Tour d'Italie femmes : le MPCC a besoin des organisateurs de courses !

Le Tour d’Italie, deuxième grand tour de la saison du calendrier World Tour féminin, démarre ce samedi avec une petite vingtaine de coureuses et sept équipes, membres de notre mouvement. Le processus d’invitation au Tour d’Italie est également une occasion de revenir sur l’engagement des organisateurs de course contre le dopage.

Alors que la saison des courses par étapes bat son plein depuis le Tour d’Espagne, couru au début du mois de mai, le peloton féminin se dirige déjà vers le deuxième des trois grands tours de la saison féminine, le Tour d’Italie. Couru dans la continuité de la version masculine, qui se conclura dimanche à Rome, le Giro Femmes retrouve ses neufs jours de course, après avoir été réduit à huit étapes en 2024 et 2025. Le parcours est étiré sur 1177,7 kilomètres, soit la plus longue édition de la course depuis 25 ans.

Le Tour d’Italie Femmes proposera, à l’instar de l’Angliru sur la Vuelta Femenina, son morceau de bravoure avec l’ascension d’un géant moderne, le Colle delle Finestre, qui sera le juge de paix de l’avant-dernière étape. Au départ de Cesenatico, le peloton comptera 17 coureuses membres à titre individuel de notre mouvement, représentant 11 des 21 formations participantes. Parmi ces coureuses figurent deux des meilleures sprinteuses au monde : Lorena Wiebes (SD Worx – Protime) et Charlotte Kool (Fenix – PremierTech).

Cependant, seules 7 des 21 équipes de ce Tour d’Italie Femmes sont adhérentes au MPCC alors que l’ensemble des formations du niveau Pro Team, le deuxième échelon mondial, nous ont rejoints pour défendre un cyclisme crédible. Nous espérons ainsi, à l’avenir, que l’organisateur de la course, RCS Sport, invite exclusivement des équipes membres du MPCC, signe d’un engagement fort contre le dopage. Une position que tient déjà ASO, organisateur des Tours de France masculin et féminin. Nous encourageons donc vivement RCS Sport à venir nous rejoindre car le combat contre le dopage, la triche et l’engagement pour un sport sain est l’affaire de tous les acteurs de notre sport, des coureurs jusqu’aux sponsors en passant par les organisateurs de courses.

La porte du MPCC est également ouverte aux autres formations, qu’elles soient World Teams ou Continentales, à s’engager avec nous pour consolider le développement rapide du cyclisme féminin, un développement qui ne doit jamais éluder la question du dopage.

Engagez-vous auprès du MPCC, rejoignez-nous
Soyez acteurs de la lutte contre le dopage  !


Modern Adventure Pro Cycling rejoint le MPCC

En octobre dernier, Modern Adventure Pro Cycling a présenté sa candidature pour rejoindre le Mouvement pour un Cyclisme Crédible (MPCC). À la suite de la reconnaissance officielle de l’équipe en tant qu’UCI ProTeam, le Conseil d’administration du MPCC a examiné la demande et a décidé d’accorder à l’équipe une adhésion provisoire.

Rejoindre le MPCC est une démarche volontaire. Les équipes choisissent de s’engager à respecter des normes allant au-delà des règles minimales fixées par les autorités, avec l’objectif commun de protéger la santé des coureurs, l’équité et la crédibilité du cyclisme. L’adhésion n’est donc pas automatique et chaque candidature est examinée selon ses propres mérites.

Dans le cadre de ce processus, le Conseil a pris en considération le fait que le manager de l’équipe, George Hincapie, et le directeur sportif, Bobby Julich, ont publiquement admis des violations des règles antidopage durant leur carrière de coureurs il y a plus de dix ans. Bien que ces faits appartiennent au passé, ils demeurent pertinents au regard de l’histoire du cyclisme et de l’importance de rétablir la confiance dans ce sport. En conséquence, le Conseil du MPCC a mené une diligence raisonnable supplémentaire au cours de laquelle le propriétaire de l’équipe, George Hincapie, a détaillé les raisons de leur demande d’adhésion :

« Rejoindre le MPCC est important pour moi parce que cela va au-delà de notre seule équipe — il s’agit de l’avenir du cyclisme. Le sport a été affecté par des scandales de dopage, et nous avons l’opportunité de contribuer à rétablir cette confiance. J’ai été témoin direct du changement culturel dans ce sport il y a de nombreuses années, et j’ai vu à la fois les dégâts causés par le fait de fermer les yeux et les progrès possibles lorsque les athlètes choisissent l’intégrité. En nous engageant à respecter les normes de transparence renforcées du MPCC, nous démontrons que des athlètes propres peuvent concourir au plus haut niveau et que la crédibilité compte davantage que les raccourcis. Je veux que notre équipe incarne l’intégrité et montre à la prochaine génération de cyclistes — dont l’un est mon fils — qu’il existe une meilleure voie pour l’avenir de ce sport que nous aimons. »

Rich Hincapie, manager général, a également déclaré : « Nous sommes pleinement engagés à respecter les règles et les principes éthiques établis par le MPCC. En tant qu’organisation et en tant que famille, nous sommes profondément motivés à faire notre part pour faire progresser le cyclisme avec intégrité et transparence. L’équipe Modern Adventure Pro Cycling représente notre nouvelle initiative dans le volet économique du sport — une opportunité de contribuer de manière significative à sa croissance continue et à son évolution positive. »

Après discussion, le Conseil a décidé d’accepter l’équipe à titre probatoire, comme c’est le cas pour toutes les nouvelles équipes membres. Modern Adventure Pro Cycling s’est engagée à respecter pleinement les règles du MPCC et à fonctionner avec un haut niveau de transparence. Le MPCC suivra cette adhésion avec une attention particulière afin de s’assurer que ces engagements soient respectés dans la pratique.

Le MPCC continue de croire que le progrès repose sur la responsabilité et l’effort collectif. En choisissant d’adhérer à des normes plus strictes et en travaillant ensemble de manière ouverte et constructive, les équipes peuvent jouer un rôle actif dans le renforcement de l’intégrité du cyclisme.


Le MPCC appelle l’UCI à instaurer des règles fermes pour stopper l’escalade de la médicalisation dans le cyclisme

Le MPCC s’inquiète de plus en plus de l’usage excessif de médicaments dans le cyclisme et appelle son instance dirigeante à agir face à la zone grise qui n’a de cesse de s’étendre.

Le MPCC s’inquiète de plus en plus de l’usage excessif de médicaments dans le cyclisme et appelle son instance dirigeante à agir face à la zone grise qui n’a de cesse de s’étendre.

Cette zone grise renvoie à des substances et des traitements médicaux qui ne sont pas encore interdits par l’AMA, mais qui posent de sérieuses questions éthiques lorsqu’ils sont utilisés par des athlètes en bonne santé plutôt que par les patients malades auxquels ils sont destinés. Le cyclisme a besoin que l’UCI agisse rapidement et de manière décisive pour protéger à la fois la crédibilité du sport et la santé du peloton — afin qu’aucun coureur ne se sente contraint de recourir à des produits douteux simplement pour rester compétitif.

Les délais souvent très longs des processus antidopage, sans mesures concrètes et rapides, laissent chaque année un vide réglementaire. Diverses substances peuvent ainsi être utilisées malgré de tenaces incertitudes sur leurs effets sur la santé ou leurs impacts potentiellement améliorateurs de performance. Une approche plus sûre ne serait-elle pas d’interdire un produit pendant la période d’investigation puis, une fois qu’il est établi qu’il est sain de le prescrire, d’en autoriser l’usage ?

Le dernier exemple en date concerne les cétones, au cœur du débat sur la crédibilité du sport depuis 2017, année où les premières études scientifiques sur le sujet ont été publiées. Le MPCC a pris une position claire, demandant à ses membres de ne pas utiliser ce produit ; près de deux ans plus tard, l’UCI a émis un « avis de non-recommandation » dans l’attente d’analyses complémentaires. De nombreuses équipes et coureurs ont ignoré cette recommandation, certains allant même jusqu’à nouer des partenariats commerciaux avec des fournisseurs de cétones.

Le 25 octobre 2025, l’UCI a publié un communiqué réaffirmant sa position de non-recommandation concernant l’usage des cétones. Cela reste une recommandation, et non une règle médicale ou un règlement antidopage visant à interdire (ou autoriser) spécifiquement ce produit — ce qui ne permet malheureusement pas de clore le débat.

Les rumeurs autour des « bidons de fin de course » réapparaissent dans le peloton, avec des substances questionnantes qui seraient mélangées puis distribuées afin de préparer les coureurs pour le final. À cela s’ajoute l’inquiétude concernant d’autres médicaments potentiellement détournés, tels que le Tapentadol — jusqu’à dix fois plus puissant que le Tramadol (interdit en compétition par l’AMA après douze années de lobbying du MPCC). L’UCI assure désormais une surveillance particulière de ce produit, mais doit-on encore attendre le résultat d’analyses interminables pendant que la santé des coureurs est en danger et que les chutes se multiplient ?

Les autorités ont pourtant déjà démontré leur capacité à agir rapidement : par exemple, l’usage non diagnostique du monoxyde de carbone, apparu lors du Tour de France 2024, sera inscrit par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) comme méthode interdite à partir de 2026.

Ce qui est clair, c’est que tant que la zone grise perdurera, la crédibilité du cyclisme continuera d’être mise à mal et la santé des coureurs restera menacée.

La position du MPCC demeure inchangée : la médicalisation excessive des coureurs est un problème majeur qui nécessite des actions concrètes. Le MPCC exhorte l’UCI à établir une position claire et réglementée sur un ensemble de produits (médicaux) appartenant à la zone grise, ou sur des produits spécifiques tels que les cétones. Le MPCC est prêt à travailler étroitement avec l’UCI et à soutenir tout progrès dans cet enjeu crucial pour l’avenir de notre sport.

En ce qui concerne les cétones, la position des membres du MPCC, partagée par la majorité lors de son Assemblée Générale du 22 octobre à Paris, est que le débat sur ce produit doit désormais être clos. Les membres du MPCC relaieront la recommandation de l’UCI de ne pas utiliser les cétones et n’accepteront pas de partenariats dans ce domaine.


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