Dauphiné : Aucune anomalie révélée lors d’un contrôle de cortisolémie

 

Conformément à leur engagement en faveur du Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC), les 13 équipes membres engagées pour le Critérium du Dauphiné ont soumis leurs coureurs à un contrôle de cortisolémie ce samedi 13 juin à Montmélian, ville départ de la 7e étape :

 

- AG2R La Mondiale
- Astana
- Bora-Argon 18
- Cannondale-Garmin
- Cofidis
- Europcar
- FDJ
- Giant-Alpecin
- IAM
- Katusha
- Lotto-Soudal
- MTN-Qhubeka
- Orica-Greenedge

 

Ces tests ont été pratiqués dans le cadre de la santé des athlètes, en collaboration avec la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et la Ligue du Cyclisme Français (LNC). Il n’a pas été relevé d’anomalies. Le conseil d'administration de MPCC constate avec satisfaction que toutes les équipes membres alignées sur le Critérium du Dauphiné ont scrupuleusement respecté les dispositions de son règlement interne.


Cortisolémie : MPCC répond à LottoNL-Jumbo

 

Dans un communiqué de presse publié ce 10 juin 2015, l’équipe LottoNL-Jumbo renonce à son adhésion à MPCC et justifie cette décision par la remise en cause l’article 9 du règlement intérieur. Celui-ci prévoit qu’en « cas de cortisolémie anormalement basse, la reprise de la compétition (pour le coureur) se fera après 8 jours de repos minimum supplémentaire et retour à la normale de la cortisolémie. » Ce point de règlement existe depuis l’origine du mouvement créé en 2007. Toute équipe volontaire pour adhérer à MPCC le fait en connaissance de l’intégralité du règlement intérieur, lequel est validé chaque année en Assemblée Générale, en présence des membres du mouvement.

 

Ainsi, le 21 octobre 2014, l’Assemblée Générale de MPCC avait validé à l’unanimité son règlement intérieur 2015. En marge de l’Assemblée Générale, les médecins de ces équipes avaient même demandé à ce que « le nombre de tests de cortisolémie, réalisés plusieurs fois par an sur la base du volontariat, soit augmenté. »

 

Ces mêmes médecins avaient également souhaité que des avis d’experts internationaux viennent appuyer celui des experts français Yves Le Bouc, Martine Duclos et Michel Guinot (tous médecins référents auprès de la Fédération Française de Cyclisme), afin de déterminer une position commune sur l’usage des corticoïdes. Début avril 2015, l’avis de l’expert endocrinologue américain Jonathan Ownby est venu renforcer la position adoptée par les membres MPCC. D’autres avis sont attendus de façon imminente par le Dr Armand Mégret, médecin consultant de MPCC. A l’image d’autres membres du mouvement, l’équipe LottoNL-Jumbo avait recommandé l’avis d’un expert international de son choix, mais celui-ci n’a pas répondu aux sollicitations du mouvement.

 

De la même façon et à la demande des médecins d’équipes membres, MPCC rappelle avoir demandé à plusieurs reprises à l’Union Cycliste Internationale (UCI) et l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) de mettre en place une réglementation sur l’usage abusif des corticoïdes.

 

Pour les membres du Conseil d’Administration de MPCC, réunis à Lyon ce lundi 8 juin 2015, rien ne justifie d’accéder à la demande de l’équipe LottoNL-Jumbo de ne plus procéder aux tests de cortisolémie lors des prochaines épreuves. Toute modification du règlement intérieur de MPCC ne saurait être adoptée avant la prochaine Assemblée Générale annuelle, prévue en octobre 2015.

 

Depuis 2009, plus de 1 300 tests de cortisolémie ont été réalisés sur les coureurs des équipes membres de MPCC. Sur cette période, seulement 7 prélèvements ont révélé une cortisolémie anormalement basse. Le Conseil d'Administration s’étonne qu'après un cas de cortisolémie anormalement basse survenu lors de la Vuelta 2013, l’encadrement médical de l’équipe LottoNL-Jumbo n’ait pas davantage surveillé la cortisolémie d’un coureur sous traitement de corticoïdes inhalés (traitement contre l’asthme) dans les jours précédent le départ du Giro 2015.

 

En conclusion, le Conseil d’Administration de MPCC tient à rappeler que la protection de la santé des coureurs et le respect strict des règles que ses membres se sont engagés à suivre sur la base du volontariat, constituent les principes fondamentaux du mouvement.


"Tout le monde dans MPCC aimerait voir ses règles adoptées par l’AMA, l’UCI"

Andrew Talansky est le dernier vainqueur américain du Critérium du Dauphiné depuis Lance Armstrong, déchu de ses titres obtenus entre le 1er août 1998 et la fin de sa carrière. Le public étasunien a-t-il retrouvé confiance en ses coureurs depuis la chute de l’ex-septuple vainqueur du Tour de France ? Pour Talansky, la question se pose, mais il se situe du même côté que les fans lésés : il a cru en cette histoire, a découvert la vérité et a dû renier son idole. « Nous avons vécu la même expérience que tous ces fans américains », dit-il au nom de toute une génération de coureurs qui n’ont pas connu l’US Postal ou Discovery Channel et font maintenant partie de nouvelles équipes comme Cannondale-Garmin.

Aujourd’hui, la principale préoccupation d’Andrew Talansky dans le combat contre le dopage est que le public ait pris conscience des efforts réalisés : « Je pense qu’il peut voir cela, qu’il peut le comprendre. » Il explique que l’adhésion de son équipe Cannondale-Garmin à MPCC, laquelle se veut très fidèle puisqu’elle dure depuis maintenant près de huit ans, fait partie d’un processus plus global voulu dès les débuts de la structure par le manager Jonathan Vaughters. Et espère que « dans l’idéal, peut-être dans quelques années, l’UCI se penchera sur les règles utilisées par MPCC, ou même fera en sorte de rapprocher ses règles de celles-ci. »

 


Rollin : "Il y a eu une prise de conscience internationale"

 

Dominique Rollin est un coureur atypique : revenu dans les rangs professionnels cette saison avec Cofidis, équipe membre de MPCC, après une année sans compétition, le Canadien débute une seconde carrière. Sa première avait débuté sur le tard, en 2009 avec Cervélo à déjà 26 ans, après deux saisons au niveau continental aux Etats-Unis. Mais dans sa jeunesse, il avait évolué en France à l’échelon amateur avec le VC Roubaix, devenu par la suite l’équipe Roubaix-Lille Métropole.

 

Dans un entretien accordé à MPCC, Dominique Rollin estime que la lutte antidopage ne doit pas être la priorité pour promouvoir le cyclisme : il considère que ce sujet doit être réglé en interne et ce sport doit mettre en avant tout ce qu’il fait également pour le rendre plus attractif et plus compréhensible. Il se dit peu concerné par des problématiques comme celle des corticoïdes car il « n’a pas la culture du cacheton » et part du principe qu’il n’a tout simplement jamais besoin du moindre médicament, préférant laisser à son corps le soin de pallier un pépin de santé et considérant la douleur comme quelque chose de normal. Il déclare ainsi avoir été très étonné par la culture européenne à son arrivée sur le continent.

 


Communiqué de presse au sujet du cas Bardiani-CSF

 

Suite à l’information parue dans la presse aujourd’hui, concernant un coureur de l’équipe BARDIANI-CSF actuellement engagée sur le Giro d’Italia, MPCC précise que le mouvement a bien été informé le vendredi 8 mai, par l’équipe BARDIANI-CSF, de l’existence d'un test révélant une cortisolémie anormalement basse pour l’un de ses coureurs.

 

Dès ce vendredi soir précédant le Grand Départ du Giro d’Italia, MPPC, par la voix de son président, a formellement demandé à l’équipe BARDIANI-CSF de ne pas aligner ce coureur au départ de l’épreuve et d’appliquer un arrêt de toute compétition de 8 jours, à compter de la date du prélèvement réalisé par l’UCI, conformément à l’article IX du règlement MPCC et ses annexes.

 

Estimant que les explications fournies par l’équipe BARDIANI-CSF n’étaient pas suffisantes pour justifier le maintien de ce coureur en course, MPPC a immédiatement invité le manager de cette formation à s’expliquer devant le Conseil d’Administration prévu le 8 juin à Lyon, au cours duquel le cas BARDIANI-CSF sera examiné.

 

MPCC tient à rappeler que tous les médecins responsables des équipes membres de MPCC ont réaffirmé le 20 octobre 2014 l’application stricte de ses règles, pour des raisons de santé des coureurs.

 

Lors de cette réunion annuelle, les médecins - à l’unanimité - avaient manifesté aussi leur volonté de voir pratiquer davantage de contrôles de la cortisolémie.

 

 

A ce jour, que ce soit à l’initiative de MPCC (128) ou de l’UCI (135 au Giro), un total de 263 contrôles de cortisolémie ont été réalisés depuis le début de l’année sur le peloton professionnel.


Les chiffres du dopage au 1er mai

 

 

Recenser les cas de dopage n’est pas une tâche facile et se fait sous réserve des cas tenus à discrétion par leurs fédérations internationales respectives : certaines ne font pas la publicité des cas de dopage avérés dans leur discipline. Le cyclisme, a contrario, dévoile chaque test positif. Nos chiffres se basent donc sur les cas révélés en 2015, selon les communications officielles des fédérations et des agences antidopage, etc.

 

En 2014, l’athlétisme avait été le sport le plus touché avec 95 contrôles positifs, devant le baseball avec 62 cas. Au 1er mai 2015, ces deux sports mènent à nouveau la danse avec déjà 17 tests positifs pour le baseball et 16 pour l’athlétisme. Le cyclisme, 4e sport le plus marqué par des cas positifs révélés l’an dernier, pointe après quatre mois derrière le baseball, l’athlétisme, l'haltérophilie, le football et le rugby.

 

Le pays qui compte le plus de cas de dopage est la Bulgarie : 11 haltérophiles de ce pays ont été annoncés positifs depuis le début de l'année.

 

La comptabilisation de MPCC regroupe :

 

- le cyclisme sur route : trois cas recensé pour cette discipline la plus médiatique
- la piste : un cas
- le VTT : zéro cas

 

A chaque fois qu’un cas a concerné une équipe membre de MPCC, le règlement a été respecté à la lettre : suspension et licenciement.

 


"Nous sommes les seuls à pouvoir empêcher une équipe de courir"

 

 

La formation Lampre, confrontée à un cas de dopage, a quitté MPCC en début d’année, pour quelle raison ?

 

Nos règles n’ont pas changé depuis 2007. Au sein des équipes membres de MPCC, tout coureur suspendu plus de 6 mois n’a jamais été conservé par son équipe. Ce sont les règles que tous les managers ont mises en place et qu’ils ont toujours appliquées jusqu’à maintenant. Pour ne pas avoir à se plier à cette règle, l’équipe Lampre a choisi de quitter notre mouvement. Ils ont invoqué des questions de droit du travail en Italie. Et je précise que s’ils ne l’avaient pas fait, nous aurions envisagé une mesure d’exclusion.

 

Je n’ai pas entendu Lampre s’étonner en voyant des coureurs licenciés par d’autres équipes MPCC, après une affaire de dopage. Ca ne se fait pas partout, mais au MPCC, c’est comme ça. Tout ça est regrettable. On a besoin de signes forts, comme ils l’avaient fait pour Horner en ne l’autorisant pas à participer à la Vuelta en raison d’un traitement aux corticoïdes. C’est le principe du volontariat. On est volontaire pour adhérer ou on n’est pas volontaire. Lampre était volontaire. Confrontés à un problème de dopage, ils ne sont plus volontaires.

 

La ligne de MPCC n’est-elle pas de rester fidèle à des règles qui, au fil du temps, deviennent immuables ?

 

Pour les membres fondateurs, notre règlement est entré en vigueur, il y a huit ans. Quand un membre fait le choix d’adhérer, il ne vient pas chez nous en disant : « Il manque une ligne ». Alors que toutes les propositions sont bonnes à prendre, personne ne nous a jamais dit : « Ce serait bien que vous fassiez ci ou ça. » A contrario, personne ne nous a dit : « Il y a une ligne de trop ». Cette stabilité dans nos règles est précieuse. Sous le coup de l’émotion, après des affaires comme celles d’Armstrong ou Puerto, bien évidemment tout le monde était d’accord avec ces règles. Eh bien, quand la période redevient plus sereine, ces règles ne changent pas !

 

Quelle est la position de MPCC par rapport à Astana, l’un de ses membres, dont l’UCI a vainement demandé le retrait de la licence World Tour ?

 

L’attribution ou non des licences ne concerne pas MPCC. Nous prenons acte, c’est tout. On connaît les limites juridiques dans l’arsenal de répression à la disposition des fédérations internationales. L’écueil rencontré par l’UCI dans le dossier Astana, est sans doute le même que celui qui l’avait fait reculer face à Katusha, il y a deux ans. Cette actualité démontre que les règles MPCC sont un complément incontournable et indispensable à celles de l’UCI, même si, en aucun cas, elles ne s’y substituent. Aujourd’hui, après plusieurs cas de dopage constatés dans une même formation, MPCC est la seule association à pouvoir empêcher une équipe de courir. En 2013, il y avait eu les auto-suspensions des équipe AG2R La Mondiale et Rusvelo. En fin de saison 2014, Astana a dû s’auto-suspendre lors du Tour de Pékin, la dernière épreuve World Tour. Et tout cela n’a été rendu possible que sur la base de leur engagement volontaire à des règles strictes. Vous admettrez qu’il faut quand même un certain courage aux équipes pour accepter ce sens des responsabilités, avec les contraintes que cela peut entrainer. Ainsi Astana s’est exposé aussi à des sanctions financières de l’UCI en ne participant pas à une épreuve du calendrier mondial à laquelle elle était sensée participer. Ce que l’on souhaite maintenant, c’est qu’une non-participation à une épreuve World Tour faisant suite à une auto-suspension par MPCC soit une justification recevable par l’UCI.

 

Selon vous, y a t-il une proportion importante de membres MPCC qui le sont par opportunisme ?

 

Tout le monde a compris que sur la base du volontariat, on peut faire plus. Les équipes World Tour sont là, avec des règles très dures à respecter : si l’on prend Astana, ils sont maintenant sous la menace d’une auto-suspension d’un mois si l’équipe est confrontée à un nouveau cas de dopage d’ici le 1er août 2016 ! L’opportunisme ? Après l’affaire Armstrong, il y a eu le coup de l’émotion, des équipes sont venues. Mais aujourd’hui encore, des équipes nouvelles comme Roompot rejoignent spontanément MPCC. 100% des équipes Continental Pro sont membres. Pourtant le règlement MPCC a une vraie incidence financière. Un coureur concerné par l’ouverture d’une procédure judiciaire ou disciplinaire ne court pas, donc on le paye pour ne pas courir. L’adhésion à MPCC est une adhésion du manager, des médecins, du sponsor, de l’encadrement. Ca va beaucoup plus loin qu’une simple posture opportuniste. On le voit bien avec Astana, AG2R La Mondiale : ils se sont auto-suspendus, avec les incidences financières que cela implique !

 

La nouvelle gestion de l’UCI va-t-elle dans la bonne direction en matière de reconquête d’une crédibilité perdue dans ce sport ?

 

Bien sûr que ça va dans la bonne direction. Il y a une détermination évidente à ne rien laisser au hasard et à légiférer, c’est évident. Dans ce cadre, MPCC est vraiment pourvoyeur d’idées : nous l’avons fait pour le xénon, pour le tramadol, pour le « zéro aiguille », pour l’auto-suspension, pour la cortisolémie anormalement basse, pour le vélo électrique. On demande d’ailleurs depuis le début à ce que nos idées intègrent le règlement UCI. Mais on sait aussi qu’il y a des règles MPCC qui ne pourront pas devenir des règles UCI car ils sont tenus de respecter les règles de l’Agence mondiale antidopage et de rester dans le cadre de son Code mondial, alors que nous nous basons sur la notion de volontariat et d’engagement. 

Souhaiteriez-vous que l’UCI et le CCP (4) aillent plus loin encore ?

 

Le peuvent-ils ? L’UCI a intégré dans son règlement depuis le 1er janvier 2015, le principe de la suspension d’une équipe, mais il ne s’applique que s’il est démontré que l’équipe a commis une faute. On est donc toujours dans un principe de suspension et non pas d’auto-suspension. Dans notre règlement, quoi qu’il arrive, deux cas positifs en moins d’un an, c’est une semaine sans compétition pour toute l’équipe ; trois cas positifs en moins de deux ans, c’est un mois d’arrêt pour toute l’équipe aussi. Il est logique dans un cadre juridique comme celui auquel est tenu l’UCI de permettre à l’équipe de s’expliquer, de démontrer qu’elle n’a pas commis d’erreur, mais tout cela montre que MPCC reste un vrai complément efficace aux règles UCI. Car avec MPCC, c’est immédiat. Deuxième cas positif le jeudi, le coureur déclare ne pas demander de contre-expertise, et le lundi l’équipe s’auto-suspend. On a eu une décision en quatre jours !

 

Je veux enfin rappeler que depuis 2007, un coureur appartenant à une équipe membre MPCC, notifié positif après l’analyse de l’échantillon B, ne participe plus aux compétitions jusqu’à la fin de la procédure disciplinaire. C’est très important pour la crédibilité de notre sport.

 

Le nouveau président de l’AIGCP, Iwan Spekenbrink, élu le mois dernier, est aussi vice-président de MPCC. Peut-il faire bouger les lignes sur cette question ?

 

Iwan Spekenbrink a fait adhérer son équipe dès sa création et ça date quasiment de l’origine de MPCC. Il en est aujourd’hui le vice-président. Evidemment, il va y avoir une vraie volonté chez lui d’intégrer et d’appliquer les règles MPCC. Ce qui sera intéressant, c’est d’observer un rapprochement entre MPCC et l’AIGCP. On va vraiment pouvoir travailler ensemble et avoir un discours commun. D’ailleurs une proposition conjointe (AIGCP/MPCC) sera faite au prochain CCP concernant cette règle UCI de suspension des équipes. Je suis confiant car la voix d’Iwan, le manager de la seule équipe allemande du World Tour, porte déjà, quand on voit que la télévision publique allemande a décidé de diffuser à nouveau le Tour de France, ce qu’elle ne voulait plus faire depuis 2011, en raison des scandales passés.

 

Comment l’UCI peut-elle aller au-delà des règles de l’AMA malgré les contraintes juridiques ?

 

Le rôle des fédérations nationales et internationales est aussi d’apporter des idées et des dossiers à l’AMA, qui est le gouvernement de l’antidopage. Sur tout ce qui est tramadol, corticoïdes… et ça fait longtemps que MPCC a formalisé des demandes à ce sujet. Il en va de la santé des coureurs. L’UCI doit porter le même message que MPCC. Cela fait désormais huit ans que MPCC mène des contrôles de cortisolémie et que des coureurs sont mis en repos quand elle est anormalement basse, y compris pour des grands tours. On l’a vu en 2013 avec Théo Bos et en 2014 avec Chris Horner, qui tous deux n’ont pas pris le départ du Tour d’Espagne. Ces contrôles MPCC continuent et continueront. Il y en a eu sur Paris-Nice, sur le Circuit de la Sarthe, il y en aura d’autres et on travaille pour qu’il y en ait aussi à l’étranger. On s’y achemine avec la fédération néerlandaise par exemple.

 

Oui, mais l’UCI a-t-elle les moyens juridiques de suivre MPCC sur ce registre-là ?

 

Selon les règles MPCC, si un coureur a besoin d’un traitement à base de cortisone, on le soigne mais il s’arrête de courir, quel que soit le mode d’administration. L’UCI ne peut pas aller aussi loin. Si l’AMA décide qu’il faut arrêter le coureur en cas de cortisolémie anormalement basse, l’UCI pourra le faire. C’est la solution, car il est évident que ce n’est pas notre métier à nous, MPCC, de faire des contrôles. Notre préoccupation, c’est la santé des coureurs. Tous nos médecins d’équipe estiment que l’on est en présence d’un problème de santé pour le coureur, quand la cortisolémie est anormalement basse, ce qui a été confirmé par des experts internationaux. Ces derniers ont établi que, lorsque la cortisolémie est anormalement basse – dans 99,9% des cas pour ne pas dire 100% – une prise de corticoïdes en est à l’origine. Qu’elle soit licite ou illicite, ce n’est pas ce que MPCC cherche à déterminer. Le raisonnement est de dire : dans tous les cas, la santé du coureur est mise en danger donc il doit s’arrêter de courir.

 

MPCC a formellement demandé à l’AMA d’ajouter le Tramadol à la liste des produits interdits, ainsi que de prendre en compte le principe de la cortisolémie anormalement basse. Qu’en est-il ?

 

Pour l’AMA en 2014, le tramadol était un médicament sous surveillance et il l’est toujours en 2015. Nous avons soulevé le problème et ce à l’initiative des médecins d’équipe. Nous avons tenu notre rôle de mise en alerte. Pour la cortisolémie, l’AMA répond que se posent des problématiques ethniques et de décalages horaires. Je comprends évidemment que l’AMA souhaite rédiger un Code applicable à tous les sports et à l’échelle mondiale. Dans l’attente d’une décision de l’AMA, les médecins d’équipes nous demandent formellement de continuer à vérifier la cortisolémie des coureurs et d’amplifier le nombre de contrôles. J’en profite pour dire : « merci et bravo aux coureurs qui acceptent de se soumettre à des contrôles MPCC un matin de course à 7 heures pour crédibiliser leurs performances ». on ne voit ça dans aucun autre sport. En 2013 sur le Tour d’Espagne, Vincenzo Nibali a été piqué par une guêpe et il n’a pas pris de corticoïdes ! Le dernier vainqueur de Milan-Sanremo, John Degenkolb, le dit clairement : « c’est bien et c’est dans notre propre intérêt ».

 

Le contenu du récent rapport d’enquête de la commission indépendante CIRC (5) est-il un mauvais coup porté à la crédibilité du cyclisme ?

 

La Commission indépendante CIRC a été mandatée pour faire le point sur ce qu’il s’est passé dans le cyclisme depuis 1998. Elle a fait son travail. C’était une promesse du Président Cookson : il l’a dit, ça a été fait. Cette commission a travaillé pendant un an. Elle a pu entendre toutes les personnes qu’elle souhaitait entendre et a rendu son rapport. On ne va pas parler pendant des dizaines d’années encore de cette période qu’a vécu le cyclisme : cela a été formalisé. Le passé, c’est le problème de l’UCI, du TAS, de la police. Ce qui préoccupe MPCC, c’est la situation d’aujourd’hui et surtout le futur. La majorité des coureurs de très haut-niveau aujourd’hui n’ont pas connu Festina, n’ont pas connu Armstrong, n’ont pas connu Puerto. Ce qu’ils connaissent, ce sont les règles antidopage très strictes, c’est ADAMS... Tout en « laissant la lumière allumée », tout en étant intraitable sur tous les sujets, parlons désormais du futur. Et si la CIRC raisonne ainsi, c’est parfait. Il faut passer à des choses constructives. Nous ne sommes pas exempts de tous reproches. Oui il y aura encore des contrôles positifs. Or aujourd’hui, il est prouvé par les chiffres que le cyclisme n’est pas le « sport du dopage ». Quand je vois tout ce que les coureurs acceptent pour faire leur métier, je préfère dire que c’est le « sport de l’antidopage ». Et MPCC y contribue beaucoup. Je remarque d’ailleurs qu’il est mentionné noir sur blanc dans le rapport de la CIRC le rôle « précieux » de MPCC et de son principe basé sur le volontariat.

 

On note dans le rapport qu’aucune personne, parmi les 174 interrogées, n’ose affirmer que la lutte antidopage aurait mis fin à la culture du dopage dans les pelotons cyclistes. Quel commentaire cela vous inspire ?

 

Il faut être modeste. Il va y avoir encore des contrôles positifs. Il y aura toujours des incorrigibles. L’enjeu aujourd’hui, c’est de décourager les tricheurs, faire en sorte que s’ils fautent, ils ne soient plus dans ce sport. C’est ce qui anime MPCC et dicte ses règles. Elles sont dures mais justes, pour constituer une vraie réponse aux secousses auxquels le cyclisme a dû faire face. Le tout est d’être réaliste, de ne pas considérer que le cyclisme est ou va devenir plus blanc que blanc. Cela n’arrivera jamais car c’est la société qui est comme ça, pas le cyclisme. L’essentiel, c’est de rester intraitable avec ceux qui aujourd’hui voudraient encore tricher.

 

Et pour le dopage technologique, dont il est également question ?

 

MPCC est intervenu auprès de l’UCI notamment pour modifier la réglementation et les sanctions à ce sujet. Avant même le rapport de la CIRC, MPCC avait intégré dans son règlement des mesures contre l’utilisation d’un vélo électrique et a considéré que c’était l’équivalent d’un contrôle positif, entraînant un licenciement mais comptant aussi pour la règle de l’auto-suspension. Rien que de penser au fait que ça a peut-être existé, c’est monstrueux. Cette problématique est d’autant plus importante qu’elle dépasse le monde du cyclisme pro : sur les courses amateurs, où il ne peut y avoir de contrôles, les conséquences pourraient être terribles. L’UCI se doit d’être intraitable aussi sur ce sujet.

 

Hormis Chris Froome, aucun nom de coureur en activité n’a été révélé concernant les personnes auditionnées par la commission d’enquête. Vous trouvez ça normal ?

 

Je ne sais pas si beaucoup de coureurs ont été sollicités. Je suis convaincu qu’il faut donner la parole aux coureurs. C’est d’ailleurs ce qu’a décidé de faire MPCC cette année sur son site et sa chaine Youtube. Quand on demande à un coureur de parler de MPCC dans une interview, il est toujours d’accord. Par le passé on a beaucoup donné la parole aux grands leaders mais très peu à la masse silencieuse. Les coureurs qui sont restés dans l’ombre pendant la période chahutée du cyclisme ont été traités de tous les noms mais n’ont jamais eu la parole. Ils en ont été traumatisés. Oui, il faut donner la parole aux coureurs. Ce sont eux qui donnent de la puissance à ce que fait MPCC. Ce sont eux qui tendent le bras quand il y a des contrôles MPCC et qui souvent affirment que si on peut faire encore plus, il faut le faire. « Croyez-nous, aidez-nous », c’est ça leur discours.

 

(1) Union Cycliste Internationale
(2) Agence Mondiale Antidopage
(3) Association Internationale des Groupes Cyclistes Professionnels
(4) Conseil du Cyclisme Professionnel
(5) Cycling Independant Reform Commission


Les chiffres du dopage au 15 mars

 

 

Recenser les cas de dopage n’est pas une tâche facile et se fait sous réserve des cas tenus à discrétion par leurs fédérations internationales respectives : certaines ne font pas la publicité des cas de dopage avérés dans leur discipline. Le cyclisme, a contrario, dévoile chaque test positif. Nos chiffres se basent donc sur les cas révélés en 2015, selon les communications officielles des fédérations et des agences antidopage, etc.

 

En 2014, l’athlétisme avait été le sport le plus touché avec 95 contrôles positifs, devant le baseball avec 62 cas. Au 15 mars 2015, ces deux sports mènent à nouveau la danse avec déjà 11 tests positifs pour le baseball et 10 pour l’athlétisme. Le cyclisme, 4e sport le plus marqué par des cas positifs révélés l’an dernier, pointe après deux mois et demi derrière le baseball, l’athlétisme, le football et le rugby, et est à égalité avec le golf et la boxe.

 

La comptabilisation de MPCC regroupe :

 

- le cyclisme sur route : deux cas recensé pour cette discipline la plus médiatique
- la piste : zéro cas
- le VTT : zéro cas

 

A chaque fois qu’un cas a concerné une équipe membre de MPCC, le règlement a été respecté à la lettre : suspension et licenciement.

 


Sponsoring : la visibilité à tout prix ou les valeurs ?

Marc Frederix est le directeur marketing de la Loterie Nationale Belge, sponsor principal de l’équipe Lotto-Soudal. Avec Thierry Huguenin (Française des Jeux), il tient le rôle de représentant des sponsors au sein de MPCC. Il n’hésite pas à comparer ces deux entreprises publiques pour lesquelles l’image passe avant les résultats sportifs. Sur ce sujet, sa position est forte : les valeurs doivent l'emporter sur la visibilité à tout prix. Il dénonce notamment la posture selon laquelle « même les mauvaises nouvelles peuvent être bonnes pour des gens qui cherchent davantage la notoriété. » Frederix insiste sur la nécessité de travailler avec des coureurs et membres du staff qui adhèrent à l’état d’esprit du partenaire et martèle que les champions d’aujourd’hui et demain doivent avoir la bonne philosophie pour « construire le cyclisme de demain. »

En ce sens la présence des sponsors dans MPCC est primordiale car leurs engagements, sur la base du volontariat, complètent ceux des équipes membres. Un sponsor qui adhère à MPCC promet de ne pas communiquer autour de coureurs ou ex-coureurs qui ont été suspendus pour dopage, ni de les engager pour des relations publiques, relations presse ou encore du consulting. Des réunions des sponsors sont régulièrement organisées au sein de MPCC pour que ces entreprises aient leur mot à dire dans la vie de MPCC. A ce jour les sponsors adhérents à MPCC sont : LCL, PMU, Bora, Cofidis, la Loterie Nationale Belge, FDJ, IAM et AG2R La Mondiale.

 


Être ou ne pas être dans MPCC

Un peu d’Histoire. Réunies à Londres le 5 juillet 2007 puis à Pau le 24 juillet 2007, les équipes AG2R La Mondiale, Agritubel, Bouygues Telecom, Cofidis, Crédit Agricole, Française des Jeux et Gerolsteiner ont décidé de s’associer pour créer le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC) à la suite de la non-application du code éthique établi le 1er janvier 2005 et accepté à l’unanimité par l’AIGCP. Les mesures proposées dès sa création par MPCC comprenaient déjà la mise en arrêt de travail d’un coureur sujet à une infiltration intra-articulaire de corticoïdes. Dans les semaines qui ont suivi, des équipes comme Skil-Shimano, Rabobank, Slipstream et T-Mobile ont rejoint à leur tour le mouvement. T-Mobile, touchée par deux contrôles positifs en moins de douze mois, avait été la première équipe à respecter le principe de l’auto-suspension sur la base du volontariat. Ces règles de base que les membres de MPCC s’engagent à respecter font partie des principes fondateurs du mouvement.

En octobre 2009, Iwan Spekenbrink devient Vice-Président de MPCC. Son équipe Skil-Shimano, membre de MPCC depuis deux ans, a disputé en juillet son premier Tour de France. Toujours à ce poste cinq ans plus tard, le dirigeant néerlandais a été un acteur majeur du développement de MPCC, qui a vu son nombre d’adhérents augmenter en réaction aux révélations de l’enquête Armstrong. Aujourd’hui MPCC représente 84% du peloton professionnel. Les 31 équipes de division World Tour et Continental Pro membres de MPCC représentent 15 nationalités. Seules 6 équipes professionnelles ne sont pas membres et pour Iwan Spekenbrink, il ne faut pas les juger : « Le plus important est qu’un jour (...) nous soyons là où nous avons voulu aller. Le plus important est que MPCC y contribue. C’est plus important que de savoir s’il y aura eu cinq équipes de plus ou de moins. (...) Le développement de MPCC montre que celui du cyclisme est en train de se faire. »

 

 


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