Les partantes du Tour de France Femmes au crible
Après la quinzaine olympique, marquée par les inoubliables images de ferveur entourant les épreuves masculine et féminine sur route dans Paris, le circuit féminin reprend ses droits à l’occasion du troisième Tour de France Femmes. L’élite du peloton s’affrontera sur 950 kilomètres de course et huit étapes, de Rotterdam (Pays-Bas) à la mythique ascension de l’Alpe-d’Huez, qui accueillera pour la première fois l’épreuve.
Au départ ce lundi, 20 coureuses membres du MPCC à titre individuel s’engageront sur ce Tour. Parmi les partantes figurent Alison Jackson, lauréate de Paris-Roubaix Femmes en 2023 et membre depuis six ans de notre mouvement, Juliette Labous, l’un des fers de lance du cyclisme féminin français, ou encore Lorena Wiebes, une des meilleures sprinteuses au monde. Chacune d’entre elles prouve que l’on peut être une grande championne tout en étant engagé dans la lutte contre le dopage.

Ce sont également dix équipes, sur les vingt-deux que compte ce Tour de France Femmes, qui ont fait le choix de nous rejoindre. En début de saison, le MPCC a accueilli de nouvelles formations féminines de niveau Continental mais le chemin reste encore long pour qu’une part bien plus significative du peloton soit acteur d’un cyclisme plus crédible, à la fois sur les questions de dopage mais aussi sur la professionnalisation du cyclisme féminin. Notre mouvement suit avec attention son développement et encourage les autres équipes, coureuses et personnels encadrants à venir nous rejoindre.

Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !
Chiffres de la Crédibilité : la vigilance reste de mise
Au cœur de cette année riche en événements sportifs, le MPCC fait un nouveau point sur les Chiffres de la Crédibilité. Avec 11 cas révélés au cours des six premiers mois, le cyclisme est loin d’être le sport le plus touché par le dopage mais des événements récents incitent à la plus grande vigilance.
Depuis dix-sept ans, le Mouvement pour un cyclisme crédible n’a cessé d’être à l’avant-garde de la lutte contre le dopage. En lançant dès 2008 des tests de cortisolémie au sein du peloton, en demandant le bannissement du Tramadol apparu au mitan des années 2010 (interdiction effective depuis le 1er janvier 2024 par l’AMA), en imposant à ses équipes membres de ne pas engager de coureur suspendu plus d’un an dans les deux années qui ont suivi sa suspension, le MPCC s’est voulu acteur de la lutte.
Et à quelques jours des Jeux de la XXXIIIe olympiade, le MPCC se réjouit de voir de nombreuses institutions se préparer à défendre haut et fort la crédibilité du sport de haut niveau. L’International Testing Agency (ITA) sera chargée d’analyser 6000 échantillons au cours des deux semaines de compétition (2000 pour les Jeux paralympiques). A titre de comparaison, environ 6200 échantillons avaient été prélevés lors des Jeux de Tokyo en 2021, moins de 3000 à Londres en 2012. Née en 2018, cette agence internationale avait pour but de renforcer la crédibilité de la lutte contre le dopage, en évitant notamment les soupçons de conflit d’intérêt entre organes de contrôle nationaux et athlètes, nés du scandale du rapport McLaren établissant un dopage d’Etat en Russie.
Le deuxième trimestre 2024 qui vient de se conclure a malheureusement conforté le MPCC dans son discours de vigilance constante face à ce fléau. Le 20 avril dernier, le New York Times et la chaine de télévision allemande ARD publiaient une enquête conjointe sur la dissimulation de 28 contrôles positifs (pour 23 athlètes) à la trimétazidine, lors d’un meeting de natation en Chine, en janvier 2021. Le scandale a rapidement pris de l’ampleur car certains des nageurs incriminés auraient ensuite participé et même remporté des médailles d’or aux JO de Tokyo. De plus, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a été pointée du doigt dans la gestion de cette affaire, entre retours d’information tardifs et procédures juridiques à respecter.
LA QUESTION DES MOYENS DE LA LUTTE
Dans le même temps, un autre pays alimente la chronique de l’antidopage : le Kenya. La multiplication du nombre de contrôles positifs (une soixantaine depuis le début de l’année) inquiète certains observateurs mais doit être mise en perspective avec les efforts sans précédent fournis par le gouvernement local pour « nettoyer les écuries » et améliorer l’image du pays dans les compétitions internationales. Ainsi, 25 millions de dollars ont été dépensés par l’ADAK (Agence antidopage du Kenya) au cours des cinq dernières années. Néanmoins, ces efforts pourraient être réduits à néant par le Trésor public local, qui a prévu une réduction drastique du financement des agences semi-indépendantes, dont l’ADAK, à hauteur de 30%.
Troisième pays le plus touché, selon nos chiffres, en 2024, le Kenya est un symbole de la lutte antidopage. Un combat qui demande un engagement fort des acteurs du sport, de la sphère politique mais aussi un investissement financier non négligeable. En France (22 cas recensés cette année), l’AFLD a notamment publié son rapport d’activité 2023 pour les chiffres du dopage 2022. Sur 12000 échantillons prélevés, 105 ont révélé des résultats anormaux et 70 dossiers ont donné lieu à des sanctions. Le cyclisme, deuxième sport le plus contrôlé de France derrière le rugby, cumulait 1632 prélèvements pour 0,86% de résultats anormaux.

LE SPECTRE DU TAPENTADOL
Dans le monde et pour les six premiers mois de l’année 2024, nous recensons finalement 11 cas de fraude sportive dans le cyclisme professionnel dont 9 de dopage. Le cas le plus récent ayant fait l’actualité a été celui d’Andrea Piccolo, coureur d’EF Education-EasyPost. Au mois de mars, la formation américaine, membre du MPCC, avait immédiatement suspendu l’Italian après avoir découvert l’usage d’un somnifère non-autorisé par le staff médical. Pire, Andrea Piccolo a été arrêté le 21 juin dernier par les douanes italiennes pour avoir transporté des hormones de croissance. EF Education-EasyPost a ainsi strictement appliqué l’une de nos règles : retirer un coureur de ses rangs dès son implication dans une affaire de dopage.
Si le cyclisme, contrairement aux idées reçues, ne figure pas en haut de la liste des sports les plus touchés, ce dernier cas souligne à quel point la lutte contre le dopage reste un combat de tous les instants. Le 12 juin dernier, le MPCC a envoyé une lettre à l’AMA pour faire part de l’émergence dans le peloton d’une nouvelle médication, le Tapentadol. Bien plus puissant que le Tramadol, cet opioïde a des effets analgésiques proches de la morphine et permet donc de repousser les seuils de la douleur.
Plus que jamais, nous demandons donc aux équipes qui songent à la santé de leurs coureurs et coureuses, à l’équité de la compétition, de rejoindre le MPCC. Managers, directeurs sportifs, personnels encadrants doivent être « acteurs de la lutte antidopage » pour consolider les acquis d’un passé proche, rester vigilant au présent et ne pas compromettre l’avenir de notre sport. Comme nous l’avons déjà signalé lors de notre documentaire produit en début de saison, illustrant les actions de l’ITA et de nos membres (équipes et coureurs), il reste nécessaire de « garder la lumière allumée ».
Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !
FOCUS SUR LES PARTANTS DU TOUR DE FRANCE
Le Tour de France s’élance samedi depuis l’Italie. Pour cette 111e édition, le MPCC dénombre une cinquantaine de coureurs membres à titre individuels. Un nombre stable depuis deux ans mais encore insuffisant pour une lutte crédible de tous les acteurs du cyclisme contre le dopage.
Le Tour de France 2024 a pris ses quartiers en Italie, à l’occasion du centième anniversaire de la première victoire transalpine sur la Grande Boucle. Et pour ce grand départ, le MPCC note un nombre relativement stable de membres à titre individuel au départ d’un grand tour. Sur un total de 176 partants, 50 coureurs représentant 15 nationalités ont choisi de nous rejoindre dans la lutte contre le dopage mais surtout pour renforcer la crédibilité de notre sport.

Cette course revêt d’autant plus d’importance puisqu’Amaury Sport Organisation (ASO), soutien du MPCC depuis douze ans, a fait de l’adhésion à notre mouvement une condition sine qua non à l’obtention d’une invitation. Israel – Premier Tech, Lotto Dstny, Uno-X – Mobility et TotalEnergies en sont membres et donc engagées à respecter nos règles. Ainsi 12 des 22 formations de ce Tour de France ont fait le choix de devenir « actrices de la lutte antidopage ».
Nous encourageons aussi les autres équipes non-membres et leurs coureurs à venir nous rejoindre, tout en soulignant que l’adhésion au MPCC et à ses valeurs se fait sur la base du volontariat. Le MPCC tient également à noter que, par le passé, un seul des partants du Tour de France a purgé une suspension supérieure à six mois pour une infraction aux règles anti-dopage. Ce coureur fait partie d’une formation qui n’est pas membre de notre mouvement.

Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !
Focus sur les partants du Tour d'Italie 2024
Premier grand tour de la saison, le Tour d’Italie ne présente au départ qu’une moitié de ses équipes, adhérente au MPCC. Le nombre de membres à titre individuel reste, pour sa part, relativement stable.
La 107e édition du Tour d’Italie s’est élancée samedi depuis le Piémont avec seulement onze équipes membres du MPCC, sur les vingt-deux partantes. Trois des quatre Pro Teams invitées sont membres de notre association : Israel-Premier Tech, Tudor Pro Cycling Team et VF Group-Bardiani CSF-Faizanè. La formation italienne, qui prend part à son quinzième Giro consécutif, nous a rejoint il y a sept ans. De son côté, Tudor Pro Cycling Team est l’une des dernières équipes à s’être engagée pour un cyclisme crédible, il y a près d’un an.
Sur le plan individuel, le peloton du Giro dénombre 53 coureurs membres à titre individuel du MPCC, venant de 18 formations différentes. Ces chiffres confirment une certaine stabilité dans le contingent présent au départ des grands tours depuis environ deux ans (entre 50 et 55 coureurs). En revanche, le nombre de formations représentées indique qu’il est possible de s’engager auprès du MPCC, indépendamment de son employeur.

Nous souhaitons donc que les coureurs membres encouragent leurs coéquipiers mais aussi leurs employeurs à rejoindre notre association, tout en soulignant que l’adhésion à nos valeurs se fait sur la base du volontariat.
Le MPCC tient également à noter qu’un seul des 176 participants au Tour d’Italie a été suspendu par le passé. Deux autres coureurs ont été disqualifiés d’une course mais n’ont pas fait l’objet d’une suspension supérieure à six mois pour une violation des règles antidopage.
Engagez-vous au MPCC ! Soyez acteurs de la lutte antidopage !
Chiffres de la Crédibilité : Un début d'année contrasté
A l’issue du premier trimestre, le MPCC a constaté six cas de dopage ou fraude révélés dans le cyclisme et reste vigilant quant à la situation globale de la lutte contre la triche, tous sports confondus.
Année olympique oblige, les sportifs de haut niveau sont placés sous le feu des projecteurs. Par leurs fédérations nationales et comités olympiques, qu’ils représentent, les partenaires, qui les soutiennent depuis plusieurs années pour certains d’entre eux, et les supporters, impatients de les voir à l’œuvre pour plusieurs semaines de fête, de compétition intense mais aussi de représentation des valeurs de l’olympisme : l’amitié, le respect et l’excellence. Dans ce contexte, la vigilance doit être redoublée pour que la probité des performances reste respectée.
Depuis plusieurs mois, l’Agence mondiale antidopage (AMA), l’Athletics Integrity Unit (AIU) et l’International Testing Agency (ITA) ont multiplié les initiatives pour maintenir une certaine exigence dans la lutte antidopage. A titre d’exemple, plusieurs agences nationales ont été déclarées non-conformes au Code mondial antidopage (Tunisie, Venezuela, Nigeria entre autres) et le laboratoire en charge d'une partie des contrôles en Afrique du Sud a été suspendu provisoirement. Mais ce travail de veille constant ne suffit pas toujours.
Au début de l’année, un scandale retentissant a mis un coup sérieux à la lutte contre la triche, celui visant l’agence nationale espagnole (CELAD). Les révélations faites par la presse ont évoqué des AUT rétroactives, un traitement médical par intraveineuse (méthode interdite par l’AMA depuis 2005) ou encore des vices de procédure permettant à certains sportifs de ne pas être sanctionnés. Cette affaire confirme ainsi que la lutte antidopage est un combat de tous les instants pour la crédibilité du sport.
Recrudescence de cas en Inde
Au 31 mars, l’athlétisme et les sports de force figuraient toujours en haut du « palmarès » des Chiffres de la Crédibilité avec 39 cas de dopage et/ou fraude révélés au premier trimestre pour les spécialistes du tartan, 40 pour l’haltérophilie et 27 pour la force athlétique. Les chiffres de l’haltérophilie sont à relativiser puisque 16 cas ont été rendus publics suite à des analyses de données du LIMS (Système de gestion de l’information du laboratoire) de Moscou.
Sur le plan national, l’explosion du nombre d’affaires de dopage en Inde est particulièrement préoccupante (49) et peut partiellement être expliquée par une vague de contrôles effectués lors des Jeux Nationaux qui se sont déroulés en octobre et novembre dernier. La France (10 cas) a, quant à elle, été secouée par la révélation du contrôle positif de l’une de ses chefs de file en escrime, Ysaora Thibus, et la suspension de la multiple championne de France au javelot, Alexie Alaïs.
Deux ex-coureurs World Tour positifs
Pour sa part, le cyclisme a connu un premier trimestre contrasté avec six cas de dopage et/ou fraude sportive. Deux cas de fraude, assez atypiques, concernent la formation féminine Continental Cynisca Cycling. Le 9 juillet 2023, l’un de ses directeurs sportifs (désormais suspendu jusqu’à fin 2025) a intimé à quatre de ses coureuses de mentir sur la présence de la cinquième participante de l’équipe à l’Argenta Classic (1.1). Une mécanicienne a été envoyée, en lieu et place, pour permettre à son équipe de prendre le départ. Ces fausses informations transmises aux commissaires de course ont ainsi été sanctionnées.
Le MPCC s’interroge surtout sur les deux cas d’Antwan Tolhoek, contrôlé positif à des stéroïdes anabolisants en novembre (annonce le 7 février dernier) alors qu’il s’apprêtait à quitter la formation World Tour Lidl-Trek, et de Franck Bonnamour, dont le passeport biologique présentait des anomalies selon l’UCI (cas requalifié en « usage de méthodes et/ou substances interdites »). Ce dernier appartenait, au moment de l’annonce de sa suspension provisoire, à l’une des équipes fondatrices de notre mouvement, Décathlon-AG2R La Mondiale. Même si la période incriminée (2016-2022) ne couvre pas celle pendant laquelle Franck Bonnamour était lié avec la formation savoyarde, Décathlon-AG2R La Mondiale a appliqué à la lettre nos règles fondamentales en suspendant rapidement le coureur, finalement licencié le 26 mars dernier.
Ces deux cas visant d’anciens coureurs du World Tour rappellent aux managers d’équipes, au personnel encadrant, aux coureurs d’être particulièrement actifs, de ne pas laisser leurs coureurs ou leurs partenaires d’entraînement livrés à eux-mêmes face au fléau du dopage. C’est en partie pour ces raisons que le MPCC encourage toutes les composantes du cyclisme professionnel à être « actrices de la lutte antidopage ». Nos équipes membres montrent le chemin depuis plusieurs saisons en comptant notamment 15 des 17 équipes de la division « ProTeams ». 8 des 18 formations du World Tour ont également souscrit aux valeurs et aux règles du MPCC, ce qui est une base solide mais encore insuffisante pour l’élite du cyclisme mondial. Nous souhaitons également que d’autres formations de l’échelon Continental (féminines et masculines) s’engagent à nos côtés, pour que la flamme d’un cyclisme crédible reste allumée.

Doltcini O'Shea s'engage avec le MPCC
Quelques jours après Lifeplus – Wahoo, une nouvelle formation féminine professionnelle a décidé de rejoindre le MPCC en cette année 2024 : Doltcini - O’Shea. L’équipe, de niveau Continental, compte 17 coureuses représentant 8 nationalités et compte notamment dans ses rangs l’expérimentée britannique Hayley Simmonds (victoire d’étape sur le Tour de Thuringe 2017), ses compatriotes et espoirs Niamh Murphy (3e du Tour des Flandres juniors 2022) et Matilda McKibben, l’Irlandaise Kelly Murphy ainsi que la multiple championne d’Israël sur route Omer Shapira, transfuge d’EF Education-Cannondale, autre membre du MPCC.
Son représentant Patrick Hayes déclare : « Nous souhaitons rejoindre le MPCC parce que nous pensons qu'il est important que le cyclisme soit un sport équitable, que la santé des participants soit protégée et qu'aucun médicament améliorant la performance ne soit utilisé, ni aucun traitement médical mal utilisé pour obtenir un avantage. En tant que très petite équipe, peut-être celle de l’UCI avec le plus petit budget, nous pensons qu'il est important que toutes les équipes soient totalement transparentes, qu'il est important de suivre des règles et de ne pas utiliser de substances qui ne sont pas encore interdites ou à des doses inférieures aux limites officielles et que les grandes équipes n'utilisent pas à mauvais escient les ressources médicales à leur disposition. Bien que nous ne soyons qu'une petite équipe, nous pensons qu'il est important que toutes les équipes soutiennent le MPCC, pas seulement les grandes. »
Cette nouvelle adhésion doit encourager les autres équipes féminines de niveau Continental et également celles du World Tour à venir nous rejoindre pour être des acteurs forts et crédibles du cyclisme professionnel.

Chiffres de la Crédibilité : une année difficile pour le sport en général
A l’occasion du bilan 2023 des « Chiffres de la Crédibilité », le MPCC prend note de la trentaine de cas de dopage révélés dans notre sport. Malgré ce chiffre stable par rapport à 2022, notre groupement rappelle qu’il est plus que jamais légitime dans la lutte contre le dopage.
Le livre de l’année 2023 s’est refermé il y a quelques jours avec un constat clair : les cas de dopage révélés dans le sport de haut niveau, qu’ils le soient par des enquêtes de police, de journalistes, par des instances antidopage indépendantes des fédérations internationales ou par des agences nationales antidopage, sont en augmentation. Nous avons recensé l’année dernière 620 cas de dopage dans le sport de haut niveau contre 587 en 2022, soit une augmentation d’environ 6%.
Certains sports sont touchés par cette hausse : l’athlétisme, toujours en haut de l’affiche, avec 151 cas (contre 133 en 2022) révélés par les agences nationales, la presse, ou l’AIU (Athletics Integrity Unit) ; ou encore le MMA (15 contre 12), violemment secoué par des scandales impliquant certaines de ses stars (Usman Nurmagomedov, Conor McGregor) et notamment la fin de la collaboration entre l’USADA, l’agence antidopage américaine, et l’UFC, la plus grande ligue mondiale de MMA, effective depuis le 1er janvier.
Le fléau du dopage commence également à émerger en Inde, l’un des pays les plus cités dans les cas de l’année 2023 et marqué par des scènes surréalistes de fuites d’athlètes, se substituant à des contrôles urinaires lors du championnat régional de l’Etat de Delhi, en septembre dernier.
Enfin, le cas du football (45 cas contre 17) reste à relativiser puisque nous relevons également les affaires de fraude sportive. Le 16 novembre dernier, la Ligue de football professionnel (LFP) a publié une liste de plusieurs dizaines de joueurs condamnés à des matches de suspension (ferme ou avec sursis) et à des amendes pour des paris (interdits par le Code du sport) effectués lors de la saison 2022-2023. Les coupables sont majoritairement de jeunes aspirants (18 à 23 ans) évoluant dans des clubs de Ligue 1, Ligue 2 et National 1.
UN NOMBRE DE CAS STABLE EN CYCLISME
Et dans ce climat délétère pour un sport de haut niveau propre, le cyclisme a déploré 28 cas de dopage, soit un niveau plus ou moins similaire à celui de 2022 (29 cas). Cependant, l’année 2023 a été marquée par quatre affaires qui concernaient des coureurs du World Tour :
2 contrôles positifs rétroactifs
- Miguel Angel Lopez, dont le contrôle remontait à la période préparatoire au Tour d’Italie 2022
- Robert Stannard, notifié d’une « violation des règles antidopage » par l’UCI dans le courant du mois de juin mais pour une période incriminée remontant aux saisons 2018 et 2019
Et :
- Michel Hessman, suspendu par son équipe pour un contrôle positif à un diurétique
- Alex Baudin, contrôlé positif par l’UCI au Tramadol lors de la dernière édition du Tour d’Italie et déclassé de l’épreuve
Notons également que le Tramadol est sur la liste de l’AMA des produits interdits uniquement depuis le 1er janvier 2024.
Lors de l’assemblée générale de notre mouvement, le 23 octobre dernier, nous rappelions à juste titre que le climat suspicieux autour de notre sport était toujours latent. Les grandes formations qui dominent le World Tour qui ne sont pas membres de notre mouvement sont invitées à nouveau à nous rejoindre et être actrices de la lutte anti-dopage. Le MPCC reste ouvert à tous : coureurs, managers, personnels encadrants, agents de coureurs ou sympathisants de notre sport. Mais il engage à respecter des règles strictes et nécessaires pour que le cyclisme de haut niveau reste crédible. Il est primordial d’être acteur dans la lutte antidopage, ce que nous avons fait en effectuant des tests réguliers de cortisolémie ; en poussant à l’interdiction du Tramadol, ajouté à la liste des produits prohibés par l’AMA depuis le 1er janvier ; en promouvant l’action de l’ITA (International Testing Agency), etc.
Deux tiers des équipes professionnelles masculines font confiance au volontariat du MPCC et nous encourageons aussi vivement les acteurs du cyclisme féminin à nous rejoindre pour que cette nouvelle année soit placée sous le signe d’une crédibilité renforcée, auprès du grand public, de nos supporters et de nos partenaires.

Garder la lumière allumée
Le MPCC dévoile ce jour une vidéo éducative d’une vingtaine de minute, intitulée “Garder la lumière allumée”. Ce fut le mot d’ordre de tous nos membres depuis 2007 : tenir ce rôle d’acteur pour la crédibilité de notre sport. Et c’est en ce sens que cet hiver encore, le MPCC a formellement et fortement renouvelé son invitation aux plus grandes équipes mondiales de rejoindre le mouvement, et ainsi “agir” dans la lutte contre le dopage.
Dans ce cadre, il est apparu nécessaire au MPCC de faire un état des lieux avec tous les acteurs majeurs de la lutte antidopage dans le cyclisme, notamment ITA, l’UCI et ASO, que le mouvement remercie pour leur soutien et leur disponibilité pour produire cette vidéo.
“Garder la lumière allumée” est un contenu pédagogique. La lutte contre le dopage est un sujet où il est vital d’être pédagogue, en prenant en compte la véritable méconnaissance qui peut exister autour de ce sujet. Ainsi, notre mouvement a souhaité, pour lancer sa 18e année d’existence, expliquer davantage ses combats. Cette vidéo est un outil de sensibilisation, de lutte, présente comme future.
Lifeplus Wahoo rejoint le MPCC
Le MPCC est fier et heureux d’annoncer l’adhésion d’une équipe, la formation britannique Lifeplus Wahoo, de niveau continental féminin. L’effectif de 11 coureuses compte notamment dans ses rangs l’espoir tchèque Kristyna Burlova (21 ans, vice-championne nationale sur route Elite) et l’expérimentée Alicia Gonzalez, 3e de la Classique Morbihan en 2018. 15 équipes féminines sont désormais membres du MPCC (4 de niveau World Tour, 11 de niveau Continental).
Pour Bob Varney, directeur adjoint de l’équipe : “ Chez Lifeplus Wahoo, nous avons le désir de rejoindre le Mouvement pour un cyclisme credible et souhaitons contribuer à la promotion de l’intégrité dans notre sport. Nos valeurs sont fortement liées avec les principes promus par le MPCC, notamment l’engagement envers un sport propre, envers la santé des athletes et la défense de normes éthiques. En devenant membres, nous approuvons les yeux fermés ces principes que nous avons portés pendant les neuf dernières années d’existence de notre équipe et nous partageons sincèrement les règles éthiques du MPCC.”

Meilleurs voeux pour 2024
Le Président du MPCC Roger Legeay et l’ensemble des membres du mouvement vous souhaitent leurs meilleurs vœux pour la nouvelle année. En 2024, soyons encore plus nombreux à être acteurs de la lutte antidopage et de la crédibilité du cyclisme.












