :

- Michel Hessman, suspendu par son équipe pour un contrôle positif à un diurétique
- Alex Baudin, contrôlé positif par l’UCI au Tramadol lors de la dernière édition du Tour d’Italie et déclassé de l’épreuve

Notons également que le Tramadol est sur la liste de l’AMA des produits interdits uniquement depuis le 1er janvier 2024.

Lors de l’assemblée générale de notre mouvement, le 23 octobre dernier, nous rappelions à juste titre que le climat suspicieux autour de notre sport était toujours latent. Les grandes formations qui dominent le World Tour qui ne sont pas membres de notre mouvement sont invitées à nouveau à nous rejoindre et être actrices de la lutte anti-dopage. Le MPCC reste ouvert à tous : coureurs, managers, personnels encadrants, agents de coureurs ou sympathisants de notre sport. Mais il engage à respecter des règles strictes et nécessaires pour que le cyclisme de haut niveau reste crédible. Il est primordial d’être acteur dans la lutte antidopage, ce que nous avons fait en effectuant des tests réguliers de cortisolémie ; en poussant à l’interdiction du Tramadol, ajouté à la liste des produits prohibés par l’AMA depuis le 1er janvier ; en promouvant l’action de l’ITA (International Testing Agency), etc.

Deux tiers des équipes professionnelles masculines font confiance au volontariat du MPCC et nous encourageons aussi vivement les acteurs du cyclisme féminin à nous rejoindre pour que cette nouvelle année soit placée sous le signe d’une crédibilité renforcée, auprès du grand public, de nos supporters et de nos partenaires.


Garder la lumière allumée

Le MPCC dévoile ce jour une vidéo éducative d’une vingtaine de minute, intitulée “Garder la lumière allumée”. Ce fut le mot d’ordre de tous nos membres depuis 2007 : tenir ce rôle d’acteur pour la crédibilité de notre sport. Et c’est en ce sens que cet hiver encore, le MPCC a formellement et fortement renouvelé son invitation aux plus grandes équipes mondiales de rejoindre le mouvement, et ainsi “agir” dans la lutte contre le dopage.

Dans ce cadre, il est apparu nécessaire au MPCC de faire un état des lieux avec tous les acteurs majeurs de la lutte antidopage dans le cyclisme, notamment ITA, l’UCI et ASO, que le mouvement remercie pour leur soutien et leur disponibilité pour produire cette vidéo.

“Garder la lumière allumée” est un contenu pédagogique. La lutte contre le dopage est un sujet où il est vital d’être pédagogue, en prenant en compte la véritable méconnaissance qui peut exister autour de ce sujet. Ainsi, notre mouvement a souhaité, pour lancer sa 18e année d’existence, expliquer davantage ses combats. Cette vidéo est un outil de sensibilisation, de lutte, présente comme future.

 


Lifeplus Wahoo rejoint le MPCC

Le MPCC est fier et heureux d’annoncer l’adhésion d’une équipe, la formation britannique Lifeplus Wahoo, de niveau continental féminin. L’effectif de 11 coureuses compte notamment dans ses rangs l’espoir tchèque Kristyna Burlova (21 ans, vice-championne nationale sur route Elite) et l’expérimentée Alicia Gonzalez, 3e de la Classique Morbihan en 2018. 15 équipes féminines sont désormais membres du MPCC (4 de niveau World Tour, 11 de niveau Continental).

Pour Bob Varney, directeur adjoint de l’équipe : “ Chez Lifeplus Wahoo, nous avons le désir de rejoindre le Mouvement pour un cyclisme credible et souhaitons contribuer à la promotion de l’intégrité dans notre sport. Nos valeurs sont fortement liées avec les principes promus par le MPCC, notamment l’engagement envers un sport propre, envers la santé des athletes et la défense de normes éthiques. En devenant membres, nous approuvons les yeux fermés ces principes que nous avons portés pendant les neuf dernières années d’existence de notre équipe et nous partageons sincèrement les règles éthiques du MPCC.”


Meilleurs voeux pour 2024

Le Président du MPCC Roger Legeay et l’ensemble des membres du mouvement vous souhaitent leurs meilleurs vœux pour la nouvelle année. En 2024, soyons encore plus nombreux à être acteurs de la lutte antidopage et de la crédibilité du cyclisme.


Invitations World Tour et adhésion au MPCC : RCS Sport fait de la résistance

Comme chaque année, le MPCC fait le bilan des invitations adressées par les organisateurs des courses WorldTour aux ProTeams, qu’elles soient ou non membres de notre association.

Le nombre d’adhérents venant du deuxième échelon mondial s’est de nouveau élargi au cours de la saison 2023 pour atteindre 16 équipes sur les 18 que compte cette division. Seules Eolo-Kometa et Bolton Equities-Black Spoke, qui quittera le niveau ProTeam à l’issue de la saison, n’ont pas encore adhéré. Cet état de fait a permis à une très large majorité de courses d’avoir toutes ses équipes invitées, membres du MPCC. C’est aussi le résultat du travail que notre mouvement mène depuis plusieurs années pour que tous les sésames accordés sur les plus grandes courses du monde soient décernés exclusivement à des équipes actrices dans la lutte antidopage et engagées pour un cyclisme encore plus crédible.

Sur les 196 invitations octroyées par les 35 courses du WorldTour, seules 19 d’entre elles l’ont été pour des formations non-membres ou des équipes nationales. Pour la cinquième année consécutive, la part d’équipes invitées sur les courses WorldTour reste donc supérieure à 90%. Mais la tendance présente en 2022 a persisté en 2023 puisque les organisateurs de l’UAE Tour, des Strade Bianche, de Tirreno-Adriatico, de Milan-San Remo, du Tour d’Italie ou encore du Tour de Lombardie ont invité des formations qui n’ont pas ou ne nous avaient pas encore rejoints, à l’instar de Tudor Pro Cycling Team, qui a fait le choix fort de s’engager auprès de notre mouvement le 24 mai dernier.

Ces courses sont labélisées « RCS Sport », qui n’a toujours pas fait de l’adhésion au MPCC, une condition sine qua non pour l’obtention d’une invitation, contrairement à Amaury Sport Organisation (organisateur du Tour de France, de Paris-Nice, de Paris-Roubaix et du Critérium du Dauphiné notamment) et Flanders Classics (organisateur des principales classiques flandriennes dont le Tour des Flandres). Les deux organisateurs ont atteint les 100% de « wild cards » MPCC cette saison.

Avec les équipes, fondatrices de notre mouvement, et les coureurs, les organisateurs de courses doivent également être acteurs de la lutte antidopage. En ce sens, notre mouvement espère que RCS Sport, pilier du WorldTour, adhère à notre philosophie et conditionnera l’accès futur à ses courses à une adhésion au MPCC.


Chiffres de la crédibilité : 14 cas présumés…en 4 mois

Pour la deuxième publication cette année des « Chiffres de la Crédibilité », le MPCC a pris note de la quinzaine de cas supplémentaires ayant entaché le cyclisme professionnel au cours des quatre derniers mois. Ces révélations rappellent à quel point le combat contre le dopage doit rester une constante de notre sport.

Entre le 1er mai et le 31 août, nous avons recensé près de 200 cas de dopage présumés dans le monde du sport, de niveau national ou international, révélés par des agences nationales, des fédérations ou des articles de presse. L’athlétisme reste en tête de liste avec près d’un quart des cas. Mais cette réalité ne signifie pas pour autant que ce sport demeure le « parent pauvre » de la lutte antidopage. L’organisation indépendante Athletics Integrity Unit (AIU) produit un travail considérable depuis sa fondation en avril 2017 pour encourager les athlètes à respecter les règles et dissuader les tricheurs.

A l’échelle des nations, le nombre important de cas de dopage visant des athlètes sud-africains, au cours des quatre derniers mois, s’explique par une plus grande transparence de la SAIDS, l’agence sud-africaine antidopage, sur les infractions commises. Cette transparence reste un maître-mot pour la restauration de la crédibilité du sport de haut niveau.

C’est dans ce contexte que le MPCC a pris note des quatorze nouveaux cas de dopage présumés visant des cyclistes et encadrants professionnels, depuis le mois d’avril. Circonstance aggravante : quatre d’entre eux concernent des coureurs du World Tour : Alex Baudin, Robert Stannard, Miguel Angel Lopez et Michel Hessmann. C’est la première fois depuis quatre ans qu’autant de cas impliquant des coureurs de l’élite mondiale sont révélés sur une si courte période. En 2019, l’année s’était soldée par cinq cas évoluant à ce niveau (dont quatre avaient été démasqués par l’opération policière Aderlass).

Si l’on s’intéresse dans le détail aux quatre cas révélés ces derniers mois, on notera que deux d’entre eux n’appartiennent plus à la même équipe depuis le contrôle ayant déclenché leur procédure disciplinaire. Miguel Angel Lopez évolue cette saison pour une équipe de niveau Continental. La période incriminant le grimpeur colombien remonte aux semaines précédant le Tour d’Italie 2022, lors de sa dernière année de compétition au sein de la World Team Astana. Concernant Robert Stannard, le coureur de la formation Alpecin-Deceuninck (membre du MPCC), a été notifié par l’UCI d’un « usage de méthodes et/ou substances interdites » lors des saisons 2018 et 2019. L’Australien défendait à l’époque les couleurs d’une World team non-membre du MPCC : Mitchelton-Scott.

Le 31 juillet, c’est le Français Axel Baudin qui a été mis à pied à titre conservatoire par son équipe AG2R-Citroën, suite à la présence de tramadol relevée par un contrôle lors du dernier Giro. Sa formation, membre fondatrice du MPCC, a ainsi appliqué une des règles fondamentales de notre mouvement : retirer un coureur des compétitions dès la notification d’un contrôle positif. Deux semaines plus tard, l’Allemand Michel Hessmann a lui aussi été suspendu par son équipe (Jumbo-Visma), après un contrôle positif, hors-compétition réalisé le 14 juin dernier par l’agence nationale antidopage (NADA) de son pays.

Dans l’attente de l’issue des procédures entamées, il serait hâtif de tirer des conclusions sur le World Tour à partir de ces dernières révélations. Mais loin des récentes rumeurs et des soupçons, cette augmentation notable des procédures au plus haut niveau en 2023 est irréfutable (1 seul en 2022, 0 en 2021, 2 en 2020) et interpelle le MPCC. Il en va de la santé des coureurs et de la crédibilité du cyclisme professionnel. Ces révélations rappellent la justesse de la démarche de notre association, continuellement engagée en faveur de l’équité et de l’éthique dans notre sport. Elles soulignent également la responsabilité pour les coureurs, les managers, les personnels d’équipes d’être acteurs dans la lutte antidopage. A ce titre, nous saluons les seize équipes féminines qui nous ont rejoints depuis une décennie. La popularité grandissante du circuit féminin UCI est une très bonne nouvelle pour le cyclisme mais elle doit également s’accompagner de garde-fous tels que le MPCC. Enfin, nous invitons les équipes professionnelles, non-membres, et leurs coureurs, à titre individuel, à nous rejoindre.


Start-list Vuelta : dans la continuité du Tour

Troisième et dernier Grand Tour de la saison, le Tour d’Espagne comptait à son départ à Barcelone treize formations membres du Mouvement pour un cyclisme crédible. A l’instar du dernier Tour de France, la Vuelta présentait neuf membres de l’échelon WorldTour et quatre de niveau ProTeam.

Cinquante-trois coureurs adhérents à titre individuel ont pris le départ de la course. C’est, à un élément près, le même nombre de membres qui s’étaient élancés sur les routes de la Grande Boucle, à la fin du mois de juin.

Le MPCC tient tout particulièrement à saluer l’engagement de longue date pris par l’équipe Caja Rural – Seguros RGA. Cette dernière, managée par Juan Manuel Hernandez, est l’une des premières de niveau ProTeam (ex-Continental Pro) à s’être engagée auprès de notre mouvement, il y a dix ans maintenant. L’autre formation espagnole invitée, Burgos-BH, est également engagée auprès du MPCC, depuis 2018, soit deux ans avant son accession à la deuxième division.

Les quatre équipes espagnoles (Burgos-BH, Caja Rural – Seguros RGA, Kern Pharma et Euskaltel-Euskadi) de niveau ProTeam sont toutes membres de l’association. C’est un signe de la volonté du cyclisme professionnel ibérique d’améliorer sa crédibilité auprès des suiveurs et du grand public.

Parmi les 176 coureurs qui ont débuté la Vuelta, un seul a purgé une suspension par le passé et n’est pas membre d’une équipe adhérente au MPCC. Le mouvement rappelle ainsi l’engagement de ses équipes à ne pas recruter de coureurs ayant été impliqués dans des affaires de dopage dont la durée de la suspension a été supérieure à six mois.


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