Un sponsor est-il à contre-courant s'il s'intéresse au cyclisme ?

  

 

 

Le témoignage de Michel Thétaz pose les fondations du débat. Pour le directeur de l'entreprise IAM, venir accoler son image à une équipe cycliste, c'est un pari risqué, aujourd'hui encore. Mais c'est un pari qu'il a décidé de prendre, ayant bien conscience que la roue tournera dans le futur, et qu'il sera à cet moment-là beaucoup plus compliqué de se faire une place dans le milieu de la petite reine. Ce choix "anticyclique" est difficile à faire, dans la logique d'entreprise, mais les retombées en valent pourtant bien la peine.

 

L’entretien avec Michel Thétaz, directeur de IAM :

 

 

 

 

 

Tout comme Michel Thétaz, Vincent Lavenu regrette que le cyclisme conserve une image relativement écornée auprès du grand public, et a fortiori, des éventuels investisseurs. Pour le manager d'Ag2r-La Mondiale, le vélo a bien changé, mais faut-il encore en rendre compte en dehors du cercle plutôt fermé de ce sport. Lavenu se félicite néanmoins de l'attitude et de la fidélité des partenaires dans les équipes français. Lui qui est d'ailleurs à la tête de son équipe depuis 25 ans...

 

L'entretien avec Vincent Lavenu, manager de l'équipe AG2R La Mondiale : 

 

 

 

 

 

Si les sponsors ne viennent pas au cyclisme, alors le cyclisme doit aller vers eux. C'est en quelque sorte l'idée générale d'Yvon Sanquer, lui aussi bien conscient de l'étiquette toujours tristement acollée au cyclisme. Le manager de la Cofidis apprécie également la fidélité des partenaires dans l'Hexagone, mais sait pertinemment que ce ne sont pas ces entreprises-là qu'il faut convaincre. Convaincre, c'est aussi donner des arguments et des preuves du bien-fondé du sponsoring dans le cyclisme. Et pour Sanquer, il y en a à la pelle.

 

L’entretien avec Yvon Sanquer, manager de l'équipe Cofidis :

 

 

 

 

Le président de MPCC, Roger Legeay, adopte lui un discours davantage optimiste. Selon l'ancien manager du Crédit Agricole, les partenaires sont toujours aussi présents, voire même plus que dans le passé, et injèctent davantage d'argent qu'il y a quelques années. Il conçoit que le marché est quelque peu bloqué à l'échelle française, mais soutient qu'il y a de la place pour de nouveaux sponsors à l'échelle internationale.

 

L'entretien avec Roger Legeay, Président de MPCC :

 

 

 

 

Directeur marketing de la loterie belge, Marc Frederix est le seul représentant d'un sponsor de ce débat avec Michel Thétaz. Pour lui, il est clair que la page sombre de l'histoire du cyclisme a été tournée, et c'est cela qu'il faut mettre en avant et présenter aux éventuels nouveaux partenaires. Selon Frederix, il manque encore au cyclisme une "plateforme de communication" qui lui permettrait de séduire et d'attirer encore plus de nouveaux sponsors.

 

L'entretien avec Marc Frederix, directeur marketing de la loterie nationale belge :

 

 

La retranscription de l'entretien :

 

"Beaucoup d’équipes, et surtout beaucoup de coureurs, ont vraiment conscience que le dopage n’est pas l’avenir du cyclisme. Je pense que si des sponsors venaient investir aujourd'hui dans le cyclisme, ils auraient la chance de trouver un sport plus propre qu’il y a dix ans. Je pense aussi qu’ils auraient la chance de trouver un sport plus propre avec le cyclisme qu'avec d’autres sports. La pression dans le cyclisme est tellement forte, et il y a tellement de contrôles que le dopage est devenu un problème mineur, et non plus un problème majeur.

 

Le cyclisme aurait besoin d’une plateforme de communication pour prouver aux grandes entreprises que le cyclisme est plus propre aujourd’hui que bien d’autres sports. Il y a beaucoup de passion chez les fans de cyclisme. La popularité et la passion sont de vrais atouts. Il y a aussi le fait que le nom de l’équipe soit le nom du sponsor, mais aussi la proximité. Je pense qu’il est très important qu’on puisse approcher les coureurs. Je pense que c’est un peu différent par rapport à d’autres sports où les champions sont des rois et où on ne peut plus les approcher. C’est très accessible pour le grand public."

 


Le cyclisme, moteur de l'antidopage

 

L'écart se réduit, le cyclisme affiche la plus forte progression

 

MPCC tient une comptabilité régulière du nombre de contrôles positifs par sports, qui met en lumière le nombre important de cas dans les deux sports les plus touchés que sont le baseball et l'athlétisme. Mais qu'en est-il en terme de volume de contrôles réalisés par les diverses fédérations ? Trois sports culminent à plus de 20 000 tests réalisés par an si l'on se réfère au rapport annuel dévoilé par l'AMA en juillet dernier : le cyclisme en fait partie, avec le football et l'athlétisme. A titre de comparaison, il y a 1 300 cyclistes professionnels dans le monde, soit 600 de moins que le nombre de participants aux seuls Championnats du monde d'athlétisme. Le football, lui, recense 113 000 joueurs professionnels sur les cinq continents...

 

De tous les sports pris en considération par l'Agence Mondiale Antidopage, le cyclisme est par ailleurs celui qui affiche la plus éloquente progression en nombre de contrôles réalisés. 1 628 de plus entre 2012 et 2013, quand le football reste stable (-6) et l'athlétisme décline fortement (-2884). Jamais le cyclisme n'a été aussi haut avec 22 252 contrôles, pointant désormais à 5 750 unités du football, quand en 2008, plus grosse année du ballon rond avec 33 445 contrôles, l'écart était de 14 009 !

 

Leader sur les contrôles sanguins, précurseur sur Adams et le passeport biologique

Ce n'est pas que sur le plan quantitatif que le cyclisme montre l'exemple : au nombre de contrôles sanguins réalisés en 2013, il culmine à 1 224, contre 831 pour l'athlétisme et 667 pour le football. Le cyclisme est également leader sur le dépistage de l'EPO, avec 7 322 contrôles contre 5 227 pour l'athlétisme et 2379 pour le football. Sur toutes les substances "lourdes" que sont l'EPO, la testostérone, l'hormone de croissance et la transfusion sanguine homologue, le cyclisme n'est jamais plus loin que deuxième. Le football, lui, délaisse l'hormone de croissance (8e), et l'athlétisme la transfusion (5e).

 

Une lutte antidopage quantitative et qualitative qui montre que le cyclisme ne laisse rien au hasard, sans oublier son rôle précurseur dans la mise en place de la géolocalisation (adopté dès sa création en 2005) et du passeport biologique (adopté également dès sa création en 2008), alors que le football, par exemple, ne s'est toujours pas rompu à intégrer Adams à son dispositif.

 

 


Les chiffres du dopage au 31 juillet

 

Recenser les cas de dopage n'est pas une tâche facile et se fait sous réserve des cas tenus à discrétion par leurs fédérations internationales respectives : certaines ne font pas la publicité des cas de dopage avérés dans leur discipline. Le cyclisme, a contrario, dévoile chaque test positif. Nos chiffres se basent donc sur les cas révélés en 2014, selon les communications officielles des fédérations et des agences antidopage, etc.

Le résultat est le suivant : déjà 45 joueurs de base-ball professionnels ont été contrôlés positifs en 2014 (il n'y en avait que 28 il y a seulement deux mois), et 33 en athlétisme (10 il y a deux mois). L'écart par rapport au troisième sport le plus touché, l'haltérophilie (13 cas), est considérable. Le cyclisme arrive derrière avec dix cas révélés cette année au 31 juillet : moins du tiers des chiffres de l'athlétisme, moins du quart des chiffres du baseball.

 

Premiers cas en World Tour

Sur les dix cas de dopage révélés dans le cyclisme en 2014, trois concernent le World Tour, un seul implique un membre d'une équipe Continental Pro, et tous les autres renvoient à la troisième division. 

La comptabilisation de MPCC regroupe :

- le cyclisme sur route : sept cas recensés pour cette discipline la plus médiatique.
- la piste , un cas.
- le VTT, deux cas.

Quatre cas révélés dans le cyclisme ont concerné une équipe membre de MPCC. A chaque fois, le règlement MPCC a été respecté à la lettre : suspension et licenciement.

 

 


Howman : "Le public exige une plus grande transparence"

"Il y a quelques lacunes qui doivent être comblées"

L'AMA a dévoilé son dernier rapport annuel recensant les contrôles réalisés par les différents sports dans le monde. Devons-nous encourager les fédérations à tendre vers une transparence accrue vis-à-vis des contrôles ?

C'est ce dont nous avons besoin en termes de rapports annuels, parce que nous devons obtenir de chacune des fédérations et des agences nationales anti-dopage qu’elles déposent des rapports complets, indiquant l'ensemble du plan de répartition des contrôles, et la manière dont leurs tests ont été effectués, et les résultats. Mais nous ne pouvons publier que ce que nous obtenons, l’intégralité de ce que nous obtenons des laboratoires. Donc, il y a quelques lacunes qui doivent être comblées, et nous espérons que nous allons vers cela, elles seront comblées par une plus grande coopération des organisations antidopage.

Quelles sont les fédérations ou organisations qui restent les plus discrètes à ce sujet ?

Nous ne notons ou ne classons jamais les organisations anti-dopage, je pense que c'est à vous de le faire. Vous pouvez regarder les chiffres et vous faire un avis. Nous préférons travailler avec tout le monde, parce que nous savons que tout le monde a besoin d'aide, et nous savons que tout le monde peut mieux faire, mais parfois ils ne peuvent pas le faire par eux-mêmes. Donc, notre travail consiste à travailler avec les organisations pour augmenter leur qualité.

Quelles sont, au contraire, les fédérations ou organisations qui participent à cette transparence vis-à-vis de la lutte anti-dopage ?

Cela dépend de ce que vous entendez par « transparence », parce que souvent, lorsque certaines fédérations publient la liste des athlètes qu'elles ont testés - et elles sont réticentes à le faire maintenant à cause des lois sur la vie privée et les lois de protection des données - elles ne peuvent pas être aussi transparentes qu’elles voudraient peut-être l’être. Il y a d'autres lois qui prévalent dans certains pays et qui les empêchent même de nommer ceux qui enfreignent les règles, ou elles ne les nomment que d'une manière semi-publique en les publiant sur un site Web, plutôt que d'émettre un communiqué de presse. Donc, il y a des zones où les choses pourraient être plus transparentes, à condition que les gens veuillent bien voir le bénéfice à en tirer, et nous aimerions le promouvoir si nous le pouvons.

 

"Nous essayons d’agir pour changer ces règles"

Quel bénéfice ces fédérations tirent-elles en démontrant une plus grande transparence ?

Je pense que le public exige vraiment une plus grande transparence de nos jours, et n'est pas content quand les choses sont cachées sous le tapis ou ne sont pas divulguées. Ca leur donne l’impression qu’on maintient un couvercle fermé, qu’on leur cache un secret, et les gens n’aiment pas ça. On devrait donc toujours s’assurer, je pense, que la transparence est notre souci numéro un, et nous essayons de donner l'exemple à cet égard. Encore une fois, cependant, nous sommes contraints par des règles et des lois qui parfois ne nous satisfont pas, et nous essayons d’agir pour changer ces règles. Je pense que la transparence est une valeur que le public souhaite vraiment avoir, et souhaite voir dans le sport.

Quelles sont les obligations auxquelles les fédérations doivent se soumettre vis-à-vis de la transparence des contrôles et des résultats ?

En termes de publication, vous verrez qu'il y a un article dans le code qui indique à chacune des organisations antidopage ce qu'elles doivent faire en termes de publication des cas de ceux qui enfreignent les règles, et nous avons des moyens de surveillance pour nous assurer que c’est fait. Cela comprend les périodes de sanction et le reste, et nous avons un droit d'appel. Donc, nous pouvons garder un œil là-dessus. On a également une disposition qui oblige les organisations antidopage à publier chaque année leurs statistiques, à montrer que les tests sont effectués, les résultats, et ainsi de suite. C'est là où nous pourrions apporter quelques améliorations, puisque nous entrons dans la révision du code de l'année prochaine, je pense qu'il y aura des améliorations significatives. Nous avons essayé de montrer la voie par la façon dont nous avons publié les nôtres, parce que vous vous rappelez peut-être qu’il y a trois ou quatre ans, nous ne publiions qu’un rapport de dix pages. Maintenant, il est très détaillé, et nous pensons que ce genre de détails devraient être copiés par d'autres.

Est-ce que l’idée d’un passeport biologique généralisé dans d’autres sports est une piste que vous explorez pour renforcer la lutte anti-dopage ?

C’est ce que nous essayons de faire. Ce n'est pas obligatoire - comme vous le savez - c'est une décision discrétionnaire. Mais nous avons travaillé avec la FIFA, par exemple, et ils ont lancé leur passeport biologique au Brésil. Nous pensons que d'autres nous rejoindront, parce que les avantages du profilage (suivi) sont importants. Il permet non seulement aux athlètes de dire qu'ils sont propres, parce qu'ils ont été profilés (suivis), mais il offre aussi plus d'informations à destination de l'autorité de contrôle pour vérifier si une personne est suspecte. Et, enfin, il pointe aussi quelqu'un qui triche. Donc, il y a des avantages inhérents au passeport, qui, nous le pensons, devrait trouver sa place dans les conseils.

 


Cortisolémie : plus de 50 coureurs prélevés sur le Tour

 

Aucune contre-indication médicale n’a été formulée

 

Comme depuis 2008, dans le cadre de la santé, sur la base du volontariat des équipes, MPCC a réalisé des contrôles de la cortisolémie durant le Tour de France. Pour rappel, une cortisolémie anormalement basse déclenche une contre-indication médicale à l’activité sportive avec arrêt immédiat de la compétition. Ce samedi 19 Juillet 2014, 49 coureurs appartenant tous aux équipes membres de MPCC, plus les coureurs français des équipes non-membres ont été prélevés ce matin entre 6h30 et 9h. Aucune contre-indication médicale n’a été formulée.


Un sponsor doit-il dicter sa loi ?

  

 

 

La confiance du sponsor envers l’encadrement sportif est l’élément clé pour Vincent Lavenu. Le manager général de l’équipe AG2R La Mondiale est bien placé pour en parler et pour en vanter les mérites : après deux cas de dopage en moins d'un an, son équipe s'est auto-suspendue l'an dernier et n'a pas disputé le Critérium du Dauphiné. L’entité sportive et le partenaire de l'équipe sont toutes deux membres de MPCC, ce qui a permis au sponsor de dresser une ligne de conduite.

 

L’entretien avec Vincent Lavenu, manager de l'équipe AG2R La Mondiale :

 

 

 

 

 

Chez Yvon Sanquer, manager général de la formation Cofidis, même son de cloche que chez Vincent Lavenu. La confiance se doit d’être totale entre la structure sportive et le sponsor, autour d'une ligne de conduite fixée dès le départ. Mais Sanquer insiste également sur le fait que les sponsors sont désormais bien conscients de l’enjeu implacable que représente l’éthique.

 

L'entretien avec Yvon Sanquer, manager de l'équipe Cofidis : 

 

 

 

 

 

Roger Legeay, président de MPCC, valide la conception des deux managers que sont Vincent Lavenu et Yvon Sanquer. Une véritable transparence doit être de mise entre le sponsor et les hommes que ce dernier choisit d’installer à la tête de l’équipe. D’autant plus que le cyclisme n’est pas toujours le domaine de prédilection du partenaire. Le "club des sponsors" de MPCC a ainsi permis de mettre tout le monde autour de la table.

 

L’entretien avec Roger Legeay, Président de MPCC :

 

 

 

 

Directeur marketing de la loterie belge (Lotto), Marc Frederix apporte la contribution "représentant sponsors" dans ce débat. Et sa vision est claire : le sponsor doit se prémunir de toute mauvaise publicité affiliée à sa marque. Ainsi, en plus de s’accorder sur une directive avec le staff de management de l’équipe, la société Lotto, elle-même membre de MPCC, impose à ses collaborateurs de signer une charte éthique pour assurer au mieux ses arrières.

 

L'entretien avec Marc Frederix, directeur marketing de Lotto :

 

 

La retranscription de l'entretien :

 

« Si vous parlez de l'image pour les entreprises et la loterie nationale, il est très important que nous ayons le même cheval de bataille, et que l’on évite toute publicité négative concernant les abus médicamenteux, le dopage, etc. Nous imposons au management, aux directeurs sportifs, et à tous les coureurs, qu'ils enfourchent le même cheval de bataille et qu'ils soient les ambassadeurs de la marque, et en tant qu’ambassadeurs de la marque, ils ne sauraient accepter quelque publicité négative autour de la marque.

 

Je pense que pour certains anciens sponsors, des sponsors commerciaux principalement, il y a 10 ans, toute publicité était publicité, peu importe qu’elle eut été négative ou positive. Aujourd’hui, ce que j’entends auprès de nos co-sponsors c’est "ok, l'image du cyclisme est en train de changer, et nous en tant que co-sponsors, devons contribuer à ce changement d'image. Aujourd'hui, ils demandent encore plus qu’il y a 10 ans une approche éthique de l'équipe.

 

Les co-sponsors, le gouvernement et la société, nous menons cette politique sans dopage depuis plus de 20 ans en fait. Il serait préférable que règne la solidarité, l'égalité entre toutes les équipes. Et aujourd'hui, la majorité des équipes sont membres du MPCC et une minorité reste en dehors. Evidemment, il serait préférable que toutes les équipes rejoignent le MPCC. »

 


Le Ministère des Sports français reçoit MPCC

 

Jeudi 3 juillet, le Secrétaire d'Etat français aux Sports M. Thierry Braillard a rencontré Roger Legeay, Président de MPCC, accompagné de Armand Megret, médecin référent de MPCC, et Christophe Lavergne, Directeur Juridique de la FFC. Le tout au lendemain de la présentation, en conseil des ministres, d'un projet de loi visant à renforcer et harmoniser au niveau international les régimes de contrôle et de sanction dans le cadre antidopage. Le ministère affirme cependant "qu'au-delà des contrôles, il faut soutenir et encourager les démarches collectives et positives impulsées par les acteurs sportif qui mettent en oeuvre des démarches responsables de prévention de protection de la santé des sportifs et de l'ingrétité de leur sport."

 

Ce rendez-vous fait écho à la demande formulée par MPCC au Ministère Français des Sports en février dernier. A la suite de premiers échanges datant de 2013, MPCC avait souhaité sensibiliser les pouvoirs publics français au sujet de la cortisolémie. Notre demande était claire : appliquer les règles de contrôles de la cortisolémie pour toutes les équipes, membres ou non-membres de MPCC, sur les compétitions se déroulant en France. L'appel a été entendu par Thierry Braillard qui s'est "engagé à intégrer dans ses travaux sur le statut du sportif une réflexion sur l'adaptation des règles de la médecine du travail à la spécificité de l'activité de sportif, pour une meilleure protection de la santé."

 

Le communiqué de presse du Ministère :

Lutte contre le dopage : l’affaire de tous

Le dopage est un fléau pour le sport et pour la santé des sportifs à tous les niveaux.

La lutte contre le dopage demeure donc une priorité du Ministère des Sports qui mène une action résolue tant au niveau national qu’international.

Mercredi 2 juillet, Najat VALLAUD BELKACEM et Thierry BRAILLARD ont présenté en Conseil des ministres le projet de loi qui permettra la transposition par voie d’ordonnance des principes de la 3ème version du Code mondial antidopage lequel entrera en vigueur le 1er janvier 2015.

Il s’agit de renforcer et d’harmoniser au niveau international les régimes de contrôle et de sanction. Cet effort de convergence internationale est absolument nécessaire, tant du point de vue de l’efficacité de la lutte, que de l’acceptation des règles par les acteurs du monde sportif, qui doivent être les mêmes pour tous.

La France reste ainsi un acteur à la pointe de la lutte contre le dopage, adoptant une démarche volontariste reconnue au plan international. Valérie FOURNEYRON continue de représenter le Conseil de l’Europe au Comité Exécutif de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), et la France accueillera le Comité exécutif et le Conseil de Fondation de l’AMA en novembre 2014.

Au plan national, cette harmonisation est complétée par un renforcement de l’efficacité des contrôles antidopage grâce à un meilleur ciblage via la mise en place du passeport biologique, un meilleur échange d’information et l’utilisation de nouveaux moyens d’investigation.

La lutte contre le dopage passe par une mobilisation et une coordination de l’ensemble des acteurs sportifs et publics : les fédérations sportives, les organisateurs, l’AFLD et les services de l’Etat et notamment les services de police et des douanes.

Au-delà des contrôles, il faut soutenir et encourager les démarches collectives et positives impulsées par les acteurs sportifs qui mettent en œuvre des démarches responsables de prévention et de protection de la santé des sportifs et de l’intégrité de leur sport.

Dans ce cadre, Thierry BRAILLARD, Secrétaire d’Etat aux Sports, a rencontré jeudi 3 juillet M. Roger LEGEAY, Président du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), accompagné de M. Christophe LAVERGNE, Directeur Juridique de la Fédération française de cyclisme et le Dr Armand MEGRET, Médecin référent du MPCC, dont la démarche innovante, responsable et exemplaire mérite d’être soutenue et encouragée. D’ailleurs, 15 équipes engagées sur le Tour de France sur 22 ont souscrit au MPCC et à sa charte d’application.

Suite à cet entretien, Thierry BRAILLARD s’est engagé à intégrer dans ses travaux sur le statut du sportif, une réflexion sur l’adaptation des règles de la médecine du travail à la spécificité de l’activité de sportif pour une meilleure protection de leur santé.

La lutte contre le dopage, en tant qu’élément de préservation de l’intégrité, de l’éthique du sport et de la santé des sportifs, demeure ainsi l’affaire de tous.


Dr. Boelens : Corticoïdes, "éliminer les zones d'ombre"

 

Ce que dit le règlement MPCC

 

Intervenu récemment dans le dossier « Une médecine de la performance peut-elle être crédible ? », lancé par MPCC, Anko Boelens a pu grâce à la sollicitation des journalistes de Cyclingnews s’exprimer à nouveau sur sa conception de la médecine dans le cyclisme. Le médecin référent de l’équipe Giant-Shimano, membre de MPCC, souligne les différences de fonctionnement entre une équipe membre de MPCC et les règlements de l’AMA et de l'UCI.

 

« Les corticoïdes peuvent êtres utilisés de manière légitime si vous en avez besoin, mais il faut alors prendre un temps de repos pour guérir, explique-t-il. C'est une façon licite de traiter les problèmes de tendon, par exemple, mais si vous avez besoin d’en utiliser, alors vous devez prendre huit jours de repos avant de courir. Le plus important dans tout cela, c'est que nous voulons éliminer les zones d’ombre. »

 

« J’aimerais que les règles de MPCC soient les mêmes pour toutes les équipes »

 

Pour éliminer ces « zones d'ombre », MPCC restreint au maximum la place au doute et impose ainsi à ses membres, tous adhérents sur la base du volontariat, des règles plus strictes que celles de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et de l’Union Cycliste Internationale (UCI). Les huit jours de « repos forcé » en cas de prise de corticoÏdes en font partie : « Certaines personnes pourraient penser que nous nous mettons en position de désavantage, poursuit Anko Boelens. Mais je ne vois pas cela de cette façon, parce que je pense que cela apporte de la clarté et nous donne des limites claires à ne pas dépasser en compétition. En outre, les systèmes mis en place par l'AMA sont là pour empêcher les gens d’abuser du système, mais afin d'éliminer tout doute, nous, chez MPCC, avons nos propres règles. »

 

Aujourd'hui, 75% des équipes pro (D1 et D2) du peloton international ont rejoint le mouvement. Le médecin de Giant-Shimano veut croire que ce contingent peut encore grossir : « Bien sûr, nous espérons que d'autres équipes puissent se joindre à nous ou même que l'AMA le fasse. Mais quelqu’un doit faire le premier pas. Si personne ne le fait, ça ne se produira certainement pas. J’aimerais que les règles de MPCC soient les mêmes pour toutes les équipes, évidemment. C'est ce que nous demandons régulièrement à l'UCI et l'AMA. Et ça marche, puisque le cas du tramadol est étudié, et car le xénon a rapidement été interdit par l'AMA. Nous espérons que le tramadol sera sur la liste des produits interdits à l'avenir et nous pensons que courir sous corticoïdes ne devrait pas être autorisé. »


Les chiffres du dopage au 31 mai

 

Recenser les cas de dopage n'est pas une tâche facile et se fait sous réserve des cas tenus à discrétion par leurs fédérations internationales respectives : certaines ne font pas la publicité des cas de dopage avérés dans leur discipline. Le cyclisme, a contrario, dévoile chaque test positif. Les fédérations sont tenues de communiquer leurs informations à l'Agence Mondiale Antidopage en vue d'un bilan annuel, mais qui est réalisé au cours du mois de juin. Nos chiffres se basent donc sur les cas révélés en 2014, selon les communications officielles des fédérations et des agences antidopage, etc.

Le résultat est le suivant : déjà 28 joueurs de base-ball professionnels ont été contrôlés positifs en 2014. L'écart par rapport au deuxième sport le plus touché, l'athlétisme (10 cas), est considérable. Le cyclisme arrive bien derrière avec cinq cas révélés cette année au 31 mai, après la lutte et à égalité avec le ski nordique, des sports où le nombre de contrôles urinaires et sanguins, en ou hors compétition, sont plus de quatre fois moins nombreux selon les chiffres de l'AMA.

 

Aucun coureur de première division

Sur les cinq cas de dopage révélés dans le cyclisme en 2014, aucun ne concerne le World Tour, un seul implique un membre d'une équipe Continental Pro, et tous les autres renvoient à la troisième division. Ce qui signifie que les athlètes attrapés par la patrouille cette année n'ont jamais participé à une épreuve majeure de notre calendrier.

La comptabilisation de MPCC regroupe :

- le cyclisme sur route : trois cas recensés pour cette discipline la plus médiatique.
- la piste , un cas.
- le VTT, un cas.

Deux cas révélés dans le cyclisme ont concerné une équipe membre de MPCC. A chaque fois, le règlement MPCC a été respecté à la lettre : suspension et licenciement.

 

 


Communiqué de presse du 17/06

 

La Fédération néerlandaise devient membre de MPCC !

 

Réuni ce lundi 9 juin à Andrézieux-Bouthéon, en marge du Critérium du Dauphiné, le Conseil d'administration de MPCC a validé l'adhésion définitive en tant que membre des équipes continentales et féminines : Itera-Katusha, Tirol Cycling et Tibco-To the top.

 

MPCC valide aussi l'adhésion de la Fédération néerlandaise de cyclisme. Une adhésion dont MPCC se félicite, espérant à présent compter sur d’autres candidatures de fédérations, des contacts ayant été engagés avec plusieurs d’entre elles.

 

MPCC compte désormais 11 équipes World Tour sur 18 (61%), 16 équipes Continental Pro sur 17 (94%), 31 équipes Continental sur 181 (17%), 8 équipes féminines UCI sur 32 (21%) et 9 fédérations nationales, dont l’Union Européenne de Cyclisme (UEC).

 

L'AMA interdit le xénon, à quand le tramadol ?

 

Le mouvement a pris acte de l'ajout du xénon sur la liste des produits interdits par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) et félicite l'instance pour l'efficacité de la procédure. Dès le mois de février, MPCC avait alerté l’AMA sur les dangers représentés par l’usage ce produit dans le sport et le cyclisme en particulier.

 

MPCC espère la même prise de conscience sur le tramadol, médicament dangereux pour la santé des athlètes, qui continuera de faire l'objet, par l'AMA, d'une étude générale sur l’ensemble des analgésiques durant 2014.

 

Des tests de cortisolémie sur Paris-Nice, le Giro, le Dauphiné et le Tour

 

Avec la collaboration de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et de la Ligue du Cyclisme Français, MPCC a fait pratiquer des tests de cortisolémie lors de Paris-Nice, le 15 mars, auprès des 14 équipes membres inscrites à la compétition, pour un total de 42 prélèvements. Tous se sont avérés négatifs.

 

Sur le Tour d'Italie, d'autres prélèvements de cortisolémie ont été effectués la veille du départ, sous l’égide de l'Union Cycliste Internationale (UCI), sur la totalité des participants. L'UCI a transmis au mouvement les résultats de l'ensemble des coureurs des équipes membres MPCC, sous couvert d'anonymat, qui se sont révélés négatifs.

 

De nouveaux tests de cortisolémie ont été planifiés pour le Critérium du Dauphiné, d'autres seront réalisés à l'avenir notamment lors du prochain Tour de France.

 

Le conseil d'administration constate avec satisfaction que toutes les équipes membres de MPCC ont scrupuleusement respecté les dispositions de son règlement interne.

 

Un nouveau courrier a été adressé le 25 février 2014 et le 23 avril 2014 au Ministère français des sports pour sensibiliser sur le besoin d'appliquer les règles de contrôles de la cortisolémie pour toutes les équipes, membres ou non-membres de MPCC, sur les compétitions se déroulant en France.


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