Une délégation du MPCC s’entretiendra avec l'AMA le 12 mars 2019
L’Agence Mondiale Antidopage (AMA) recevra dans ses bureaux européens de Lausanne, le 12 mars 2019, une délégation du Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC).
Le 24 octobre dernier, l’Assemblée Générale du Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC) adressait une lettre ouverte à l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et à son Président Sir Craig Reedie. Les membres du mouvement considéraient que l’inaction de l’AMA sur un ensemble de problématiques décrédibilisait l'ensemble du monde sportif et remettait en cause le fondement des règlements internationaux.
Le MPCC formule en effet depuis de nombreuses années des demandes concrètes à l’AMA et à son Président : l'interdiction du tramadol, une nouvelle réglementation sur les corticoïdes, harmonisation des règles et des procédures de l’AMA pour tous les sports, mais surtout que l’AMA honore en toutes circonstances son rôle premier qui est de défendre les athlète sains.
Rapidement l’AMA adressait une réponse au MPCC. Cette réactivité a permis de démontrer que le MPCC est considéré comme un acteur de la lutte antidopage qui mérite, de la part des instances internationales, considération et attention.
Bien que le contenu des réponses de l’AMA confirmait des divergences d’opinion avec notre mouvement, le MPCC a apprécié la démarche de l’AMA et sa volonté de formuler des réponses aux membres de notre mouvement. En conséquence de ces échanges constructifs, l’AMA a proposé au MPCC un entretien officiel : il se réalisera le 12 mars prochain à Lausanne.
Le MPCC entend à cette occasion représenter au mieux ses membres, représentatifs de l'ensemble du sport cycliste.
Aujourd’hui figurent au sein du MPCC 621 adhérents :
7 équipes World Tour - 20 équipes Continental Pro - 9 équipes Continental - 5 équipes féminines
337 coureurs professionnels - 196 personnels encadrants professionnels - 6 agents sportifs
8 fédérations nationales - 9 organisateurs - 8 sponsors du cyclisme - 16 sympathisants
L'équipe Riwal Readynez rejoint le MPCC!
Avec l'adhésion de l'équipe Danoise Riwal Readynez Cycling team, le MPCC compte désormais 20 équipes membres au sein de la seconde division mondiale.
L'équipe Riwal Readynez Cycling Team, nouvellement promue en division UCI Continental Pro, fait désormais partie du MPCC. C'est dans le but de renforcer son approche et son travail au quotidien auprès de ses jeunes talents, que l'équipe a souhaité être membre de notre mouvement. Lars Juel Andersen, médecin référent de l'équipe, sera en charge, sur la base du volontariat, d'appliquer les règles d'usages du MPCC.
Steffen Kromann, le manager général de l'équipe s'exprime :
"En tant qu'équipe Continentale Pro, nous souhaitons devenir membre du MPCC. L’équipe existe depuis 9 ans en tant qu’équipe continentale avec pour principal objectif la formation au Danemark.
Depuis la création de notre équipe, nous travaillons pour développer les jeunes talents mais tout en respectant des valeurs éthiques, morales et anti dopage. Pour nous, la façon d'obtenir des résultats est plus importante que les résultats eux-mêmes. Au Danemark, nous sommes désormais reconnus comme une entité professionnelle qui prend très au sérieux le développement de ses jeunes recrues.
Désormais, le prochain objectif de l'équipe est d'être présente sur la scène internationale, tout en gardant la même vision de la réalisation de notre travail. Ainsi, dans cette optique et pour rendre encore plus visible notre travail, nous pensons que l'adhésion au MPCC est quelque chose d'indispensable. Au delà du slogan de notre équipe ("Passion, Development, Community"), nous estimons qu’il était évident de devenir membre de MPCC."
Les chiffres de la crédibilité : bilan de l’année 2018
Ces chiffres montrent qu’il existe une douzaine de sports dont la crédibilité est plus entamée que celle du cyclisme.
On imagine que les fans de cyclisme se réjouiront de voir leur sport apparaître seulement en 13ème position dans ce classement des cas de dopage et de corruption, loin derrière les sports américains, mais aussi l’athlétisme, le football ou le rugby. Ils auront tort et raison à la fois et nous allons vous en détailler les raisons.
Cela fait maintenant 5 ans que nous vous proposons ce baromètre qui ne prend en compte que les cas révélés par les fédérations ou la presse et parmi lesquels nous ne retenons que ceux liés aux athlètes de haut niveau ou professionnels.
Cette antériorité de 5 années aurait pu nous inciter à définir des tendances. Malheureusement elles n’apparaissent pas clairement, en ce qui concerne les cas de dopage relevés en cyclisme. 17 cas, toutes disciplines confondues ; on est dans les mêmes valeurs que ces dernières années : 6 cas constatés au sein d’équipes World Tour et Conti professionnelles, c’est 2 de moins que l’an passé, mais c’est 3 de plus qu’en 2016. Concernant le cyclisme sur route, on reste toujours au-dessus d’une dizaine de cas pour chacune des 5 dernières années. On pourra toutefois se réjouir qu’aucune affaire de corruption ne vienne ternir à ce jour notre sport. On sait que le cyclisme ne génère pas de gros volumes d’argent engagés notamment dans les paris en ligne, contrairement au football ou au cricket par exemple.
Car pour la première fois, le MPCC a également comptabilisé cette année les cas de corruption, qui englobent aussi bien les malversations financières que les matchs truqués. Ces cas, révélés le plus souvent par la presse, portent fortement atteinte à la crédibilité du sport, au même titre que les cas de dopage. Sans être aussi nombreux, les cas de corruption sont loin d’être négligeables puisque nous avons recensés 136 (tous sports confondus) durant l’année 2018. Une corruption relevée dans une cinquantaine de pays mais qui semble se concentrer sur une douzaine de sports.
Les affaires de corruption sont donc beaucoup plus éparpillées sur le plan géographique que les affaires de dopage. D’une manière générale, les principaux pays dont la crédibilité sportive est largement entamée restent les mêmes que l’an passé : Les Etats-Unis, la Russie et l’Inde peuvent invoquer la taille et la population de leur pays. Cet argument n’est pas recevable pour l’Italie (37 cas de dopage en 2017, 39 cette année) et la République Dominicaine (31 cas l’an passé, 29 cette année - essentiellement des joueurs de baseball).
Le nombre de cas de dopage révélés publiquement dès l’ouverture d’une procédure disciplinaire ou lors de la prise de sanction, augmente progressivement année après année (près de 600 cette année). Cela ne veut pas dire que les sportifs se dopent plus qu’avant, cela signifie en revanche que les fédérations sont de plus en plus nombreuses à traiter publiquement leurs cas de dopage, comme n’importe quelle autre décision disciplinaire. On constate aussi que la rigueur d’une politique antidopage s’accompagne souvent d’une communication plus transparente sur ce sujet. Il y a 5 ans, une vingtaine de fédérations seulement révélaient publiquement leurs cas de dopage. Elles sont aujourd’hui une cinquantaine à le faire. Il reste aux fans de cyclisme à admettre que c’est aussi pour cette raison que leur sport s'éloigne depuis 2016 du carré des sports numériquement les plus touchés par les affaires de dopage ; seule véritable tendance qui s’est encore accentuée en 2018.

Le Tramadol officiellement interdit dans le cyclisme
Ce mardi 15 janvier, le Président de l'Union Cycliste Internationale (UCI) M. David Lappartient a rendu officielle l'interdiction de l'utilisation du Tramadol en compétition à partir du 1er mars 2019.
Depuis octobre 2013, les médecins des équipes membres du MPCC se sont formellement engagés à ne pas prescrire de tramadol à leurs coureurs. Dès lors, le MPCC a formulé d'incessantes demandes à l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) quant à ajouter le médicament à la liste des produits et méthodes interdits.
Le MPCC se réjouit que malgré l'absence de décision prise par l'AMA, l'UCI ait franchi le pas et apporté une solution concrète à ce problème majeur qui touche le sport de haut-niveau. Le MPCC remercie par ailleurs tous ses membres qui depuis plus de cinq ans se sont battus à ses côtés pour en arriver là.
Le Gruppetto rejoint le MPCC !
Le MPCC est heureux d'accueillir un nouveau sympathisant au sein de ses membres ! Bienvenue à l'association Le Gruppetto!
L'association "Le Gruppetto" représentée par Yann Mongenot explique sa motivation d'adhésion : "Par notre présente adhésion, nous souhaitons affirmer notre volonté de soutenir l'action du MPCC et par là-même indiquer l'engagement déterminé de notre communauté à se positionner en faveur d'un cyclisme crédible."
L'équipe Groupama-FDJ Continentale rejoint le MPCC !
Avec l'adhésion de l'équipe continentale Groupama-FDJ, le MPCC compte désormais 9 équipes membres au sein de la troisième division mondiale.
La toute nouvelle et récente équipe française Groupama-FDJ Continentale a décidé de montrer son engagement pour un cyclisme propre avant même d'avoir pris le départ de sa première course, en adhérant au MPCC. La structure qui fera office d'équipe réserve de l'équipe World Tour sera dirigée par Jens Blatter. Le médecin référent de cette équipe de 12 coureurs sera Jacky Maillot.
Marc Madiot, le manager général de l'équipe s'exprime :
"Pour Groupama -FDJ, l’équipe continentale est d’abord et avant tout un apprentissage du métier de coureur cycliste professionnel. Un bon cycliste doit se construire, se former sur des bases saines. La capacité à revendiquer et affirmer le respect des règles doit être un moment fort pour chacun de nos jeunes athlètes en s’engageant volontairement au MPCC."
Wild Cards : Objectif 100% pour le MPCC
Cette année, 89% des Wild Cards attribuées étaient destinées à des équipes étant membres du MPCC.
Pour réaliser cette infographie, nous avons analysé les invitations des 37 épreuves cyclistes inscrites au calendrier World Tour, afin de différencier celles qui ont été adressées à des équipes continentales professionnelles membres du MPCC de celles qui ne l’étaient pas.

Plus de 300 coureurs et coureuses sont membres du MPCC !
Moins de neuf mois après avoir ouvert les adhésions aux cyclistes professionnels, qu’ils fassent partie d’équipes membres ou non-membres, le MPCC se réjouit de compter désormais plus de 300 cyclistes membres à titre individuel !
Notre mouvement tient à remercier tous ces coureurs qui ont fait le choix responsable d’affirmer publiquement et à titre individuel leur engagement dans les valeurs éthiques d’un cyclisme crédible. Ceux qui ne l’ont pas encore fait peuvent rejoindre le MPCC à tout moment, que leur équipe - ou leur fédération - soit, ou non, déjà membre de ce mouvement. Il leur suffit de s’inscrire sur notre site internet où figure également la liste, régulièrement mise à jour, de tous les coureurs, déjà membres à titre individuel.
Si à l’origine (en 2007), le mouvement a été créé par des groupes sportifs qui regroupent aujourd’hui plus de 60% des équipes en World Tour et Continental pro, il est désormais aussi composé de fédérations nationales, de sponsors, d’organisateurs, de médecins, d’agents sportifs, de sympathisants et de coureurs, ainsi que de personnels encadrants des équipes.
Les adhésions, gratuites, permettent au MPCC de proposer aux coureurs et coureuses membres d’aller plus loin dans l’engagement :
- organisation d'une réunion annuelle MPCC/coureurs
- permettre à la « section coureurs » d’avoir une voix à l’Assemblée Générale
- étudier les propositions des athlètes pour crédibiliser l’image du cyclisme
En retour, le coureur doit évidemment adhérer à la philosophie du MPCC, promouvoir l’image du cyclisme en luttant contre le dopage et toute forme de triche, et respecter le réglement interne du mouvement, notamment sur l’usage des corticoïdes et du tramadol.
Cliquez ici pour accéder à la liste des coureurs et coureuses adhérents !
Le MPCC renforce la crédibilité des 3 grands Tours
Depuis 2014, le MPCC passe au crible le passif des coureurs alignés au départ des 3 grands Tours de l’année : Giro, Tour et Vuelta. Parmi eux, en 2018, 9 coureurs d'équipes non-MPCC avaient fait l’objet d’une suspension supérieure à 6 mois durant leur carrière.
A la lecture de cette infographie, l’oeil du lecteur est immédiatement attiré par deux chiffres : le nombre de coureurs ayant déjà été suspendus par le passé, ainsi que celui des coureurs interdits de départ par l'UCI lors de l’un ou l’autre de ces grands Tours.
Notre mouvement impose aux équipes, qui s’engagent sur la base du volontariat, le respect de l’article 4, l’un des plus importants du règlement intérieur du MPCC :
« Les équipes MPCC affirment ne pas engager, dans les 2 ans qui suivent la suspension, y compris dans le cas d’une continuation de contrat des coureurs reconnus coupables (ou qui sont reconnus impliqués) de violation des règles antidopage au sens des articles 2.1 à 2.10 du Code Mondial Antidopage, et qui ont été sanctionnés de plus de 6 mois par l’instance internationale ou leur instance nationale (à l’exclusion des sanctions pour trois manquements aux règles de géolocalisation du système d'administration et de gestion antidopage ADAMS), ou qui ont fait l’objet d’une sanction pour :
1. Anomalies constatées sur le passeport biologique (ou violation des règles du passeport biologique).
2. Atteinte à l’image de marque et à la crédibilité du cyclisme telles que définies précédemment.
(…) Il est expressément convenu et accepté par les équipes adhérentes que dans l’hypothèse où un le coureur serait sous contrat celui-ci sera résilié, la cause de non-engagement prévue ci-dessus au IV devant s’entendre de manière extensive c’est-à-dire que le coureur incriminé ne devant plus faire partie de l’équipe pendant cette période de 2 ans. »
Le MPCC se réjouit de constater que les équipes membres, fidèles à la philosophie du mouvement, perpétuent l’application de ce point du règlement, en s’abstenant d’engager sur un grand Tour des coureurs lourdement sanctionnés, au-delà de cette période réglementaire de 2 ans.
Les 9 coureurs ayant déjà été suspendus par le passé, sont donc tous issus d’équipes n’appartenant pas au MPCC. (8 équipes du MPCC au départ du Giro, contre 9 équipes du MPCC sur les autres grands Tours).
Dans son ensemble, le pourcentage de coureurs ayant déjà été suspendus par le passé et/ou interdits de départ continue de diminuer d’année en année au départ des grands Tours. Inférieur à 5% l’an dernier, il est désormais d’un peu plus de 3% pour l’année 2018. Les équipes membres du MPCC montrent formellement l'exemple, et l'objectif de 0% doit rester une priorité absolue.
> Revoir les Infographies : Tour d'Italie 2018 - Tour de France 2018 - Tour d'Espagne 2018
L'INFOGRAPHIE DES 3 GRANDS TOURS 2018 :

Réaction à la réponse de l'AMA à la lettre ouverte du MPCC du 24 Octobre
Le Mouvement Pour un Cyclisme Crédible (MPCC) a reçu vendredi 26 octobre, 33 heures après avoir adressé une lettre ouverte au Président de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), une réponse de celui-ci par voie de courriel. Voici notre réponse à Sir Craig Reedie.
Cher Sir Craig Reedie,
Le mouvement, vous remercie d'avoir formulé une réponse détaillée à sa lettre ouverte dans un délai si court : cela montre que le MPCC est considéré comme un acteur de la lutte antidopage qui mérite, de la part de l'AMA, considération et attention.
Le Conseil d'Administration prend toutefois note du contenu de la lettre de votre réponse et ne s'en contente pas, malgré la satisfaction que vous affichez sur toutes les problématiques soulevées.
Sur la question du tramadol et des corticoïdes
Vous déclarez qu'il "n'existe pas de consensus au sein du Groupe d'experts Liste quant à la question de savoir si (la substance) répond aux critères d'inscription sur la Liste" et que "le Groupe d'experts continuera d'évaluer le tramadol et la classe de celui-ci à mesure que de nouvelles études seront disponibles." Depuis que les médecins d'équipes membres du MPCC se sont engagés à ne pas prescrire de tramadol à leurs coureurs en 2013, et que le mouvement a dès lors formulé des demandes répétées à l'AMA pour que la substance soit interdite en compétition, celle-ci continue de faire l'objet d'un monitoring année après année, ce qui est une mesure de facilité.
Le MPCC attend des experts de l'AMA qu'ils aient le courage de prendre une décision sur l'interdiction ou non d'un médicament dont l'usage inquiète fortement les professionnels du cyclisme, représentés majoritairement au sein du MPCC. Ils attendent de savoir si le tramadol doit être autorisé et pour quelles raisons, ou s'il doit être interdit et pour quelles raisons.
Vous dites "soutenir l'initiative" de l'Union Cycliste Internationale (UCI) visant à contrôler l'usage du tramadol "principalement pour des raisons de santé" : si cette initiative doit être soutenue par l'AMA, alors il existe bien une problématique importante liée à ce médicament. Le MPCC ne se lassera pas de réclamer une issue rapide à cette situation qui met en danger la santé des athlètes et mérite un traitement beaucoup plus rapide et efficace qu'un simple monitoring défendu par les "experts" de l'AMA.
Vous ajoutez "suivre également de près les recherches scientifiques sur les corticoïdes" et être "en contact permanent avec l'UCI à ce sujet". Le MPCC, depuis sa création en 2007, appelle à la mise en place d'une réglementation sur les corticoïdes. La volonté de l'UCI d'y parvenir est une avancée remarquable, qui doit maintenant ouvrir la voie à des actions concrètes. Le MPCC espère que les "contacts permanents" de l'AMA avec l'UCI à ce sujet permettront d'accélérer le processus et non de le ralentir.
Le MPCC rappelle combien l'utilisation du tramadol et des corticoïdes est une source d'importantes préoccupations pour les acteurs du sport cycliste et considère que cette problématique qui concerne tant la santé que l'amélioration des performances est majeure dans la lutte antidopage et ne se limite pas au cadre du seul sport cycliste.
Sur la question de l'Opération Puerto
Vous considérez que la position des membres du MPCC, qui représentent plus de la moitié des équipes cyclistes de première et deuxième division, "trahit un cruel manque de connaissance et de compréhension de ce qui s'est réellement passé jusqu'à ce jour."
Le MPCC ne fait que témoigner des impacts extrêmement négatifs subis par la gestion de l'affaire en terme d'image pour le sport en général. Le MPCC se questionne sur le manque de connaissance du terrain que pourrait déplorer l'AMA sur ce que le cyclisme en particulier vit depuis 2006, à cause de son incapacité à conclure ce que vous décrivez comme un "épisode regrettable." Ce n'est pas un épisode, cela dure depuis 12 ans.
Le MPCC ne comprend pas que l'AMA, dont les missions pour lesquelles elle est mandatée sont très claires, réponde au MPCC qu'elle a "fait tout ce qui est en son pouvoir (...) pour assurer que justice soit rendue aux athlètes propres." L'AMA pense-t-elle que les athlètes propres que le MPCC représente au sein du sport cycliste, mais aussi tous ceux, nombreux, qui font partie d'équipes non-membres de notre mouvement, estiment que justice a été rendue ?
Une réponse de votre part admettant que la gestion de l'Opération Puerto n'a pas été à 100% positive aurait été beaucoup plus représentative de la terrible réalité. Il n'est pas acceptable d'exprimer sa satisfaction sur ce sujet et de renvoyer un interlocuteur comme le MPCC à un prétendu "manque de connaissances et de compréhension" sur le sujet.
Sur la question de la Russie
Le MPCC entend bien qu'une décision démocratique a été prise par le Conseil éxécutif de l'AMA puisque c'est un vote qui a engendré la décision de rétablir la conformité de l'Agence antidopage russe (RUSADA). Il existe en revanche une très grande contradiction dans le fait de déclarer que "l'AMA s'attache désormais à finaliser le processus d'accès à toutes les données du laboratoire de Moscou, pièce manquante du puzzle, d'ici à la fin de l'année." Vous admettez ouvertement que le puzzle est "incomplet", or l'accès à toutes ces données devait être un critère préalable au fait de rétablir la conformité de RUSADA.
Vous annoncez que ces données doivent être obtenues "d'ici à la fin de l'année." Si l'AMA échoue à remplir cet objectif, le MPCC veut que l'AMA tienne cet engagement que vous avez formulé dans votre réponse à notre lettre ouverte, d'à nouveau "déclarer RUSADA non-conforme." La fin de l'année, c'est dans deux mois : le monde du sport sera très vite fixé sur votre capacité ou non de tenir cet engagement formel.
Le MPCC se satisfait par ailleurs d'avoir appris, ce 29 Octobre, que les dirigeants de 18 organisations antidopage nationales (ONAD) ont publiquement condamné la décision de l'AMA de réintégrer RUSADA. A ces 18 organisations antidopage nationales, Sir Craig Reedie, répondez-vous également que vous restez "fermement convaincus que cette décision était la bonne pour le sport propre et que, grâce à cela, l'AMA se trouve désormais dans une position plus robuste" ?
Sur la question de l'indépendance de l'AMA
Le MPCC prend note de vos réponses mais relève également que vous expliquez que "l'AMA a mis en place l'an dernier un Groupe de travail sur les questions de Gouvernance." Vous précisez que "les propositions du Groupe de travail comprennent notamment la présence de membres indépendants au sein (du) Comité exécutif, l'indépendance des positions de Président et Vice-président de l'Agence, et bien d'autres mesures." Vous ajoutez : "Ce processus démontre clairement la volonté de l'AMA de s'adapter et de s'assurer qu'elle dispose de la meilleure structure de Gouvernance pour les années à venir."
Cela est bien la preuve que la question de l'indépendance de l'AMA est un sujet important, sinon vous n'auriez pas mis en place ce Groupe de travail. Le MPCC est donc légitime à être préoccupé par la capacité de l'AMA à démontrer qu'elle agit en toute indépendance malgré la composition de son financement.
Les 18 organisations antidopage nationales s'exprimant dans leur communiqué de presse du 29 Octobre ont également pris position sur ce sujet. Elles ont publiquement exprimé leur soutien aux acteurs du sport qui réclament une refonte de l'AMA, expliquant notamment vouloir "que le Président et le Vice-président de l'AMA n'aient aucune affiliation avec des gouvernements ou des organisations sportives internationales, dont le CIO."
Sur la question de la gestion du contrôle anormal de Christopher Froome
Notre mouvement répète ce qu'il a exprimé dans sa lettre ouverte du 24 Octobre : "Le MPCC regrette le fait que les sanctions et les procédures ne soient pas appliquées de la même manière pour tous, ce qui est dévastateur pour la crédibilité du sport, pour l’AMA elle-même, pour son indépendance et son intégrité mais aussi pour la confiance que portent les athlètes envers l’Agence Mondial Antidopage (AMA)."
A quelle limite vos experts fixent-ils la réglementation actuelle sur le salbutamol : 1000, 1600 ou 2000 ng/ml ?
Il est question ici de crédibilité et d'image. Il est question de réussir à remplir une mission majeure qui est de ne pas alimenter les suspicions autour d'un cas très médiatique.
Votre évocation du fait d'avoir "remporté une victoire importante pour le cyclisme propre en obtenant une suspension étendue pour trois des plus célèbres tricheurs de (notre) sport" le jour même où le MPCC a envoyé sa lettre ouverte à l'AMA ne peut être en aucun cas opposé à la problématique de la gestion du contrôle anormal de Christopher Froome. Ce sont deux dossiers différents : le MPCC ne comprend pas pourquoi vous jugez opportun de les associer dans sa réponse à notre lettre ouverte.
En conclusion, le MPCC adresse à l'AMA ainsi qu'à vous, Sir Craig Reedie, son Président, plusieurs questions :
Une majorité des grandes victoires de la lutte antidopage depuis 1999, année de création de l'Agence Mondiale Antidopage, ont été initiées par des enquêtes de police, des investigations journalistiques, des témoignages de sportifs.
Quel serait notre sport mondial s'il n'y avait pas eu les témoignages de Floyd Landis et de Tyler Hamilton à l'encontre du dopage organisé au sein de l'équipe US Postal ?
Quel serait notre sport mondial s'il n'y avait pas eu les dénonciations de Trevor Graham pour révéler l'Affaire Balco ?
Quel serait notre sport mondial si la police espagnole n'avait pas en 2006 lancé une grande opération contre le dopage et rebondi aux accusations dans la presse de l'ancien coureur Jesus Manzano, pour ainsi ouvrir l'Opération Puerto ?
Quel serait notre sport mondial sans le travail des journalistes allemands dans l'affaire de dopage insitutionalisé au sein du sport russe ?
Quels seraient les palmarès aujourd'hui ? La mission première de l'AMA est de défendre les athlètes propres.
Dans l'attente de votre réponse, et au nom de notre Conseil d'Administration, croyez, Monsieur le Président, cher Sir Craig Reedie, à l'expression de nos sentiments les meilleurs.
Lire la lettre ouverte du MPCC à l'AMA
Lire la réponse de Sir Craig Reedie
510 Adhérents au MPCC :
7 équipes World Tour – 23 équipes Pro-continentales – 9 équipes continentales – 6 équipes féminines UCI – 289 coureurs professionnels – 129 personnels encadrants – 6 agents sportifs – 9 fédérations nationales – 9 organisateurs – 9 sponsors du cyclisme – 14 sympathisants.










