Après les deux premiers trimestres, le MPCC a recensé 11 cas de violation des règles antidopage chez les cyclistes professionnels. Ce travail d’inventaire pour la crédibilité du sport s’inscrit également dans une logique plus globale où la transparence des informations doit être considérée comme incontournable dans la lutte contre le dopage.
La lutte contre le dopage est indissociable du sport, renforçant sa crédibilité auprès de tous ceux qui sont inspirés par sa pratique, des amateurs aux professionnels en passant par les spectateurs, faisant partie intégrante de son identité. Le sport transmet des valeurs nobles telles que la combativité, le courage, la pugnacité mais aussi la fraternité et le partage, réunissant les sportifs autour de valeurs communes et transcendant leurs différences. Pour préserver le sport de la triche et de comportements à risque, les instances internationales ont agi au fil du temps pour que la crédibilité du sport reste centrale.
Lorsque le MPCC a été fondé en 2007, ses membres fondateurs ont voulu envoyer un signal fort face à la situation délicate dans laquelle était le cyclisme : scandale Festina qui a entamé durablement sa crédibilité en 1998, multiplication des affaires de dopage dont l’Opération Puerto en 2006, sanctions pas assez dissuasives. Notre mouvement s’est inscrit dans une démarche intransigeante face au dopage et pour la santé des coureurs. Il s’est, par la suite, voulu proactif en organisant des tests de cortisolémie parmi ses équipes membres, en étant lanceur d’alerte sur l’usage de certaines substances, dont le Tramadol il y a plus de dix ans, et réservé sur certaines pratiques dites dans les « zones grises », aux frontières du dopage.
MOINS DE CAS, MOINS DE DOPAGE ?
Le travail pour la respectabilité s’accompagne également d’une certaine transparence, nécessaire pour rendre compte des efforts des acteurs du cyclisme face au dopage. Le monde de l’antidopage, mené par l’Agence mondiale antidopage (AMA), a fourni un travail considérable depuis plus de vingt ans et nous-mêmes au MPCC en faisons un tour d’horizon ponctuel grâce aux Chiffres de la Crédibilité. Ces derniers n’ont pas vocation à être les plus exhaustifs possibles mais ils restent un baromètre de la lutte contre le dopage à travers le monde et par les disciplines qui ont choisi de s’engager face à ce fléau.
Après les deux premiers trimestres, les agences nationales et internationales antidopage ainsi que la presse ont fait état de 280 cas de dopage et/ou de fraude sportive par des athlètes de haut niveau, soit une baisse significative de près de 30% par rapport à 2025. Cette baisse interroge puisque certains pays n’ont pas fait le choix d’une transparence totale sur les athlètes sanctionnés, remettant en cause le pacte auquel adhère tous les acteurs du sport : fédérations nationales et internationales, agences antidopage, laboratoires accrédités. Au plan national, l’Inde continue de soulever des interrogations en arrivant en tête de ce palmarès avec 57 cas de dopage et fraude sportive, devant le Kenya (28) et la France (25).

LE CYCLISME DOIT RESTER VIGILANT
Par sports, l’athlétisme reste en tête de peloton avec 61 cas dont celui de Kibiwott Kandie, ex-recordman du monde du semi-marathon, et de Rita Jeptoo, double lauréate du marathon de Boston. La force athlétique (25), la lutte et l’haltérophilie (21) suivent dans ce classement. Quant au cyclisme, il apparait en 7e position avec 11 cas cumulés depuis le début de l’année. Les cas de 7 coureurs et coureuses de niveau Continental ont été rendus publics en 2026, confirmant la tendance décrite depuis plusieurs années dans nos précédents rapports et indiquant que le troisième échelon du cyclisme mondial reste un parent pauvre de la lutte.
De plus, un deuxième coureur de niveau Pro Team a été suspendu provisoirement lors du deuxième trimestre, alors que les cas étaient particulièrement rares à ce niveau de compétition depuis près de 4 ans. Ces chiffres indiquent que nous devons rester vigilants malgré toutes les initiatives prises par les parties prenantes de notre sport pour s’assurer de sa crédibilité. Au MPCC, nous tenons encore à souligner que même si les résultats de la lutte sont satisfaisants, cela ne veut pas dire que d’autres pratiques ou méthodes d’entrainement ne sont pas à la lisière du dopage. Nous encourageons donc un maximum d’acteurs : coureurs, équipes, membres du personnel médical, entre autres, à faire preuve de transparence et de pédagogie lorsque la suspicion est de mise.
Nous avons besoins de ces valeurs et de ces vertus pour consolider le combat contre la triche et nous y arriverons avec le soutien de tous les acteurs du cyclisme : des coureurs aux spectateurs présents sur le bord des routes en passant par les managers d’équipes, les sponsors et les organisateurs de course. Soyons responsables et transparents pour rester crédibles.
